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C'est en revenant à un endroit où rien n'a bougé qu'on réalise le mieux à quel point on a changé — with Aleïka.

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MessageSujet: C'est en revenant à un endroit où rien n'a bougé qu'on réalise le mieux à quel point on a changé — with Aleïka. Dim 6 Oct - 14:57

Il était là, immobile et silencieux. Sa fourrure se faisait caresser par la brise légère qui soufflait sans discontinuer, telle une main maternelle et ses poils d’un gris cendré volaient en tous sens, tourbillonnant autour de son corps puissant et viril. Caché par l’ombre des arbres, il était invisible au regard de tous et personne n’aurait pu se vanter d’avoir pu le remarquer. Seuls ses crocs d’un blanc d’ivoire luisaient dans les ténèbres, ses babines retroussées en un rictus effroyable qui suffisait à vous faire hérisser les poils sur l’échine. Terrifiant, Caspian l’était à n’en pas douter mais il n’était pas que cela. On pouvait rajouter à la longue liste qui se dressait les termes de manipulateur, dangereux, sanguinaire, violent, impulsif et bien d’autres encore que je vous aurais énumérés volontiers si seulement j’en avais eu le temps. Ainsi, il était là sans vraiment l’être puisqu’il se fondait parfaitement dans le décor, dans une posture agressive qui en disait long sur ses intentions. Plusieurs minutes s’écoulèrent, toutefois, sans qu’il n’ait esquissé  le moindre geste et sans qu'il n’ait prononcé la moindre parole. Il avait tout d’une statue de marbre, autant dans la posture que dans l’expression, son visage ne laissant transparaître aucune des émotions qu’il était susceptible de ressentir en cet instant.  Soudain, ses oreilles se dressèrent alors qu’un bruit retentissait au sein de la forêt. Sa bouche s’élargit en une sorte de sourire ou de grimace, je n’aurais su vous le dire, à  l’entente de ce son et son corps puissant s’élança à la poursuite de l’animal qui venait de détaler à quelques pas de lui, seulement. Tout se passa très vite. Ses pattes martelèrent le sol avec fracas pendant quelques secondes tandis qu’il essayait de gagner de la vitesse pour attraper cette bestiole qui tentait tant bien que mal de sauver sa peau. Mais c’était peine perdue. Caspian bondit sur l’animal apeuré et l’emprisonna entre ses griffes, l’acculant avec une barbarie sans pareille contre le tapis moussu de la forêt. Un couinement désespéré et c’en fut fini. Un liquide rouge, qui n’était autre que le sang qu’il affectionnait tant, se répandait sans ménagement sur le sol, vestige de la chasse qui avait lieu en cet endroit précis. La traque terminée, le loup cendré pouvait enfin commencer à apaiser sa faim, ce pourquoi il avait tué cet animal en surplus du plaisir que cela lui procurait. Dans un bruit écœurant, il lui déchiqueta la peau sans éprouver la moindre émotion qui tenait du dégoût ou de la pitié. Il s’acharna même davantage sur le cadavre en lui arrachant la tête d’un coup de crocs bien placé, envoya cette dernière valser plus loin, et laissa s’échapper un rire satisfait de ses lèvres entrouvertes. Dément, Caspian l’était à n'en pas douter mais cela ne datait pas de la veille. Il avait toujours eu ce caractère et m’est avis que rien ni personne ne changerait cela, car même si l’envie était là, l’on ne pourrait jamais effectuer un pareil miracle. Il était destiné à rester aussi sauvage toute sa vie, lui qui tuait partout où il passait, laissant une traînée de corps inertes dans son sillage. Et sans éprouver la moindre tristesse, la moindre compassion ou le moindre sentiment semblable à leurs égards. A chaque fois que Caspian commettait un de ces crimes, il ressentait en lui une profonde satisfaction et jubilait, en proie à un brasier ardent qui le dévorait en son for intérieur. Il se demandait si aujourd’hui, ce serait le même refrain, si aujourd’hui une nouvelle louve viendrait se nicher contre lui, tandis qu’il l’empoisonnerait à petits feux, lui assurant une mort lente et douloureuse. Il en crevait d’envie mais encore fallait-il trouver la proie idéale, qui lui tomberait sûrement dessus au détour d’un chemin, totalement par hasard. C’était ce que l’assassin avait appris avec le temps: ne jamais chercher ses proies, elles venaient toutes seules vers vous, sans même une once de méfiance et sans que vous ayez esquissé le moindre geste pour les inviter à s’approcher. Ce bas monde recelait de créatures toutes plus sottes les unes que les autres, et les premières à être affublés de cette basse  intelligence étaient les femelles. Les femelles qui se prenaient pour les plus rusées mais qui, au final, ne voyaient pas plus loin que le bout de leurs museaux et qui se laissaient indubitablement prendre dans ses pièges. Tellement facilement que c’en était navrant, et que le loup affichait souvent une mine attristée devant leurs cadavres alors qu’au fond, il ne ressentait qu’une intense jouissance qui se répandait dans tout son être au fur et à mesure que les secondes s’écoulaient, que le temps s’effritait, inexorablement.

Il entama une marche silencieuse dans la forêt, se délectant de ce silence qui s'était installé et qui sonnait à ses oreilles comme une mélodie muette. Comme si le Temps s'était arrêté, et que les minutes et les secondes ne s'écoulaient plus, suspendues dans l'air. Comme s'il était devenu sourd, par cette absence de tonalité, par l'absence du chant des oiseaux et des craquements de branches. Tout ici n'était que désolation, tout ici était immobile, en suspens. Et lui se déplaçait au milieu de ce tableau étrange, l'allure altière et son regard d'épervier se baladant sur chaque détail du paysage qui se dessinait sous ses yeux sombres, effroyables mais saisissants. Un regard capable de vous faire hérisser les poils sur l'échine et de vous faire trembler de peur sans que vous puissiez vous contrôler. S'abreuver du désespoir et de la peur des autres, Caspian raffolait de cela et pour rien au monde il ne s'en serait passé. Voir ses proies se recroqueviller et le supplier d'une voix presque éteinte l’excitait au plus haut point et à cette unique pensée, un rire émana de sa gorge déployée. Un rire sans joie, mais un rire sarcastique, et moqueur vis à vis de tous les corps inertes qui défilaient sous ses yeux, dans sa tête. Au fond, la vie n'était purement et simplement qu'un jeu. Un jeu cruel, certes, mais un jeu, avec des gagnants et des perdants. Et si l'on voulait gagner, il fallait être plus fort mais aussi plus impitoyable que les autres. Il ne fallait pas être affaibli par le temps qui passait, et être prêt à tous les coups pour accéder à la première place. C'était la loi du plus fort, et ça, personne ne pourrait jamais le changer, même avec toute la bonne volonté du monde. Le loup cendré passait et repassait ainsi sa langue sur ses babines puis sur son pelage pour ôter toute trace de sang et se repaître de cette saveur appétissante. Le voyage se poursuivit ainsi sans que rien ne vienne le perturber, et le silence qui s’était installé lui donnait l’impression d’être seul en ces lieux alors que ce n’était pas le cas. Les bois fourmillaient de bestioles et il ne doutait pas que quelques-uns se soient décidés à venir l’épier furtivement pour voir ce que pareil prédateur faisait en ces lieux et quelles étaient ses intentions. Caspian ne leur accorda pas la moindre importance et ne daigna même pas river son regard sur eux lorsqu'il en croisait aux détours d’un chemin, car ils avaient tôt fait de détaler mais aussi parce qu’il n’escomptait pas s’occuper un tant soit peu de leurs petites personnes. Alors qu’il poursuivait sa virée nocturne sans aucune idée en tête, se laissant seulement guider par son instinct infaillible, il finit par parvenir face à un manoir lugubre et austère qui se découpait dans le paysage forestier. Aux plus couards, cette demeure aurait pu inspirer la crainte mais Caspian faisait preuve d’une témérité à toute épreuve et la peur, ça ne le connaissait pas. Ou très peu. Sans attendre, l’Améthyste franchit le seuil du manoir non sans adopter une posture défensive, tous ses sens en alerte. Ses pas retentissaient sur le bois qui se mit à craquer, bruit qui fit croasser quelques corbeaux perchés sur le toit. Tout était poussiéreux, vieux, et le lieu empestait d’une odeur qu’il n’arrivait pas à reconnaître mais qui provoquait un profond dégout en lui. Et malgré ça, il continua son exploration sans se départir de sa méfiance. Il venait de pénétrer dans un lieu inconnu, et la vigilance était de mise. L’on était pas à l’abri de tomber sur un loup affamé ou complètement cinglé, somnolant dans un coin et qui se réveillerait à l’entente de notre approche. L’on n’était jamais à l’abri, car absolument tout pouvait survenir, ne rendant la vie que plus trépidante encore.
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Aleïka

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MessageSujet: Re: C'est en revenant à un endroit où rien n'a bougé qu'on réalise le mieux à quel point on a changé — with Aleïka. Dim 6 Oct - 19:23

Cela faisait longtemps que tu n'avais pas eu un accès de tristesse. Que ton coeur lourd chargé de plomb n'avait pas pesé dans ta poitrine. Tu n'avais pas sentie tes pattes lourdes tu ne t'étais pas sentie te déchirer depuis trop longtemps peut être. La fatalité ne t'avais pas accablé depuis plusieurs mois, te laissant un peu de répit. Comme quoi, parfois il faut laisser le temps panser les blessures. Mais parfois, lors d'un mouvement trop brusque ou mal calculé la plaie se rouvre et se remet à saigner causant des douleurs atroces. La soirée dernière c'est que tu avais ressenti. Tu avais l'impression qu'on t'écartelait, tirant sur chaque recoin de ton esprit. Tu avais cru mourir de douleur, étouffé par le poids de ton passé refaisant surface. Tu avais pourtant cru y avoir échappé. Après avoir trouvé une amitié solide, tu pensais que tu avais fini par t'en sortir définitivement. Rien n'est éternel, surtout pas les moments de trêve. La guerre reprend toujours, et tôt ou tard les canons se remettent à déchirer l'air avec violence. Les coups de fusils se font plus violents, car la pause à permit de faire le plein de punitions. Tant que personne ne signe l'armistice les soldats s'entretuent sans renoncer. Seulement, malgré les années écoulées tu n'as toujours pas trouvé avec qui signé ce foutu traité de paix.

Tu avançais au hasard, suivant des chemins sombres que tu ne connaissais pas. Tu n'avais aucune idée d'où tu allais, ni d'où tu venais. Mais tu avais besoin de fuir. Fuir tout ce qui te rappelait tes malheurs passé et qui te hantais. Fuir tes démons qui te suivaient comme ton ombre dans chaque recoin de ces terres. Fuir ce bourreau de ton âme qui refusait de te libérer après plusieurs années de torture dans une pièce noire et sombre, sans personne pour entendre tes hurlements de douleurs, tes appels au secours. Tu serpentais entre les buissons de plus en plus denses dans une espèce de transe si bien que tu ne voyais pas où tu mettais les pattes. N'importe qui aurait pu te sauter à la gorge tu ne l'auras pas vu venir. C'était suicidaire tu le savais mais tu t'en fichais sur l'instant. Tu commençais à reprendre corps avec la réalité, quittant la peau de douleur que tu avais revêtit. Les larmes avaient séché complètement. Encore quelques minutes et ce serait fini. Physiquement du moins. Car la douleur, bien que moi présente resterait là pendant plusieurs jours. Et elle te mutilerait l'âme avant de s'enfuir et de revenir plus tard. Tu avais peur des souffrances à venir. Allez, reprends-toi, il faut que tu sois forte. Tu trouveras des nouvelles personnes valant le coup que tu oublies. La vie est belle, tu l'as remarqué toi même. Il faut que tu apprennes à te concentrer sur les meilleurs côtés et à respirer à fond, à définitivement chasser le passé. Cela viendra ne t'inquiète pas. Tu trouveras comment devenir heureuse par toi, il te faudra juste encore un peu de temps.

Soufflant, de soulagement tu profitais du vent qui se perdait dans ton pelage immaculé. Autour de toi, du gibier courait, faisait bruisser les fourrés. Tu n'avais pas faim. Tu n'avais pas envie d'ôter la vie, pas tout de suite. Plus tard quand tout serait vraiment parti. Alors tout reviendrait presque normal, l'instinct reprendrait le dessus. Plus tard, Aleïka plus tard. Tes pattes n'étaient pas douloureuse en dépit de la distance que tu venais de parcourir. Tu aurais pu marcher encore longtemps. Mais tu voulais te réveiller et sortir la tête de l'eau si bien que tu te mis à courir, déployant tes longues pattes fines. Tes yeux noires regardaient avidement autour de toi, cherchant un oiseau sur les branches des chênes. Mais il n'y en avait aucun. Tu percevais seulement leur chant lointain, très lointain. Tu prenais garde à ne pas trébucher sur les racines noueuses des grands arbres. Tu coiffais au poter n'importe quel cerf par ta vitesse. Tu te sentais plus légère ainsi. Tu avais l'impression que tu pouvais déployer de longues ailes et t'envoler.

Tu approchais d'un lieu que tu n'aurais jamais imaginé. Une grande maison, sombre et dévasté, se tenait devant toi, menaçante. Intriguée, le poil gonflé par l'inquiétude qui naissait au fond de ton ventre tu t'avança. Tu n'aurais jamais deviné qu'il existait un endroit pareil et tu te dirigea vers l'entrée. Dedans il faisait sombre, bien plus que ce à quoi tu pensais. Te dirigeant à l'aveuglette, tu pris garde à ne rencontrer aucun mur, aucune paroi. Quel endroit lugubre, vraiment. S'il t'arrivait quelque chose, personne ne viendrait te chercher ici.
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MessageSujet: Re: C'est en revenant à un endroit où rien n'a bougé qu'on réalise le mieux à quel point on a changé — with Aleïka. Sam 12 Oct - 17:53

Il n'y avait finalement rien à craindre au sein de ce manoir. Pas la moindre menace. Un sourire énigmatique s'ébaucha sur le visage de Caspian, fermé par la folie, la violence et l'amertume  qui ne le quittaient plus désormais. Ses compagnes de chaque jour, de chaque heure, de chaque seconde qui s'écoulaient. Le Temps. Cette divinité malveillante qui s'échappait entre nos griffes et que l'on ne pouvait retenir. Oui, l'on était loin de ce temps où Caspian gambadait dans les prairies, insouciamment et sans se préoccuper de son avenir. Il était loin ce temps où ses parents étaient encore auprès de lui, l'aimant comme personne n'avait jamais aimé leur progéniture. Il était loin ce temps où  l'assassin torturé était heureux de la vie qu'il menait. Mais la mort funeste des seules personnes qui avaient jamais compté dans sa vie avait bien vite désenchanté cette féerie éphémère. Incompris et abandonné par sa propre faute. Abandonné pour toujours, seul à jamais. Exclu et rejeté par tous, renfermé sur lui-même. Voilà ce qu'il était devenu après avoir commis ce parricide, acte qui pesait maintenant lourdement sur ses épaules et dont il ne pouvait se défaire. C'était  ainsi qu'il avait développé son caractère et son attitude des plus farouches et hargneuses, à se ressasser de noires pensées, seul comme toujours. Et même en ce moment, alors qu'il se  trouvait dans la solitude la plus totale, le danger suintait dans les moindres mouvements de Caspian. L'air était irrespirable, lourd de défiance et de menaces malgré cette fraicheur nocturne qui s'insinuait sous le pelage dense de l'assassin et venait le mordre telle une furie. Une odeur familière flottait dans l'air, que venait de transporter les fragrances automnales chargée de senteurs plus musquées les unes que les autres. Celle des Rubis. A cette macabre découverte, un grondement guttural s'échappa de sa gorgée déployée. Caspian les haïssait tous autant qu'ils étaient, sans chercher à savoir s’il y avait un membre du clan plus avenant qu’un autre. Pour lui, ils étaient tous pareils et il vouait la même haine à tous ceux qui prétendaient faire partie de cette meute. En effet, il était de notoriété publique que, de tous temps, les Améthystes et les Rubis n’avaient jamais fait bon ménage et se trouvaient constamment en confrontation. Cela ne changerait sûrement jamais si chacune des deux meutes possédaient des membres tels que Caspian, qui ne demandaient que la guerre et faisaient à peu près tout pour l’obtenir, créant sans relâche des rivalités qui pouvaient finir par des bains de sang ou de simples joutes verbales. Néanmoins, la possibilité qu’affectionnait tout particulièrement le loup cendré restait tout de même la première. Pétrir sa proie de ses griffes, enfoncer ses crocs dans son cou charnu, lacérer sa peau et tant d'autres ignominies encore. Un sourire qui s’apparentait à de la satisfaction s’ébaucha sur son sinistre visage à ces simples pensées. Il avait beau paraître sage et affermi, avec une impression d’expérience que lui procurait sa balafre, Caspian se comportait d’une façon tellement farouche et sanguinaire lors de ses phases de fureur qu’il avait tout l’air d’un ours sauvage et incontrôlable. Et pourtant, non. Il restait un loup parmi tant d’autres, malgré son caractère détestable, et un loup déjà bien formé malgré son âge peu avancé puisqu’il avait eu plus d'une fois l'occasion de saillir des louves d'une naïveté désolante, qui s'étaient trop prises à son jeu de séduction. Certaines, désespérées, avaient quitté les terres pour s'enfuir aussi loin qu'elles le pouvaient et s'éloigner de ce loup infâme et immoral. D'autres avaient conservé leur dignité et avaient fait en sorte d'élever leurs progénitures avec tout l'amour maternel dont elles étaient capables. En tentant d'oublier qu'elles avaient été souillées. Corrompues. Déshonorées.  Finalement, il ne servait à rien de chercher, il ne servait à rien de se poser des questions car l’évidence s’ouvrait à nous. Caspian n’était ni plus ni moins qu’un monstre. Un monstre sans cœur, dépourvu de tous sentiments affectifs, de toute pitié, de toute compassion. C’en était même déstabilisant puisque ça le rendait presque invulnérable. Presque. Il était cruel. Vil. Froid. Impulsif. Tant et tant d’adjectifs qui lui seyaient à merveilles et qui s’accordaient parfaitement avec ce qu’il représentait. La cruauté incarnée, celui qui n’éprouvait pas la monde pitié, ni la moindre compassion ou la moindre tristesse. Il n’était ni plus ni moins qu’un mur de glace, invulnérable à toutes les attaques sentimentales puisqu’il semblait incapable de ressentir ne serait-ce qu’une pointe de sentiments, amoureux ou seulement affectifs. Rien. Son visage arborait toujours un masque d’acier qui ne laissait transparaître aucune de ses émotions ou, souvent, un simple sourire malicieux qui en disait long sur ses intentions et qui suffisait à vous faire hérisser les poils sur l’échine. Caspian faisait peur. Caspian était effrayant. Mais Caspian avait ses faiblesses, qu’il fallait trouver si l’on voulait le mettre à terre. Même s'il faisait tout pour paraître intouchable, le loup cendré était loin de l'être. Mettre la patte sur son lourd passé suffirait déjà à le blesser en son for intérieur et réussirait à lui ôter ce masque qu’il se contentait de porter en tout  temps et en tous lieux. Lui qui avait tué de la façon la plus abominable qui soit sa filiation. Mais aussi la seule qui avait  jamais réussi à conquérir son cœur. La seule qui avait jamais réussi à lui faire ressentir moult émotions à la fois. Jouissance. Béatitude. Déraison. Ardeur. Passion. Jamais il ne serait capable de restituer son passé, son histoire. Sa vie. Caspian avait décidé de tout effacer et d’annihiler certains souvenirs qui lui revenaient en mémoire jusqu'à le hanter, tant et si bien qu'il se sentait parfois pris de nostalgie. Et il était là, jeune et vif malgré ce lourd supplice qui pesait sur ces épaules, attendant avec une impatience non contenue quelque chose qu'il ignorait lui-même. Il ne voulait plus penser à son passé. Plus jamais. La vie s’ouvrait à lui toute entière, lui promettant un avenir et il ne servait  à rien de regarder en arrière et de se tourmenter quant à son histoire. Absolument à rien.  

    « Mais qu'est-ce que je fous ici, au juste? »


Maugréa Caspian en balayant l'antique baraque de son regard ténébreux et intense à la fois. Vraiment, il se demandait les raisons de sa venue en ces lieux. Il n'y avait rien susceptible de l'intéresser. Tout était vieux, inutilisable et  pestilentiel. Et assez lugubre aussi, il fallait l'avouer. Il était sur le point de ressortir lorsqu'une odeur s'engouffra dans ses narines dilatées. L’odeur d'un loup. Et finalement, la certitude qu'il ne regrettait pas d'avoir pénétré dans ce manoir s'apposa à son esprit. Après avoir fait volte-face dans un mouvement élancé et adroit, il se prit à lorgner l'entrée du manoir en attendant la venue de l'individu. Le jeu risquait d'être plaisant.
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MessageSujet: Re: C'est en revenant à un endroit où rien n'a bougé qu'on réalise le mieux à quel point on a changé — with Aleïka. Mer 23 Oct - 9:47

Il faisait sombre, tu n'y voyais rien. Tu clignas plusieurs fois des yeux pour t'y habituer en restant sur le porche. Tu ne voulais surtout pas pénétrer là dedans à l'aveuglette, sans le moindre repaire. Ce serait trop dangereux. Tu n'avais pas peur. Tu étais simplement un peu inquiète, tu ne voulais pas qu'il arrive quelque chose de fâcheux. Ici tu avais l'impression que tout pouvait arriver. Enfin, en restant un minimum réaliste. Il y avait, c'est sûr, très peu de chances qu'un astéroïde s'écrase sur cette bâtisse délabrée. Non ce n'était pas ça que tu craignais. Tu pensais plutôt à un effondrement de la seule issue. Rester ici, dans le noire seule te terrifiait. Tant que tu pouvais sortir, aucun problème, tu ne tremblais pas. Mais si on fermait la seule sortie vers la liberté, si on détruisait la seule source de lumière tu paniquerais c'était certain. Ne plus sentir le vent dans ton pelage, ne plus voir le soleil éclairer le chemin devant toi, ne plus entendre le chant des oiseaux, le bruissement du gibier dans les fourrés, ne plus profiter de la texture tendre de l'herbe sous tes pattes était ton pire cauchemar. Enfin, tu n'imaginais rien de pire. Tu grimaças en pensant aux différentes douleurs que tu avais dû enduré depuis ta naissance. Aussi bien les physiques que les mentales. Après réflexion tu avais subis pire. Mais à présent tu estimais que tu n'avais plus rien à perdre voilà pourquoi tu portais tant d'importance aux territoires où tu vivais. Ils étaient les seuls vestiges de ton passé. Tu savais depuis longtemps que les blessures sont bien plus puissantes, violentes, dévastatrice que les physique et qu'elles mettaient beaucoup plus de temps à cicatriser si elle guérisse un jour. Quand ta vision fut parfaitement adaptée à l'obscurité tu avanças. La curiosité était plus grande que le reste. Tu n'étais jamais venue ici et tu voulais savoir ce que cachait cet endroit si surnaturel. Tu te tapis sur toi même, les pattes pliées et avanças dans un silence total. Tu effleurais le sol avec la légèreté d'une plume comme si tu flottais au-dessus du parquet poussiéreux et mal entretenu. A certains endroits le bois vermoulu laissait place à des trous béants et sombres. Tu pris soin de les éviter en décrivant de grandes boucles autour d'eux. Après avoir fait une dizaine de pas, tu t'arrêtas et détailla la pièce avec attention. Ton ombre était projetée sur les mur gris, dénudés et sinistre. Parfois, il manquait des plaques de plâtre, plus ou moins grandes. Pour les trouver il suffisait d'abaisser son regard sur le sol pour les apercevoir en miettes. Ce manoir devait avoir de nombreuses années derrière lui et il devait être vide, sans âme depuis également un long moment. Tu inspiras un coup soulevant un nuage de poussière. Tu toussas et baissas la tête sur le sol alors que tes côtes se soulevaient de manière désordonnées. C'est alors que tu remarquas l'odeur pour la première fois. Avant tu avais été trop ébahie par ce lieu si étrange que tu n'avais guère prêté attention à l'odeur humide où ce mélangeait des odeurs de bois et de renfermée. Mais il y avait autre chose. Dès que tu l'identifias, l'odeur ce fit suffocante, étouffante et tu ne sentis plus que ça. Tu ne cherchas pas à localiser d'où venait cette puanteur. Tout ce que tu savais c'est qu'il y avait un loup de la meute des améthyste, ici tout près de toi. Tu écarquillas les yeux et reculas de quelques pas. Cette meute était l'exact opposé de la tienne. Si vous étiez bon et généreux, toujours prêt à aider l'autre, eux étaient réputés pour tuer sans pitié, pour être sanguinaire et cruels. Soudain la terreur te saisit toute entière et te pétrifia. Sans le vouloir tu posas tes yeux sur lui et tu croisas son regard. Un grand loup au pelage cendré, à la musculature puissante. Ses prunelles étaient glaciale, aussi dure qu'un roc. Ton ventre se noua. Si tu étais ailleurs à l'air libre, avec la possibilité de te mouvoir correctement tu n'aurais pas fuit. Mais ici, dans cette maison déboussolée comme tu étais, le coeur encore lourd des larmes que tu avais versé il y a à peine quelques heures tu ne pouvais pas l'affronter. Agilement, tu fis demi-tour et te précipitas vers l'entrée.
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MessageSujet: Re: C'est en revenant à un endroit où rien n'a bougé qu'on réalise le mieux à quel point on a changé — with Aleïka.

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