Wolf Temporal
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L'été persiste sur les territoires Temporaliens, pour le plus grand plaisir des loups habitant ces terres. Uniquement chez les Améthystes, la chaleur n'est pas au rendez-vous, et les températures ne dépasseront pas les 20°C. Pour tous les autres territoires, soit les Saphirs, Rubis, Émeraudes et Diamants, les températures dépasseront largement le seuil des 30°C, alors ne restez pas exposés au soleil trop longtemps!

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Mieux vaut garder certains secrets enfouis au fond de soi - with Iseult.

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MessageSujet: Mieux vaut garder certains secrets enfouis au fond de soi - with Iseult. Ven 19 Juil - 13:42

Avalon marchait, perdue dans ses pensées. La douleur lui tenaillait les côtés et emplissait tout son ventre, tandis qu’elle sentait le fruit de ses entrailles se mouvoir à l’intérieur. Plus le temps s’écoulait et plus le jour de la mise-bas se rapprochait, inexorablement. Le père, qui n’était autre qu’un loup du nom de Serguei semblait avoir déserté les terres depuis bien longtemps et jamais plus elle ne l’avait revu. Sa seule consolation était qu’au moins, ses enfants ne connaitraient pas la douleur et l’atrocité avec ce mâle qui lui avait infligé la pire des punitions en commettant le crime de la saillir de force. Plus elle y pensait, plus cette détermination qu’elle avait ressentie après l’acte se renforçait et elle était bien décidée à changer, à ne plus être cette louve naïve et insouciante qu’elle avait été de tout temps. Elle savait que cela serait difficile, que le chemin serait tortueux et qu’elle aurait par moments l’envie de renoncer mais elle ne flancha pas. Avalon avait beau être une gamine dans son esprit, elle n’en restait pas moins téméraire et obstinée, ce qui pouvait être des qualités comme des défauts, dans certains cas. Ainsi, tandis qu’elle se baladait allégrement dans une allée bordée d’arbres en tout genre, un léger sourire se dessina sur son visage. Elle s’était mise en tête de trouver des noms pour sa progéniture future mais rien, à part des imbécilités, ne lui venait en tête. Décidément, il lui faudrait demander conseil à quelqu’un si elle voulait s’en sortir, autant pour trouver les noms que pour l’aider dans sa tâche de mère. Ce serait en effet la première fois de sa vie qu’elle élèverait ses petits, mais ce n’était pas pour autant la première fois qu’elle en mettrait au monde. Trop lâche, sûrement, mais aussi pas assez mâture, Avalon s’était vue contrainte à abandonner les précédents mais cette fois-ci, cela ne se passerait pas de la sorte. Elle doutait que tout se déroule parfaitement, que la vie soit belle et bien rose mais au moins, elle s’était armée de sa qualité primordiale qui n’était autre que le courage et se sentait prête à affronter toutes les situations avec son sang-froid légendaire. Prête à être mère, pour le meilleur et pour le pire.
Exténuée et à bout de souffle, la louve se mit à ralentir dès lors qu’elle aperçut un arbre, alors qu’elle n’avait fait que marcher sans passer à l’allure supérieure. Un arbre magnifique dont les branches fleurissaient de bourgeons blancs prêts à s’ouvrir. Émerveillée par ce qu’elle voyait, Avalon s’en approcha, les yeux brillants. Enfant dans l’âme, elle s’extasiait de tout et de rien à la fois, d’un oiseau volant dans le ciel comme d’un insecte sur une feuille. C’en était parfois vite agaçant pour les autres et la seule qui savait l’accepter comme elle était, qui savait la comprendre et la réconforter quand il le fallait n’était autre que Werty, sa plus proche amie. Cette louve, elle la connaissait depuis quelques temps déjà et elle était vite devenue pour elle une sœur de cœur, quelqu’un avec qui elle se sentait étroitement lié et ce, pour toujours. Si elle n’avait encore pu trouver son pendant masculin, celui avec qui elle partagerait sa vie jusqu’à la fin de ses jours, Avalon avait tout de même trouvé son équivalent féminin et rien que pour cela, elle était heureuse d’avoir vu le jour il y a de cela trois longues années. Ses pattes puissantes frôlaient le sol avec une légèreté aérienne, et ce fut comme si elle lévitait au-dessus du sol qu’elle se glissait sous l’ombre des feuilles de l’arbre, bien que cela ne lui soit pas d’une grande utilité puisque le soleil commençait tout juste à se coucher, laissant peu à peu place à la nuit qui s’installait à son rythme. Elle finit par s’asseoir sur l’herbe tendre et grasse et darda sur le paysage qui l’entourait ses prunelles pétillantes de joie de vivre. Une joie de vivre que certains de ses congénères avaient du mal à comprendre, à accepter. Eux qui étaient si renfermés sur eux-mêmes, si moroses, si acariâtres n’arrivaient vraiment pas à saisir comment cette louve pouvait être si joviale, si souriante. Si heureuse. Certains même enviaient cet éternel sourire qu’elle arborait avec charme, ce visage si juvénile qui ne laissait transparaître que le bonheur de l’instant présent, cette louve qui représentait la joie incarnée et qui avait su en faire une force. Avalon se laissait bercer par le chant du crépuscule qui résonnait à ses oreilles comme une douce mélodie. Quoi de plus beau que ce spectacle si éblouissant où les couleurs vives enflammaient le ciel, et que tout se revêtait d’or et de bronze. C’était à cette période de la journée que la druide se sentait la plus vivante tandis qu’un feu intense galopait dans ses veines, lui donnant cette force inexplicable de courir à en perdre haleine, de courir jusqu’à ce que son cœur explose dans sa poitrine, de courir jusqu’à ce que ses puissants membres ne soient plus capable de la porter et qu’elle s’écroule sur le sol, inerte. Ce feu qui embrasait tout son être et qui lui donnait un courage dont elle ne se serait jamais crue capable. Mais pourtant, elle ne bougea pas et resta à sa place comme si ces pensées ne lui avaient même pas traversées l’esprit, le regard toujours rivé sur la ligne de feu qu’était l’horizon. Toujours immobile, son corps semblable à une statue de marbre finement ciselée, elle se sentait épiée mais n’esquissa pas le moindre geste malgré tout. Elle n’avait peur de personne, sûrement à cause de son côté enfantin qui la poussait à être si insouciante, si intrépide et si téméraire à la fois, mais cela l’embarquait parfois dans des situations périlleuses dont elle avait du mal à se dépêtrer. Qui que ce soit, et si vraiment quelqu’un l’épiait, Avalon ne doutait pas qu’il ne tarderait pas à sortir de sa cachette pour se dévoiler. A moins qu’il ne soit trop peureux pour cela, et qu’il préfère jouer les espions dans les fourrés. A cette pensée, un fin sourire s’ébaucha sur son visage, tandis qu’elle attendait avec une patience infinie, sans même jeter un regard aux buissons alentours. Si c’était quelqu’un qui lui voulait du mal qui se trouvait là, qu’il se fasse plaisir après tout. Avalon ne comptait même plus le nombre de loups qui l’avaient blessée, que ce soit verbalement ou physiquement à cause de sa différence qui ne passait pas inaperçue. C’était justement cela qui lui avait ouvert les yeux, qui lui avait montré qu’elle vivait dans un monde de brutes sauvages. Mais c’était surtout cela qui avait développé sa force inextricable, cette joie de vivre phénoménale dont elle ne se départait jamais.

La seule qu’elle avait envie de voir en ce moment n’était autre que Werty. Elle la voulait contre elle, côte à côte, pour lui confier tout ce qui n’allait pas. Même si Avalon semblait la joie incarnée, elle avait des soucis et des tracas quotidiens comme tout le monde, si ce n’était plus et la présence de sa meilleure amie restait le seul remède contre ces tourments qui ne faisaient que l’assaillir. A chaque fois, la même pensée revenait dans sa tête et la martelait incessamment. On avait abusé d’elle. On l’avait blessée. On l’avait souillée. Elle se sentait sale, malpropre par toutes les ignominies que les mâles avaient pu commettre sur sa personne. Tellement sale qu’elle en perdait parfois sa confiance en elle, qui se dégradait au fur et à mesure que le temps s’effritait, que les secondes s’écoulaient. Werty. Elle lui adressa un appel muet, comme si cette dernière aurait la faculté de l’entendre et viendrait à son secours. Mais non, ça ne fonctionnait jamais comme ça. C’était trop facile. Au fond, la vie était purement et simplement faite pour vous faire désespérer, pour vous mettre dans les situations les plus compliquées en espérant que vous n’en ressortiez jamais et que vous restiez à jamais avec vos soucis. Et dans une situation compliquée, Avalon c’était bel et bien mise dedans, s’y enfonçant même jusqu’au cou. Elle se demandait parfois, dans de rares instants de lucidité, pourquoi ci, pourquoi ça. Pourquoi elle était aussi naïve ? Pourquoi elle n’avait jamais essayé de grandir jusque lors ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Tant et tant de questions affluaient dans son esprit, et la tête se mit à lui tourner follement. Autour d’elle, le paysage n’était plus que des tâches de couleurs informes et floues, indiscernables. Sans qu’elle ne s’en rende compte, elle se coucha au pied de l’arbre et ferma les paupières, se laissant bercer par le souffle du vent et les hennissements des équidés quelques mètres plus loin. Ceux-ci n’avaient même pas détalé alors qu’elle était un prédateur potentiel. N’avaient-ils pas perçu son odeur ou savaient-ils eux aussi qu’elle était incapable de faire de mal à une mouche ? La louve brune ne chercha même pas à savoir et finit, lentement, très lentement par s’endormir. La chaleur l’enveloppait d’une douce quiétude dans son voile satinée, lui faisant ressentir un bien-être fou alors que son esprit s’évadait déjà loin des terres où elle reposait. Avait-elle déjà oublié qu’elle se trouvait en territoire inconnu, sur les terres de loups impitoyables et cruels qui pourraient à tout moment surgir et faire de son corps svelte un massacre total ? Oui, m’est avis qu’elle avait omis ce détail qui la mettait donc en péril. Il ne restait plus qu’à prier pour qu’aucun loup ennemi ne surgisse et ne s’en prenne à elle, rajoutant un autre malheur sur la longue liste qu’elle pouvait déjà débiter.
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MessageSujet: Re: Mieux vaut garder certains secrets enfouis au fond de soi - with Iseult. Sam 20 Juil - 15:43

Iseult fulminait. Chaque pas en avant intensifiait cette rage qui brûlait dans son ventre. Sa silhouette élancée se tordait, ondulait, craquait comme une feuille morte, tant l’envie de se battre contre Daeron l’obsédait. Le camp où se prélassaient ses camarades avait disparu depuis longtemps à l’horizon, mais, loin de l’apaiser, sa solitude décuplait sa colère. Chaque mètre qu’elle avalait de sa démarche inégale rendait cet éloignement plus insupportable. La louve grise avait le sentiment de n’être plus qu’un élastique tiré de tous côtés. Prêt à se rompre.
Elle s’immobilisa, mordit son épaule jusqu’à ce que son sang emplisse sa gueule. Une douleur foudroyante ébranla son corps tout entier. Des fourmillements électriques crépitèrent le long de sa colonne vertébrale, diminuèrent d’intensité lorsqu’elle rouvrit les mâchoires. Son souffle rauque se mua en un gémissement bref et plaintif, le premier qu’elle laissait échapper depuis de nombreuses lunes.
Elle avait mal, mais cette souffrance l’ancrait dans le présent et la ramenait à la vie. Elle n’était pas un fétu de paille balayé par des vents puissants. Elle possédait sa volonté propre et elle l’exercerait. Jusqu’à en mourir.
Le mot fit onduler la fourrure cendrée d’Iseult. Le frisson gagna ses pattes, ses oreilles et sa queue. Même ses dents s’entrechoquèrent de peur. En un instant, la féroce Protectrice ne fut plus qu’une jeune femelle perdue. Elle ne voulait pas mourir. Une terreur sourde, impalpable, s’était logée dans sa gorge et écrasait ses poumons. Elle voulait vivre. Elle devait vivre. Pour ce trône qui lui revenait de naissance. Pour sa meute qu’elle aimait chaque jour davantage. Pour l’honneur de sa famille disparue.
Un lointain instinct se réveilla-t-il alors dans son cœur ? Ou peut-être était-ce l’essence de son âme si fière ? Un déclic se produisit dans l’esprit d’Iseult, comme une porte dont on tournerait la clé. Elle ne vivait pour personne. Elle vivait pour elle. Ce trône pour lequel elle s’était tant battue n’était rien. Ce qui importait maintenant – et la belle louve le sentait dans chaque fibre de son corps, comme un cri d’urgence – c’était d’exister.


Pénétrer sans autorisation expresse dans le territoire des Améthystes ? Iseult n’aurait jamais accompli un tel acte, auparavant. Elle s’immobilisa à la frontière, huma l’air. Qu’avait donc le marquage de si impressionnant qu’elle n’osait le franchir ? Ce n’était qu’un mélange embrouillé d’odeurs, s’encouragea-t-elle intérieurement. Les épaules carrées, le menton redressé bien haut, elle se glissa parmi ces effluves musqués, mêlant son parfum à ceux qui empuantissaient déjà les lieux. Sa démarche légère laissait la terre vierge de toute empreinte. Nul autre qu’elle ne saurait qu’elle était venue ici.
Un vol d’oiseaux assombrit brièvement le ciel. La Protectrice s’immobilisa, aux aguets. Qui avait bien pu effrayer les volatiles ? Elle finit par discerner une silhouette indistincte au pied d’un arbre. Des pétales de fleurs flottaient dans la brise. L’espace d’un bref instant, Iseult se laissa charmer. Puis, secouant la tête comme pour en expulser de l’eau, elle se glissa sous un buisson de houx. Tout en progressant silencieusement vers l’animal couché au sol, elle ignorait les feuilles dentelées qui griffaient son pelage.
Quand elle se fut assez rapprochée, elle comprit qu’il s’agissait d’une louve. Bien que particulièrement grande, elle ne parut pas un danger à Iseult. La Protectrice continua à progresser, rapide et furtive comme un serpent, bien qu’un peu gênée par son épaule blessée. Ses yeux s’habituaient à l’obscurité ambiante, discernant plus de détails, comme le poil brun de l’inconnue… et son ventre arrondi.
Iseult freina des quatre pattes. Toutes sortes de rumeurs couraient sur les femelles pleines. On les disait farouches et méfiantes envers les inconnus, prêtes à tout pour défendre leur progéniture. Ne valait-il pas mieux laisser celle-là tranquille ?
Nom d’une lapine demeurée ! Elle était une Protectrice. Si elle n’était pas capable de se défendre, autant quitter son poste ! Forte de cette conviction, elle émergea de l’ombre. Venue se camper devant la future mère, elle la toisa de haut en bas. Très vite, son expression arrogante glissa et s’évanouit, comme un masque usé qu’elle aurait jeté. Il y avait dans le regard de cette inconnue un tel mélange de force et de douceur, de souffrance et de candeur, qu’Iseult se sentit tout à coup très petite. Presque insignifiante. Elle devinait confusément qu’en dépit de son jeune âge, cette louve Émeraude – le vent avait tourné – en savait bien plus qu’elle sur la vie et ses malheurs. Lorsqu’elle ouvrit la gueule, les mots qui s’en échappèrent la surprirent elle-même.

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MessageSujet: Re: Mieux vaut garder certains secrets enfouis au fond de soi - with Iseult. Sam 3 Aoû - 11:56

Les pampres du résinifère venaient caresser le puissant corps de la louve brune, la faisant frémir sous les effleurements qu’elle ressentait comme maternels. Elle avait purement et simplement l’impression qu’il s’agissait de sa mère qui se trouvait penchée au-dessus d’elle et qui venait la bercer de mots délicieux et enchanteurs tandis que le sommeil s’arrogeait son être tout entier. Tandis que le sommeil s’emparait d’elle et la compressait entre ses griffes affûtées, tandis que le sommeil la faisait voguer silencieusement dans un monde indolore. Dans un monde où le malheur était chimérique, dans  un monde où chaque particule d’essence vitale fleurait la liesse et la volupté, dans un monde où chaque être affectait un sourire versatile. Le même sourire éthéré qu’arborait Avalon en cet instant-là sur son joli minois qui ne laissait transparaître qu’une innocence poignante, qu’une candeur bouleversante. Elle avait beau être une louve accomplie, la brune n’en restait pas moins une enfant en son for intérieur, d’une naïveté à toute épreuve. C’était son ingénuité qui lui avait d’ailleurs valu une existence parsemée de dérisions et de quolibets plus acerbes les uns que les autres, une existence à laquelle elle avait finalement fini par s’habituer. Elle était arrivée à ne plus prendre les remarques caustiques qu’on lui adressait qu’avec un sourire tendre qui encombrait son visage tout entier. Le temps avait filé et les railleries s’étaient finalement estompées au vu de l’ignorance dont faisait preuve Avalon face à ces attitudes turpides. Jamais elle n’avait cherché à se montrer aussi avilissante et répulsive que tous ces être-là qui s’en était pris à elle et s’était seulement contentée de rester elle-même, sans que l’idée de changer ne lui effleure l’esprit. Mais voilà que maintenant, bien des années après, cette pensée venait la hanter jusqu’à troubler son sommeil, jusqu’à s’accaparer ses moindres doutes. Elle ne voulait plus rester cette louve candide qu’elle avait été de tous temps, cette louve irrépressible et chaste. Avalon n’avait décidé ça que pour le bien de sa progéniture qui risquait de voir le jour d’un moment à l’autre, elle qui voulait se montrer plus maternelle qu’elle ne l’avait jamais été. Pour la première fois de son existence, elle était parvenue à se persuader  de ne pas abandonner les fruits de ses entrailles, bien qu’ils soient issus d’un viol comme tous ceux qui les avaient précédés. En effet, Avalon n’en était pas rendue à son premier accouchement mais elle avait dû se résoudre, hélas, plus d’une fois, à abandonner ceux qu’elle avait mis au monde pour de frustes raisons. Mais cette époque était désormais révolue à ses yeux et voilà qu’avec l’aide de son équivalent féminin, sa confidente et sa bienfaitrice, Avalon allait élever ses enfants et leur donner tout l’amour qu’elle n’avait jamais pu recevoir. Elle allait s’occuper d’eux comme si elle les avait désirés de tout son être, son corps consumé par l’ardeur flambante d’être à nouveau mère. Pourtant, il n’en était rien. Jamais elle n’avait désiré se faire saillir de force par un inconnu dont seul le nom lui revenait en mémoire mais  retraçait en elle une crainte naissante. Serguei. Elle craignait de le voir un jour rappliquer et la dépouiller de ses tendres enfants. Contre lui, elle ne pourrait rien faire si ce n’était se recroqueviller sur le sol et le supplier d’une voix larmoyante, les lèvres retroussées en une lippe pathétique. Mais jamais il ne céderait à ses lamentations, elle le savait déjà alors qu’elle ne l’avait côtoyé que le laconique instant de la défloraison. Acte qu’elle n’avait cessé de se ressasser éternellement et sans jamais trouver le repos, les images de ses viols antérieurs ressurgissant dans sa mémoire tour à tour. Tremblante comme les frondaisons des arbres sous la caresse du vent, elle était restée de nombreux jours dans un état de platitude affligé que seule sa plus proche amie avait réussi  à annihiler. Seule sa plus proche amie avait réussi à lui rendre ce sourire éthéré qu’elle se plaisait à afficher, souvent, et cette béatitude dont elle faisait preuve à chaque instant de sa vie. Elle avait pu compter sur le soutien de Werty qui lui avait offert une épaule solide sur laquelle elle avait pu s’appuyer lors de ces moments de défaillances troublants, lorsque tout allait mal et que le monde n’avait plus qu’une saveur âcre et rance. Werty avait toujours été là pour elle et le serait sûrement jusqu’à la fin de son existence. Elle l’espérait de tout son être.  Ainsi, son corps avait beau reposer sous l’ombrage des foliations, Avalon ne subsistait plus en ce lieu. Elle voguait dans une réalité onirique qu’elle avait fait sienne, naviguant dans un monde éphémère et chimérique qu’elle s’était construite de toutes parts, de bout en bout et qui n’était bâti que sur ses propres pensées. Un sourire prude et séraphique sur le visage, elle somnolait avec une douceur paisible sans que rien ne vienne la perturber hormis le chant des oiseaux et les hennissements des équidés qui résonnaient comme une mélodie autour d’elle. Soudain, une louve émergée de l’ombre s’enracina dans la terre face à elle et la contempla longuement. Si interminablement que la louve brune finit par s’éveiller, contrariée par cette ombre qui planait au-dessus d’elle.  Ses globes ambrés se plongèrent dans ceux de l’inconnu tandis qu’elle affichait une mine ébahie face à cette présence qu’elle n’avait pas perçue. Elle s’était assoupie en territoire ennemi malgré elle sans se soucier des bêtes qui rôdaient dans les parages et des maîtres des lieux qui devaient la lorgner de leurs regards pernicieux en attendant de pouvoir lui sauter dessus. Ici, elle n’était ni plus ni moins qu’une intruse et il aurait été fort compréhensible qu’elle se voie chasser de ces territoires. Voire pire encore. Un frisson d’effroi la parcourut tandis qu’elle rampait sur le sol dans un froufrou de velours pour accentuer l’écart entre elle et cette inconnue. Qui était-elle? Que faisait-elle là? Que lui voulait-elle? Avalon prenait conscience qu’elle avait toutes les raisons du monde de s’en méfier, et pourtant, l’expression faciale de cette dernière la déconcertait. Elle ne semblait pas inoffensive mais pas non plus provocante et tapageuse. Troublant. La vertueuse brune aux formes exquises finit par se relever après que d’interminables secondes se soient écoulées, tout en gardant cette distance lénifiante.

    « Bonsoir. Je… je m’appelle Iseult. As-tu besoin d’aide ? »


Hésitante. Voilà de quoi Avalon aurait pu qualifier cette inconnue lorsqu’elle prit la parole, se souciant apparemment de l’état de sa congénère. Il était vrai que la brune avait connu une meilleure forme mais elle se plaisait à rejeter la faute sur sa gestation qui lui valait cet état constant d’alanguissement qu’elle ne pouvait contrôler. Son énergie vitale s’amenuisait à mesure que le temps s’effritait et elle se complaisait à espérer que tout cela se termine bien vite. Que tout cela ne soit plus qu’un douloureux souvenir et qu’elle puisse enfin palper ses enfants. Ses tendres enfants. Déjà elle réfléchissait aux noms mais à chaque fois, elle se retrouvait bien vite désappointée par la consonance, à mesure qu’elle se la ressassait dans sa tête. Et voilà que le moment tant attendu se rapprochait inexorablement, et qu’elle n’avait pas la moindre idée des appellations de ses rejetons. Ce fut alors qu’elle jeta un regard vénal à la louve qui lui faisait face. Peut-être que cette dernière lui serait utile en matière de conseil vis-à-vis des noms de ses futurs enfants. Oui, peut-être. Avalon se prit à sourire à cette pensée mais ne laissa aucunement transparaître ce qu’elle attendait de cette dénommée Iseult. Si cette dernière refusait, ce serait à la déveine et à l’infortune d’Avalon.

    « Mon nom est Avalon. Enchantée ! » Elle jeta un regard oscillant à son ventre enflé. « Tu ne pourras rien faire pour moi de toute façon, je crois. »

 
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MessageSujet: Re: Mieux vaut garder certains secrets enfouis au fond de soi - with Iseult. Lun 5 Aoû - 11:59

« Mon nom est Avalon. Enchantée ! »


Avalon ? Iseult retint à grand peine un ricanement. Si elle avait cru au destin, elle y aurait peut-être vu un signe, mais elle songea simplement qu’il s’agissait là d’une drôle de coïncidence. Lorsque la dénommée Avalon reprit la parole, Iseult tendit l’oreille.


« Tu ne pourras rien faire pour moi de toute façon, je crois. »


Ce n’était pas faux. Iseult n’avait jamais attendu de petits, et comme la compagnie des nourrices l’ennuyait profondément, elle n’avait aucune expérience en ce domaine. Elle fixa le ventre rond de sa congénère avec un étrange sentiment de tristesse… et d’envie. Son enfance était passée vite, trop vite. La mort de ses proches avait détruit son innocence et sa joie de vivre. Toute son existence n’avait été qu’un combat. Un combat contre la mort, contre la solitude, contre la perfidie et la cruauté d’un monde qui l’avait vu grandir avant l’âge. Jamais elle n’avait connu l’émerveillement et la naïveté dont faisaient preuve les jeunes louveteaux. Et cette absence avait creusé un vide douloureux dans son cœur.

« Tu es un peu jeune pour attendre des petits, non ? Où est ton compagnon ? Il n’est pas prudent pour une louve pleine d’errer seule sur les terres d’une autre meute. D’errer tout court, d’ailleurs. »

Iseult n’avait fait que reprendre les jérémiades habituelles des nourrices, mais sur un ton bien plus sec et tranchant. La honte l’envahit aussitôt. Pour dissimuler sa gêne autant que pour guetter l’arrivée d’éventuels intrus, elle tourna le dos à Avalon pour se poster sur un promontoire rocheux non loin. L’espace d’un instant, la vue lui coupa le souffle. Plaines et rivières se succédaient à perte de vue, dans une explosion de couleurs vertes, grises, brunes et jaunes. Très haut dans le ciel, la lune se levait pour illuminer l’immensité de Wolf Temporal, alors que les somptueuses teintes du crépuscule mourraient dans une mare de sang.
La tête baissée, la Protectrice abandonna son perchoir pour rejoindre Avalon. Le museau baissé – non en signe de soumission, mais plutôt de respect – elle s’avança jusqu’à se retrouver penchée sur la future mère.

« Excuse-moi. Mes paroles ont dépassé ma pensée. Veux-tu que je t’escorte jusqu’à chez toi ? Ou préfères-tu te reposer encore ? »
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MessageSujet: Re: Mieux vaut garder certains secrets enfouis au fond de soi - with Iseult. Mar 27 Aoû - 15:23

Insensiblement, le jour périssait en dardant sur les terres illuminées tout au long de la journée une kyrielle de rayons. Rayons qui eurent tôt fait de s’estomper pour laisser place à la nébulosité du soir. Même le vent sembla trépasser lorsqu’un souffle analogue  à un soupir éthéré balaya les pampres du résineux sous lequel Avalon était couchée. Même les oiseaux s’étaient tus, eux qui se plaisaient à pépier le plus clair de leur temps, hauts perchés sur leur branche pour débiter leurs registres de litanies plus grisantes les unes que les autres. Même les herbes diaprées semblaient à présent altérées et flétries. Mourantes comme la clarté solaire, mourantes comme ce jour consumé par le Temps. Cycle, époque, ère. Jour, mois, année. Secondes, minutes, heures. Tout convergeait en un seul et unique point. Le Temps,  rédhibitoire et haïssable, qui ne cessait de s’effriter. Car il  allait son chemin, quelques soient nos desseins, sans nous attendre. Il fallait juste l’accepter pour pouvoir vivre une vie meilleure. Ou du moins s’évertuer à la faire car la perspective de voir les jours succomber un à un pour nous rapprocher peu à peu de notre mort inéluctable n’avait jamais enchanté personne. Ce fut ainsi dans un soupir mélancolique qu’Avalon rompit ces douloureuses pensées. Elle était encore fraîche et pimpante, vertueuse et éclatante, et l’idée de penser à l’agonie qui l’attendait ne l’enjouait en rien. Ce qu’elle voulait? Ce n’était ni plus ni moins qu’une vie prospère durant laquelle elle aurait l’occasion d’élever les fruits de ses entrailles. Avant de les regarder amèrement quitter le cocon familial, un douloureux serrement au cœur. Elle savait que ce jour-là, ce jour où on lui arracherait ses enfants, arriverait bien assez vite mais elle ne pouvait se résoudre à l’accepter. Pour le moment, elle devait se contenter de les porter en son sein avec tout l’amour dont elle était capable, ce qui n’était déjà pas mince. Jamais elle ne leur ferait le moindre mal. Jamais elle ne leur causerait le moindre tort. C’était au-delà de ses forces et surtout, bien au-dessus de ses principes moraux. Ce n’était pas avec l’arrivée de ces lilliputiens d’enfants  qu’elle allait se permettre de se plonger dans les vices de la dépravation et de l’inconduite. De tout temps, nous avions connu une louve aussi osée que juvénile et aussi libre que charmante. Le jour de sa métamorphose n’était pas encore survenu. Avalon avait surmonté les quolibets les plus turpides, les railleries les plus fielleuses et les coups bas les plus médisants. Tout ça dans le but de la voir s'écrouler pour ne plus jamais se relever. Tout ça parce qu’elle était différente du reste de la communauté et qu’elle n’avait jamais su changer pour leur bon plaisir. Tout ça parce que la société dans laquelle elle vivait était d’une malveillance inflexible. Et jamais, au grand jamais, la plantureuse brune ne leur donnerait la jouissance de s’abattre irrémissiblement sans se battre. Elle n’avait jamais livré de batailles, et n’en mènerait sûrement jamais au vu de son grade mais se furent deux mots simples et pourtant inestimables qui s’apposèrent à son esprit comme une estampille. Se battre. Elle s’était déjà battue pour ne jamais flancher, en regardant toujours vers l’horizon infini, et maintenant, elle allait se battre pour ses enfants. Et pour conserver son intégrité totale. Pour rester celle qu’elle avait toujours été, de sa naissance au jour d’aujourd’hui. Voilà une pensée qui suffit à lui mettre du baume au cœur et  à lui octroyer un sourire vaporeux, inconsistant qui semblait vouloir se décrocher de ses lèvres à tout moment. Oscillant entre l’allégresse et l’asthénie, entre la certitude et le doute. Indécise, voilà ce qu’elle était vis à vis de ses émotions, mais elle ne sembla pas s’en préoccuper plus que nécessaire. Ses globes ambrés étaient rivés sur la silhouette de la dénommée Iseult, qui finissait par s’obscurcir en même temps que la nuit étendait son voile sombre. Pour la première fois depuis leur rencontre, Avalon se prit à la détailler sans ambages. Belle. Elle possédait une silhouette élancée, associée à une fine musculature. De quoi savoir se montrer forte sans avoir la carrure imposante d’un mâle. En plus de tout cela, elle se retrouvait enveloppé d’une fourrure grise qui ne laissait pas Avalon de marbre, elle qui avait toujours voulu se retrouver affublée d’un pelage pareil. De quoi se démarquer encore plus de la société dans laquelle elle vivait. Pour finir, et ce fut la chose qui retint le plus son attention, la louve cendrée arborait deux yeux ambrés qui rutilaient sous l’ombre de son visage. Des yeux semblables en tout point à ceux d’Avalon. Sûrement le seul point commun entre ces deux êtres. Sans la lâcher du regard, la druide la regarda alors grimper sur un promontoire, ou du moins une roche quelconque. Que voyait-elle ? Que ressentait-elle ? Avalon n’eut pas à se poser la question plus longtemps puisque l’autre individu eut tôt fait de couper court à toutes ses interrogations en lui faisant remarquer d’un ton aigre ce que tout un chacun devait penser.  

    « Tu es un peu jeune pour attendre des petits, non ? Où est ton compagnon ? Il n’est pas prudent pour une louve pleine d’errer seule sur les terres d’une autre meute. D’errer tout court, d’ailleurs. » Puis après quelques instants, semblant prise de remords et accablée par la honte, elle se rattrapa. « Excuse-moi. Mes paroles ont dépassé ma pensée. Veux-tu que je t’escorte jusqu’à chez toi ? Ou préfères-tu te reposer encore ? »


Réflexion faite, Iseult n’avait pas tort. Elle avait même entièrement raison bien que son ton son n’enchanta en rien l’Émeraude qui pinça ses lèvres satinées. Encore une fois, on se permettait de lui parler comme si elle n’était qu’une moins que rien. Qu’un vulgaire caillou parmi un amas de roches. Mais Avalon ne pouvait pas lui en vouloir. Elle finissait par être habituée à ces critiques constantes qui la faisait passer pour une dépravée, une louve immorale qui ne s’évertuait pas à respecter les principes de la société. Elle-même savait ce qu’elle valait et c’était sûrement tout ce qui comptait à ses yeux. Avec une once de déception à l’égard de cette louve qu’elle aurait pu croire différente des autres, une louve qui n’aurait pas porté de jugements précipités sur elle, somme toute, Avalon la regarda s’avancer tête baissée. Elle savait très bien ce que signifiait son attitude et resta mue par le désappointement de sa remarque précédente mais aussi par l’effarement. La stupéfaction. Jamais encore on ne lui avait été respectueuse. Toujours, elle n’avait été qu’une subordonnée sans grande importance ou une louve superflue qui ne retenait l’attention que par sa différence. Rien d’autre. Et voilà qu’une femelle dont elle ne connaissait que le nom, venait de tout faire basculer par un geste qu’elle n’avait peut-être pas contrôlé. Qu’elle n’avait peut-être pas voulu. Sans savoir que dire, Avalon se redressa lentement sur ses membres flageolants, et fit face à Iseult. Rien qu’un court instant. Leur serait-il permis de se revoir à l’issue de leur rencontre? L’Émeraude l’espérait. Voilà bien quelqu’un qui méritait de retenir toute son attention. Mais pour le moment, elle ne désirait qu’une seule et unique chose. Retourner parmi les siens. La fatigue la guettait alors que la douleur traversait chacune des fibres de son corps, lui arrachant des grimaces non dissimulées. Cette louve cendrée était le seul et unique espoir dont elle disposait pour retourner sur ses terres saine et sauve. Contre toute attente, elle détenait les clefs de sa vie.

    « Ne t’excuse pas. J’ai fini par ne plus faire attention à ce genre de remarques. » C’était faux. Celle-ci avait traversé son esprit de part en part, lui causant un mal indéfectible à force d’accumulation.  « Ce serait… Vraiment trop aimable à toi si tu m’escortais. Je ne sais pas si j’aurais la force de me défendre dans le pire des cas. D’ailleurs, je ne sais même pas ce que je fais ici. C’est drôle. » Remarqua-t-elle avec un rire nerveux, en détaillant le paysage du regard.

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Mieux vaut garder certains secrets enfouis au fond de soi - with Iseult.

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