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La voleuse

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Kisha


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MessageSujet: La voleuse Mer 13 Mar - 15:22

LA VOLEUSE


Alors voilà je vais vous poster l'histoire que j'ai écrite à la sueur de mon front chapitre par chapitre. Vous moquez pas hein è_é enfin vous avez toujours le droit de critiquer bien sûr, que ce soit négatif ou positif =)

PERSONNAGES


Alizée Delauzerne


Mme. Éléonore Delauzerne



M. Henry Delauzerne


Alexandre Holsan


Ethan Holsan


Agathe


Maxence



Dernière édition par Kimi le Mer 13 Mar - 15:40, édité 2 fois
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Kisha


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MessageSujet: Re: La voleuse Mer 13 Mar - 15:38

Chapitre 1 : Quand Minuit sonne le vendredi.


    Une ombre qui passe, un bruit sourd, une alarme qui se déclenche, des bruits de pas qui se rapprochent de plus en plus vite : nous sommes dans le centre commercial d'une grande ville parisienne.
    Soudain la course poursuite s'arrête nette, les gardes de nuit se stoppent. Devant eux se trouvent les bijoux dérobés quelques instants plus tôt à la bijouterie du centre, avec, sur le sac, une mèche de cheveux châtains. Ils vérifient, rien ne manque, tout est en ordre.

    Sur le toit d'un immeuble voisin, Ethan observait la scène. Un certain sourire mystérieux sur son visage. Un visage d'ange blond aux yeux d'un bleu profond. Peut-être que personne ne connaissait son secret, mais lui si et cela faisait plus d'un mois que tout les vendredis soir il montait sur le toit pour admirer la petite voleuse à l’œuvre. Il était le seul à savoir qui était celle que tout le monde surnommait « L’imprenable incompréhensible ». Imprenable parce que jusque là personne n'avait jamais réussit à l'attraper ni même à l'apercevoir. Incompréhensible parce qu'elle restituait toujours son butin accompagné d'une mèche de ses cheveux. Les gardes avaient bien envoyés ses cheveux à l'expertise pour identifier la voleuse grâce à l'ADN mais celle-ci n'ayant apparemment pas de casier il était impossible de connaître son nom. La seule chose qu'ils avaient réussi à obtenir de ces mèches c'est le sexe de la personne et il était féminin.
    En même temps, qui aurait deviné l'identité de l'imprenable incompréhensible ? Elle était tellement... Surprenante et si inattendue !
    Ethan descendit du toit par les escaliers et marcha jusqu'à son appartement, se trouvant dans ce bâtiment même. Il entra sans faire aucun bruit et alla jusqu'à sa chambre, écrivit quelque chose dans un cahier et le rangea avant de s’asseoir sur son lit pour se déshabiller et se coucher. Il était minuit et demi.

    Au même moment, de l'autre côté du cente commercial, la jeune voleuse venait d'enlever son masque composé de tissu noir. Elle était assise sur son lit. La jeune fille d'environ seize ans retira l'élastique qui retenait ses cheveux pour les laisser tomber dans son dos. Ils étaient d'un magnifique châtain foncé et lui arrivaient jusqu'aux bas des reins quand elle les laissait libres. Ses yeux, eux, étaient marrons avec des reflets rouges, légèrement en amande. Elle avait la peau plutôt matte ce qui lui permettait de bronzer au lieu de prendre des coups de Soleil, un avantage certain en été.
    Mais ses yeux commençaient déjà à se fermer. Pour une fille de son âge, se coucher à cette heure n'était pas si déraisonnable que ça mais ces cambriolages lui consommaient beaucoup d'énergie, notamment les courses poursuites épuisantes ; parce que mine de rien, ils s'amélioraient ces gardiens ! Il faut dire qu'ils étaient plutôt acharné: une femme qui frappait le même jour toute les semaines à la même heure et qu'ils n'arrivaient pas à attraper ça ternissait grandement leur réputation. Alors elle posa la tête sur son oreiller et s'endormit aussitôt sous cette fatigue flagrante.
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Kisha


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MessageSujet: Re: La voleuse Mer 13 Mar - 16:26

Chapitre 2 : Quand la sonnette retentit.


    Samedi matin, dix heures : la sonnette de la maison de la jeune voleuse résonne dans toute la demeure. Mme. Delauzerne ouvrit la porte pour découvrir un jeune de garçon du même âge que sa fille, les cheveux blonds coupés très courts. Elle fit un sourire au jeune homme pour l'accueillir chaleureusement.

    -Bonjour madame, je suis désolé de vous déranger si tôt mais je suis un camarade de classe de votre fille et nous avions prévus de faire nos devoirs ensembles aujourd'hui. expliqua le jeune garçon.

    -Oh ça ne fait rien, tu es ici pour des raisons très louables, vois-tu ça fait presque une heure que je suis debout mais je ne suis même pas sûre que ma fille soit réveillée !

    Le jeune garçon dissimula un sourire en le transformant en une moue désespérée.

    -Oh madame, si cela est nécessaire je repasserais plus tard ! Je ne suis pas à une heure près, j'espérais juste que nous pourrions finir notre travail avant l'heure du déjeuner vous comprenez...

    Mme Delauzerne se rangeant du côté du garçon blond, acquiesça d'un signe de tête.

    -Je comprends parfaitement, je vais me charger de la réveiller ne t'en fais pas, elle a eu suffisamment d'heures de sommeil pour aujourd'hui je pense, et sinon elle se rattrapera demain !

    Le cri aigu de la maîtresse de maison retentit alors entre les murs.

    -Alizéééééééééééééééééée ! Debouuuuuuuuuuuuut ! Ton ami est là ! Enfin quelle idée de se lever à une heure pareille !

    On entendit alors un bruit sourd, la prénommée Alizée venait de tomber de son lit, sursautant à cause du hurlement de sa mère. Une exclamation parvint à l'oreille des deux interlocuteurs :

    -Aie ! Maman ça va pas à cause de toi je me suis assommée !

    Petit rire général au niveau de la porte d'entrée mais aucune réponse concrète. La jeune fille châtain se leva alors et marcha jusqu'à la porte d'entrée, à moitié réveillée, en pyjama et de mauvaise humeur. Néanmoins ses neurones avaient daigné s'activer et elle demanda en arrivant à la hauteur de sa mère :

    -Mais quel ami ?...

    Elle s'arrêta en voyant Ethan, ne comprenant nullement ce qu'il faisait ici. Mais celui-ci ne lui laissa pas le temps d'y réfléchir plus en détail.

    -Oh Alizée je suis vraiment désolé de t'avoir obligé à te lever mais je pensais que tu serais réveillée à cette heure là... Tu comprends je ne voulais pas rentrer tard pour pouvoir faire les tâches ménagères à la maison.

    Le discours du jeune homme avait profondément touché la mère de la jeune fille. Ceci était, bien sûr, son but premier, il ne visait qu'à manipuler l'adulte, la fille ça serait une autre histoire. Son expression montrait qu'elle ne le croyait pas une seconde.

    -Bon les enfants, je me dois de vous laisser travailler entre vous, la chambre d'Alizée est certainement assez grande pour vous deux ainsi que vos devoirs. En ce qui me concerne je dois retourner au mien, à plus tard.

    Et sur ce, elle prit congé d'eux et se retira dans sa propre chambre.

    Les yeux d'Alizée en disaient plus long que n'importe quoi d'autre sur ce qu'elle pensait et elle prit brutalement le bras du blond pour l'entraîner dans sa chambre, sans manquer de fermer la porte. Elle fixa le jeune garçon droit dans les yeux et, ne pouvant contenir sa colère plus longtemps, se mit à lui crier dessus.

    -On peut savoir ce que tu fais ?! Pourquoi est-ce que tu embobines ma mère comme ça ? Si tu voulais que je t'aide à faire tes devoirs il fallait me le dire, pas débarquer à la maison et faire l'hypocrite devant ma mère ! Après c'est moi qu'elle va engueuler avec ses airs de baronne alors ne recommence plus jamais ça !

    Elle était furieuse parce qu'elle connaissait bien sa mère et qu'elle savait que la première chose qu'elle ferait quand le garçon serait parti serait de lui rappeler à quelle heure indue elle avait eu l'intention de se lever. Mais à ce qu'elle sache, sa mère n'allait pas cambrioler la centre commercial du coin tout les vendredis soir, ne se faisait pas courser par les gardes et tout ça sans jamais se faire prendre. Évidemment sa mère n'était pas au courant de son petit jeu mais ce n'était tout de même pas une raison pour la réveiller de la sorte. Ce qu'elle pouvait être insupportable, jamais elle ne la comprendrait, elle, sa propre fille. Alizée fulminait littéralement.
    Finalement, elle se laissa brusquement tomber sur le lit en soupirant, sa colère retombant d'un coup. Elle avait le sang chaud, seule chose caractérielle qu'elle tenait de sa mère, et avait tendance à s'emporter trop vite et sans beaucoup réfléchir. Le pauvre Ethan avait du se sentir réellement agressé.

    -Désolé de m'être énervé contre toi mais je ne la supporte pas, expliqua-t-elle doucement, et puis tu n'as pas vraiment arrangé les choses.

    Ethan n'avait rien dit pendant tout son monologue et s'était contenté de l'écouter sagement.

    -Je ne pensais pas que mon petit numéro te causerais du tord... Mais ne connaissant pas ta mère, je n'étais pas sûr qu'elle me laisse rentrer.. La mienne est plutôt sur-protectrice vois-tu mais ça n'a pas l'air d'être le cas de la tienne...

    Un léger sourire apparut sur le visage de la jeune fille, effectivement le garçon n'avait pas tord.

    -Oh ça non, quand elle fera autre chose que me critiquer ça sera déjà un bon début ! Sur ce je vais te laisser deux minutes le temps que je me change dans la salle de bain.

    A ses mots elle attrapa au hasard quelques affaires dans son armoire et s’enfuit dans une pièce voisine.
    Elle reparut quelques secondes plus tard vêtu d'un simple Jean et d'un T-shirt blanc à manche longue. Ethan avait suivit ses directives et n'avait pas bougé d'un pouce ce qui lui arracha un sourire. Elle s'assit sur le lit et lui fit signe de venir se mettre à côté d'elle.

    -Je ne crois pas que ma moquette soit ce qu'il y a de plus confortable, surtout comparé à un matelas. Mais sinon... Pour quel devoir avais-tu besoin de mon aide ? C'est pour cela que tu es venu, non ?

    Un sourire mesquin apparut au coin des lèvres du jeune homme blond qui prit place sur le lit à côté de la demoiselle.

    -En fait, ce n'est pas exactement pour les devoirs que je suis venu te voir mais il me fallait bien un prétexte. Si je suis ici c'est pour te proposer un marché.

    -Quel genre de marché ? demanda la jeune fille, méfiante.

    -Je vais déjà commencer par t'informer que je connais ton secret. affirma le jeune homme.

    Cette fois, elle eut presque envie de rire à l'affirmation d'Ethan mais se retint pour ne pas l'humilier.

    -Mon secret dis-tu ? Je n'ai pas le souvenir d'en avoir un... Hum attends si c'est vrai, j'ai fait une antisèche à mon contrôle de latin, la semaine dernière. Et que veux-tu en échange de garder ce secret ultra important ? sourit-elle.

    -Tu es l'Imprenable incompréhensible. dit-il avec un ton des plus sérieux.

    -Elle est très bonne, tu en as d'autres des comme ça ? Avec les notes que je me paies en sport je ne pense pas pouvoir lui être seulement comparable ! répliqua froidement la jeune fille.

    J'ai en effet précisé plus haut qu'elle avait le sang chaud alors comment pouvait-elle réagir avec tant de tact et de retenue ? Elle s'était simplement préparée à cette question depuis des mois, pensant qu'une personne pourrait bien lui poser, plus ou moins sérieusement et qu'elle devait anticiper toutes éventualités. Finalement elle avait eu raison.

    -Ne me prends pas pour le dernier des imbéciles ! Tout le monde voit bien que tu te retiens en sport, tu rates des ballons que même le dernier incapable au monde pourrait rattraper mais par contre tu arrives à placer de magnifiques coups alors arrête un peu, tu ne trompes pas ton monde aussi facilement que tu ne le penses ! cria presque Ethan.

    -Intéressant, et même si en effet je me retenais en sport pour une raison X, qu'est-ce qui prouve que je suis la voleuse du vendredi soir ? Je suis désolé je n'aime pas cet autre surnom, il ne sonne pas bien. J'espère que tu ne te reposes pas seulement là-dessus, sinon c'est bien léger, je te pensais plus rigoureux. dit-elle d'un ton toujours aussi calme.

    Ces paroles, le jeune garçon les considérai comme des aveux. La seule chose que réclamait implicitement la jeune fille était une preuve, une simple preuve qu'elle était bien celle qu'il prétendait qu'elle était. Elle ne niait presque pas, elle lui reprochait d'apporter si peu de preuves. Elle allait voir.

    -Je t'ai reconnu Alizée ; tes yeux t'ont trahit. répondit-il simplement.

    Cette fois la jeune fille éclata littéralement de rire. Elle regarda le jeune garçon vexé comme un pou.

    -Mes yeux ? Mais t'es vraiment sérieux là ? pouffa-t-elle.

    S'en était trop pour Ethan qui ne supportait pas d'être humilié de la sorte alors qu'il savait qu'il avait raison. Il sortit donc sa preuve ultime : une photo d'elle retirant son masque en bas d'un immeuble. Il l'avait prise il y a environ un mois, lors de ses premières observations.

    -Tu mets toujours ma parole en doute, voleuse ?

    Le visage de la jeune fille se décomposa totalement avant qu'elle ne déglutisse difficilement. Ça elle ne l'avait jamais prévu... Il était vrai qu'elle avait depuis quelques temps prit l'habitude de retirer son masque qu'une fois dans sa chambre mais elle aurait du y penser plus tôt... Elle répondit au jeune homme par un simple silence lourd de sens, les yeux figés sur la photo.
    Un sourire était apparut sur son visage d'ange, un rictus de satisfaction et de domination.

    -Donc ? Tu reconnais que tu es découverte et tu acceptes la contre-partie pour que je garde le silence ? demanda-t-il.

    Son regard se durcit et elle répondit très froidement, blessée dans son estime par cette preuve et le chantage que voulait lui faire subir son camarade de classe.

    -Que veux-tu ?

    -Un rencart. répondit l'intéressé sur un ton calme et sérieux accompagné d'un petit sourire bien moins hautain que le précédent.

    -Pardon ?!

    Ce mot était sortit de la bouche de la jeune fille avec une expression de surprise et d'incompréhension totale.

    -Qu'est-ce qu'il y a ? je ne te demande pas la lune, juste un rendez-vous en tête à tête.

    -Mais... C'est juste que je suis surprise... Je ne comprends pas où tu veux en venir... geint Alizée, au bord de la panique.

    -Rien ne se cache derrière cette demande Alizée, un simple petit tête à tête, pour faire plus ample connaissance... Je ne vais pas te cacher que tu me plaies, tu es belle on ne te l'a jamais dit ? Et si tu pouvais te faire jolie pour moi aussi... Enfin juste un peu quoi... dit le jeune homme un peu plus timidement.

    Cette fois la jeune fille n'en revenait juste pas, mais alors pas du tout. C'était la seule chose qu'Ethan avait trouvé pour la draguer ? Il pensait la séduire en la faisant chanter ?! Mais il était complètement malade ! En plus il lui demandait de faire des efforts vestimentaires, en tout cas c'est comme ça qu'elle interprétait les choses... Parce qu'il fallait avouer qu'elle était quelque peu complexée par la chose. Il était vrai qu'elle ne s'habillait que rarement avec des robes ou des jupes en cours, elle préférait se fondre dans la masse, tel la voleuse qui se confondait avec le décor. Elle n'aimait pas se faire remarquer. Néanmoins elle ne se plaignait pas trop de la contre-partie du dit marché. Il aurait pu lui demander bien plus... Elle ne devait pas pousser sa chance trop loin.

    -Très bien marché conclu mais à une seule condition. répondit Alizée.

    -Il me semble que c'est moi qui pose les conditions ici, vue ma position. remarqua Ethan.

    -Tu pourrais très bien présenter une photo truquée, les autres ne te croiront pas forcément alors écoute moi bien: j'accepte seulement si tu me promets de ne rien me demander d'autre en retour. Parce que, ce que tu me fais ce n'est pas un marché mais du chantage pur et dur. répliqua-t-elle.

    -Je le reconnais, fit l'adolescent avec un sourire, je suis un vilain garçon, mais je veux juste obtenir ce que je veux. Je te promets de ne rien te demander en retour si tu viens à notre rendez-vous au restaurant italien du centre commercial, demain à midi précise.

    Alizée se pinça la lèvre avec une de ses dents. Ça ne lui laissait que peu de temps pour se préparer mais d'un côté ça serait vite finit...

    -Très bien, ça marche. répondit-elle.

    -Alors tu me raccompagnes jusqu'à ta porte ? Des fois que je me perde. demanda le garçon un sourire totalement satisfait et presque heureux sur le visage.

    La jeune fille se leva en soupirant et le guida jusqu'à l'entrée de sa demeure.

    -Voilà.

    -Alors à demain Alizée.

    -Malheureusement oui. constata-t-elle.

    -Tache d'être plus souriante que ça s'il te plaît, je te promets que tu passeras un bon moment.

    -Ce n'est pas dit que j'y arrive mais je vais essayer, salut.

    Elle referma la porte et poussa un long soupire pour évacuer son stresse. Elle détestait se faire embobiner de la sorte.

    « Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour mériter ça... »
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Kisha


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MessageSujet: Re: La voleuse Mer 13 Mar - 18:28

Chapitre 3 : Quand l'heure de demander de l'aide sonne


    Alizée passait au peigne fin son armoire mais décidément non, elle ne trouvait rien à se mettre pour demain. Sa mère, très mondaine, lui avait bien fait acheter quelques robes mais elle les trouvait affreuses, elles avaient juste été faites pour qu'elle n'éclipse pas sa mère lors des rares fêtes où la jeune fille daignait aller. Étant donné qu'elle trouvait tout les prétextes possibles et imaginables pour échapper à ce genre de sortie, elle n'avait presque jamais mit ces robes. Elle dégaina alors son portable et appela sa meilleur amie.

    -Allô. dit la personne au bout du fil.

    -Allô Agathe. répéta Alizée.

    -Oui Alizée, qu'est-ce que tu veux ? demanda la dénommée Agathe.

    -Ça te dirait de venir faire les magasins avec moi ? J'ai absolument besoin d'une robe et de maquillage. soupira la jeune victime.

    -Wahou ! Tu es entrain de me dire que tu dois te préparer pour un rendez-vous galant là ? C'est bien ça ? Mais c'est super génial ! C'est qui hein ? Un garçon de la classe ? s'extasia l'amie.

    -Agathe ! Je t'expliquerais plus tard ! Tu acceptes de venir avec moi oui ou non ?

    -Mon dieu ce que tu es rabats-joie aujourd'hui, ça ne te ressemble pas ! Mais bien sûr que je viens, par contre tu m'expliques tout en détails !

    -On verra... répondit simplement la fille châtain.

    -Aller on se retrouve où ? demanda Agathe.

    -Au centre commercial à quatorze heure ça te va ? proposa Alizée.

    -Parfait chef ! Compte sur moi !

    -Merci...

    -Mais de rien voyons, aller salut.

    -Salut.

    Les deux filles raccrochèrent et Alizée s'assit sur son lit, contemplant sa chambre. Elle avait une très grande chambre pour une fille seule. En même temps, la taille de la maison y était proportionnelle, sans compter le gigantesque jardin et tout les domestiques que ses parents payaient pour entretenir la demeure et son terrain. La jeune fille avait réussi à négocier la décoration de sa chambre, elle avait du faire des menaces mais elle avait tout de même gagné contre sa mère. Elle était donc peinte en fond blanc parsemé de motifs abstraits noirs représentants des symboles japonais, le yin et le yang, etc... Ses meubles étaient tous bleu foncé, comme son bureau et ses étagères, ou bien légèrement violet, comme son lit et son armoire. Elle s'allongea sur son lit et contempla son plafond. Elle avait fait en sorte que les couleurs de sa chambre l'apaisent et c'était réussi. Elle ferma les yeux, se calmant considérablement. Ce qui l'énervait le plus dans cette histoire c'était qu'Ethan la fasse chanter et surtout qu'il ait réussi à la photographier. Elle s'était fait prendre si facilement... Quelle idiote elle faisait ! Mais lui par contre était malin, bien trop malin. Bien qu'elle-même soit intelligente, elle ne pourrait certainement pas rivaliser avec lui. Dans quel traquenard s'était-elle fourrée ? Ethan n'avait aucun intérêt à respecter sa parole et il pourrait montrer la photo à qui il voudrait quand il voudrait... Il n'y aurait aucun intérêt mais il ne fallait pas le sous-estimer. S'il la montrait, cette photo, elle ne serait pas arrêter, on ne pouvait l'inculper de rien étant donné qu'elle restituait toujours ce qu'elle dérobait mais elle ne pourrait plus voler et ça elle ne pouvait le concevoir. Non elle n'était pas une cleptomane névrosée. Mais ses cambriolages était son seul moyen de s'échapper, d'être libérée de la vie de bourgeoise que lui imposait sa mère, de se rendre compte qu'elle pouvait avoir le dessus sur les autres au moins pendant un court instant. Non pas qu'elle soit égocentrique et qu'elle ait besoin de se sentir supérieure aux autres mais ainsi elle pouvait se conforter dans l'idée que sa mère avait tord, que dans sa vie elle pourrait faire quelque chose de bien, qu'elle n'était pas une ratée juste bonne à aller à des bals, qu'elle n'était simplement pas la copie miniature de sa mère. Sa mère, elle la détestait tellement, elle était si superficielle, si sûre d'elle, si dominatrice... Mais comment son père avait-il pu épouser une telle femme ? Jamais elle ne comprendrait. La jeune fille se sentait bien mieux aux côtés de son paternel qu'autre part ailleurs, ils se comprenaient, ils s'aimaient, ils se ressemblaient et ça suffisait à son bonheur. Lui au moins souhaitait qu'elle fasse ce qu'elle-même désirait, ce qu'elle-même choisissait mais il était rare qu'il ait le dernier mot. Néanmoins, jamais il ne donnait raison à sa mère, il se taisait et écoutait, ce qui désespérait sa fille.
    Et ce fut un nouveau soupir qui sortit de la fine bouche d'Alizée.
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MessageSujet: Re: La voleuse Mer 13 Mar - 21:52

Chapitre 4 : Quand l'heure de faire les magasins sonne


    Samedi, centre commercial, quatorze heure : Alizée arriva pile à l'heure mais Agathe, elle, était là depuis dix minutes déjà. La jeune blonde au regard vert émeraude d'une hauteur approximative d'un mètre soixante trépignait. Elle accourue vers la châtain qui la dépassait d'une demie-dizaine de centimètres.

    -T'en as mis du temps à venir ! lui reprocha la blonde.

    -Je suis à l'heure, moi. rétorqua-t-elle.

    -Oh épargne moi ta mauvaise humeur et explique moi plutôt !

    -C'est compliqué alors je vais simplifié : Je dois aller à un tête à tête avec un garçon et il faut que je fasse des efforts niveau tenue et maquillage alors j'ai besoin de tes conseils d'expertes. expliqua la petite Delauzerne.

    -Ça j'avais plus ou moins compris, figure-toi ma belle mais j'aimerais avoir les détails.

    -Impossible. répondit brièvement Alizée.

    -Dis moi au moins avec qui ! Et pourquoi tu dois ? C'est une obligation ? couina Agathe.

    -Oui c'est une obligation, je pense que tu as remarqué que je ne faisais pas ça de bon cœur mais maintenant au boulot !

    La jeune fille soupira mais acquiesça d'un signe de tête, elle avait l'habitude des sautes d'humeur de sa meilleure amie, surtout quand on la forçait à faire quelque chose. Quand sa mère lui donnait un ordre elle devenait une vraie furie et risquait de faire un carnage pour n'importe quelle contrariété de plus. Elle ne préférait donc pas faire parti de ces contrariétés là.

    -Alors en route mauvaise troupe ! lança la fille blonde.

    -C'est moi qui suis mauvaise ? demanda la voleuse avec le sourire.

    Agathe lui tira la langue et se mit à courir vers le premier magasin de vêtements du centre commercial en criant :

    -Et ouais !

    Alizée se mit à rire et s'élança à sa suite.

    -Attends un peu que je t'attrape toi !

    Elles arrivèrent toutes deux devant le magasin et y entrèrent calmement pour ne pas attirer l'attention sur elles mais sans pour autant cacher un grand sourire qui masquait un fou rire. Une fois à l'intérieur, elles fouillèrent un peu dans les robes avant que la blonde s'exclame :

    -Aller va dans la cabine, moi je t'apporte les robes et tu les essaies sans tergiverser ! Et que ça saute !

    La jeune fille voulut protester mais devant l'insistance de son amie elle se contenta de soupirer et d'entrer dans la cabine d'essayage avec les deux robes qu'elle lui tendait déjà.

    -J'espère au moins que tu sais ce que tu fais. soupira Alizée.

    -Évidemment, je te connais ma petite je sais quelles couleurs te vont ainsi que le style, aller enfile et regardes-toi dans la glace après.

    Autre soupire de la demoiselle qui s'exécuta néanmoins. Ce qu'elle pouvait détester faire des essayages, se déshabiller dans des lieux publics lui donnait des frissons, elle avait toujours peur qu'on tire le rideau de la cabine et qu'un étranger la voie en sous-vêtements. Elle se pressa donc de passer la longue robe rouge qu'Agathe lui avait donner et se regarda dans la glace après avoir ouvert le rideau.

    -Hum... Agathe pourrais-tu éviter la couleur de la luxure sur moi ?

    -Ce que tu peux être rabat-joie ! Ça ne te va pas si mal que ça, mais peut être un peu trop voyant...

    -Et un peu trop ouverte dans le dos. commenta l'intéressée.

    -Bon aller essaie la deuxième ! Celle-là est parfaite pour toi. affirma Agathe.

    -Si tu le dis...

    La jeune fille se déshabilla une nouvelle fois pour se vêtir d'une autre robe cette fois ci, elle était bleue nuit et s'arrêtait au-dessus de ses genoux. Elle tira une nouvelle fois le rideau et observa sa silhouette dans le miroir.

    -Qu'est-ce que t'en dis ? demanda Alizée.

    -Hum...Je te verrais mieux avec une robe qui descend plus bas... répondit Agathe.

    -Alors donnes-en moi une autre. commanda la fille châtain.

    -Y en a plus qui me plaise ici, changeons de magasin. expliqua la blonde.

    -Bien chef.

    Alizée repassa alors ses vêtements habituels sur son corps et sortit de la cabine, remettant les robes sur leurs cintres et les deux filles sortirent du magasin en saluant la caissière au passage. Quelques minutes plus tard elles entrèrent dans une boutique voisine et Agathe poussa sa meilleurs amie dans la cabine d'essayage.

    -Pas bouger ! je vais te chercher des robes.

    -Waf ! s'exclama Alizée en se retenant de rire.

    Une robe, deux robes, trois robes... Alizée en enfila au moins cinq avant de trouver celle qui lui convenait. Elle était noir, plutôt sobre, enfermait sa silhouette et descendait jusqu'à ses chevilles. Elle n'avait pas de manches et n'était presque pas découverte dans le dos et le décolleté n'était pas trop important non plus. Alizée remit alors la robe sur son cintre et l'emmena à la caisse. Elle paya et les deux filles sortirent du centre commercial. Alizée gardant son sac dans la main.

    -Elle n'était pas trop chère ? lui demanda Agathe.

    -Qu'est-ce que ça peut faire ? Mes parents ont bien assez d'argent pour acheter autant de robes que je veux. répondit-elle en haussant les épaules.

    Agathe lui sourit et s'arrêta au moment où elle devait se séparer.

    -Tu veux venir chez moi ? proposa la petite blonde.

    -Non désolé, il est déjà seize heure, il faut que je fasse mes devoirs je ne suis pas sûre d'avoir le temps demain. refusa Alizée.

    -OK, à lundi alors.

    -Oui à lundi.

    Sur ce les deux jeunes filles se séparèrent, rentrant chacune dans leur propre maison.
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MessageSujet: Re: La voleuse Mer 13 Mar - 22:52

Chapitre 5 : Quand l'heure du rendez-vous sonne


    Le dimanche matin dix heures : Alizée venait d'ouvrir un œil et de s'asseoir sur son lit. Son réveil affichait l'heure 10h03. Son rendez-vous était à midi, midi précise. Mais les femmes ne devaient-elles pas se faire attendre ? La jeune voleuse aurait répondu par un non catégorique, simplement parce que ce n'était pas un vrai rendez-vous galant. Ce n'était qu'une mascarade, elle n'avait pas choisit d'y aller, elle y était contrainte. Elle lâcha un soupire de plus, combien cela en faisait-il depuis le commencement de notre histoire ? Si vous voulez le savoir relisez depuis le début pour les compter ! Mais en tout cas elle ne devait pas être loin de la dizaine. Elle sentait que ce mauvais épisode de sa vie allait lui coller à la peau pendant un moment et malheureusement une bonne douche, même froide, ne pourrait pas lui enlever cette impression.
    Cette fois la jeune fille se leva et sortit de sa chambre pour aller déjeuner, ces deux parents déjà assis autour de la table.

    -Bonjour. les salua Alizée.

    -Ma fille, tu te lèves bien tard en ce moment, c'est un tord, tu le sais. remarqua la maîtresse de maison.

    -Mère quand j'aurais besoin que tu me donnes des conseils je te le dirais merci.

    -Tu sais que tu es une fille frustrante ? Tu n'acceptes aucune critique, et surtout ta mère ne peux même pas te donner de vrais conseils de mère, tu sais avec les garçons, le sexe et tout, tu n'as jamais eu de petits copains. s'offusqua la femme.

    -Ma chérie, si elle n'en a pas c'est parce qu'elle n'en veut pas. Laisse-la faire sa vie comme elle l'entend. La coupa M. Delauzerne.

    -C'est surtout parce qu'elle a un caractère de cochon oui ! Qui voudrait d'elle sérieusement ? ne manqua pas d'ajouter la mégère.

    « Y en a qui veulent tellement de moi qu'ils me font chanter pour m'avoir » Oui la jeune fille aurait adorer dire ça à sa mère, lui clouer le bec une bonne fois pour toute, mais à quoi bon ? Sa mère ne changerait pas, elle la traiterait toujours comme cela tant qu'elle ne serait pas devenue sa réplique miniature, c'est-à-dire jamais.

    -Maman, tu sais, je me pose exactement la même question à ton sujet, comment papa a-t-il pu te choisir ?

    Méchant ? Oui sûrement un peu, mais faire rager sa mère était si jouissif quand on se faisait oppresser en permanence.

    -Petite insolente ! s'exclama Mme. Delauzerne offensée.

    -Bon, j'aimerais bien manger mon petit déjeuner tranquille moi, et au fait je ne mangerais pas ici ce midi. annonça Alizée.

    -Tu aurais pu nous l'annoncer plus tôt ! cria presque la mère.

    -Désolé je ne l'ai su qu'hier et j'ai oublié. se justifia la jeune fille.

    -Ma chérie, où vas-tu mangé et avec qui ? demanda son père, intéressé.

    -Au restaurant italien du centre commercial avec des amies. répondit la jeune fille en mangeant ses céréales.

    -Oh je vois, vous vous faites une sorties entre copines ?

    -Oui c'est un peu ça. dit-elle avec le sourire.

    Elle se leva quelques minutes plus tard avant de mettre son bol dans l'évier et de s'éloigner dans le couloir. Finalement, elle n'était pas si mauvaise que ça pour mentir, surtout quand elle avait déjà préparé la réponse dans sa tête... Elle entra dans la salle de bain, se déshabilla et prit une douche tiède. Elle en sortit quelques longues minutes plus tard avant de mettre son peignoir et de se diriger vers sa chambre où elle revêtit sa longue robe noir. Elle s'assit devant son miroir et commença à se maquiller, se contentant de l'eye-liner fin et du mascara. Elle ne préféra pas mettre de rouge à lèvre, sa mère n'en avait pas d'assez discret, -parce qu'évidemment elle avait piqué le maquillage de sa mère ayant oublié d'en acheter hier- le rouge pétant ou alors le rose fuchsia, très peu pour elle. Elle finit de se préparer à onze heure trente, d'après son réveil. La jeune fille sourit alors et s'allongea sur son lit, elle ne mettait que quinze minutes grand maximum à aller au centre commercial, il lui restait tout autant de temps pour se détendre. Elle finit par se lever dix minutes plus tard avant d'enfiler ses bottines noires pour sortir de la maison discrètement afin de ne pas se faire remarquer par sa mère ou par son père, sinon son mensonge serait bien vite découvert. La prochaine étape délicate serait le retour.

    Dix minutes plus tard, elle était dans le centre commercial, plus qu'à aller jusqu'au restaurant, mais après avoir fait deux pas elle sentit une main se poser sur son épaule. Son premier réflexe fut de faire un brusque demi-tour et de lever la main, se préparant à mettre une gifle à celui qui avait osé la toucher. Mais reconnaissant la tête blonde elle avorta son geste de justesse.

    -Ethan ! Imbécile tu m'as fait peur !

    Un grand sourire apparut sur la visage du jeune homme qui ne répondit pas pour mieux la contempler. Ses yeux la détaillèrent de haut en bas avec une avidité cachée. Alizée s'empourpra soudain en sentant son regard si intense posé sur elle. Elle détourna alors la tête.

    -Ne me fixe pas comme ça, s'il te plaît... murmura la jeune fille.

    -Tu es tout simplement sublime tu sais... la complimenta-t-il.

    -Merci... Mais c'est ce que tu avais demandé non ?

    -En effet, merci d'avoir respecté ce que je t'ai demandé si scrupuleusement, tu as si peur que ça que les autres découvrent ton secret ? questionna le garçon.

    -Si par ta faute je ne peux plus voler, alors je te tuerais.

    A ces mots Ethan sourit et vient se mettre derrière elle pour souffler à son oreille.

    -Ce n'est pas la peine de te voiler la face Alizée tu n'en serais pas capable, tu es trop gentille pour ça... Mais serait-ce la seule raison pour laquelle tu aurais envie de me tuer ?

    La voleuse sentit un frisson la parcourir, et celui-ci n'était pas des plus agréables. Elle tourna légèrement la tête pour pouvoir apercevoir les yeux du jeune homme, vous savez ceux qui vous trahissent le plus souvent. Et ce qu'elle vit ne la rassura pas vraiment.

    -Arrête, j'ai faim alors on y va à ce restaurant ? fit-elle pour changer de sujet.

    -Arrêter quoi ? sourit le garçon, je ne fais rien de mal.

    Alizée se mit à marcher dans le but premier de s'éloigner d'Ethan et dans le but second d'aller jusqu'au restaurant pour enfin se remplir le ventre, parce que mine de rien la jeune fille était une affamée continuelle. Heureusement, ses petits cambriolages lui faisaient brûler ses calories. Alors qu'elle allait pousser la porte du restaurant, le jeune garçon la devança et lui ouvrit la porte en s'inclinant légèrement et sortant la phrase de circonstance :

    -Si madame veut bien se donner la peine...

    La jeune fille entra sans prononcer un mot,ne pensant même pas à complimenter le jeune homme pour son attitude de gentleman, et Ethan la suivit. Le serveur arriva vers eux.

    -Avez-vous réservé ? demanda celui-ci

    -Oui, sous le nom d'Holsan. répondit le blond.

    -Si vous voulez bien me suivre. dit le serveur en se retournant.

    Les jeunes gens lui emboîtèrent le pas et s'assirent à la table indiquée, une table carrée prévue pour deux personnes.

    -Et voici vos menus.

    -Merci bien !

    -Merci... murmura Alizée.

    Ethan leva les yeux de la carte pour admirer la jeune fille.

    -Pourquoi es-tu autant sur la défensive ?

    -J'ai horreur que l'on me force, Ethan. expliqua brièvement Alizée.

    -Si je ne l'avais pas fait comme ça tu n'aurais jamais accepté. se justifia-t-il.

    -Qui te dis ça ? demanda Alizée en levant les yeux vers lui. Je n'ai jamais dit que je ne t'aimais pas. Par contre tu es un manipulateur, donc, oui, maintenant tu peux toujours rêver. Comme toutes les filles, je n'ai aucune envie de sortir avec un garçon pour qu'il me manipule.

    -Tu penses que si tu devenais ma petite amie je te manipulerais ? tenta le garçon.

    -En effet, c'est même une certitude, tu es un enfant gâté qui obtient toujours ce qu'il veut, qu'importe les moyens. remarqua la jeune fille.

    -Tu te trompes, je ne ferais rien contre ton gré. la rassura-t-il.

    -Tu mens ou alors tu ne te rends pas compte de ce que tu fais.

    -Je ne te mens pas! Et je sais très bien ce que je fais ! s'insurgea-t-il.

    -Tu es aussi très têtu, capricieux et susceptible.

    -Et toi insultante. grogna le garçon.

    -Il ne me semble pas que ce soit moi qui te fasse chanter pour avoir un rendez-vos galant avec toi, si tu m'as mal évalué avant c'est ta faute et aussi ton problème.

    -Tu essaies de m'énerver pour que je te lâche c'est ça ? Et réponds franchement ! s'énerva Ethan.

    -Honnêtement, oui, mais ça se comprend, non ?

    -Oui, mais tu as tord de faire ça, je risque de te demander plus par la suite. la menaça-t-il.

    -Tu m'avais promis !...

    -Oui mais toi aussi respectes ta part du marché alors, et sois un peu gentille, je n'ai rien fait de méchant.

    -Tu me fais peur...

    Ses mots, la jeune fille n'avait pu les retenir et elle abaissa les yeux sur son menu immédiatement après les avoir prononcés. Peut être devait-elle se concentrer sur la nourriture plutôt que de dialoguer avec le blond, elle aurait moins mal au ventre. De son côté Ethan n'avait rien répondu et s'était contenté de la fixer. Il ne savait pas exactement pourquoi il l'avait apeuré mais ce qui était sûr c'est qu'il avait mal joué à un moment ou à un autre. Comment pourrait-il réussir à la séduire s'il l'effrayait plus qu'autre chose ? Le jeune garçon prit alors une voix douce.

    -Détends-toi Alizée, je ne te ferais rien je te le promets.

    La jeune fille le fixa alors un instant avant de redescendre ses yeux vers le menu, encore une fois, embarrassée. Heureusement pour elle, le serveur arriva pile à ce moment là avec la phrase type.

    -Vous avez choisi ?

    -Des lasagnes pour moi. commanda Alizée.

    -Pour moi ça sera une pizza quatre fromages. enchaîna Ethan.

    -Très bien.

    Le serveur reprit les cartes et se dirigea vers la cuisine. Ethan, lui, avait reprit un sourire angélique et effleura la main d'Alizée qui était sur la table. Celle-ci la retira précipitamment et se recroquevilla sur elle-même.

    -T'es pas détendue là ! lui reprocha-t-il.

    -J'y arrive pas... geint Alizée.

    -Tu veux qu'on parle de quelque chose alors ?

    -Oui...

    -Alors, depuis combien de temps exactement cambrioles-tu le centre commercial ?

    -Depuis environ deux mois. répondit-elle. A moi de te poser une question maintenant, pourquoi as-tu dit que mes yeux m'avaient trahit hier ?

    Le garçon afficha un sourire heureux en répondant à l'entente de la question de son interlocutrice. Il semblait attendre cette question depuis un certain temps.

    -Tu sais, depuis le début de l'année j'ai des vues sur toi.

    -Heureuse de le savoir. le coupa-t-elle.

    -Ne m’interromps pas s'il te plaît !

    -D'accord d'accord, continues. soupira Alizée.

    -Je disais donc que tu m'attirais depuis un moment, depuis la première fois que je t'ai vue même -je sais que tu essaies de cacher ta jolie silhouette par tes vêtements, mais tu ne pourras jamais cacher ton magnifique visage. Par conséquent, j'ai beaucoup observé tes yeux et ils ne sont pas aussi banals que tu as l'air de le penser, ils sont vraiment magnifiques. Et ton œil droit a une tâche vraiment rouge vers le centre. A partir de ce moment là j'étais sûr que c'était toi et j'ai tout fait pour en avoir une preuve.

    Alizée le regardait, presque scotchée. Jamais elle ne s'était regardé assez longtemps dans une glace pour remarquer ce détail. Mais comment avait-il pu l'observer aussi soigneusement sans qu'elle s'en aperçoive ? C'était incompréhensible pour la jeune fille qui se montrait, pourtant, souvent méfiante. Mais avant qu'elle n'ait pu répondre quoique ce soit le serveur vint leur apporter leurs commandes.

    -Bon appétit mademoiselle, monsieur.

    -Merci. répondirent en même temps Ethan et Alizée.

    La jeune fille aux cheveux châtain prit ses couverts et commença à manger en regardant discrètement le jeune homme.

    -Tu es plutôt persévérant comme garçon alors... remarqua-t-elle, le complimentant presque.

    -Oui, je voulais la preuve, je l'ai eu, tu es obligée d'admettre que je suis fort non ?

    -Hum oui, et même plus fort que ton frère j'ajouterais, profite je ne te ferais pas beaucoup de compliments.

    -Ah mon frère ! Tu sais qu'il est tout le temps ronchon à cause de toi ? Mais au moins maintenant il va à la salle de sport presque tout les jours ! lui apprit-il avec amusement. Oh ce n'est pas très gentil de pas vouloir me faire de compliments. ajouta-t-il avec des yeux de malheureux.

    -Il est ronchon par ma faute ? Oh que c'est bête, ce n'est pas ma faute s'il m'est inférieur ! En même temps, je n'ai encore trouvé aucun adversaire valable... Sauf que toi tu m'as battu.

    Elle lâcha ses couverts et lui tapota un peu le sommet de la tête.

    -Ne me fais pas ces yeux là je serais capable de craquer. se plaignit la fille.

    -Craquer comment ? Je pourrais obtenir quoi ? Au moins tu admets ta défaite !

    -Je suis têtue mais je ne peux nier que tu as réussi à prendre une photo de moi alors que les autres, dont ton propre frère, n'ont jamais pu m'attraper. admit Alizée. Ce que tu pourrais obtenir ? Ne rêve pas trop Ethan, je ne suis pas une fille facile.

    Le jeune garçon accentua encore son regard de chien battu. Alors la jeune fille sourit et se pencha pour lui faire un bisous sur le front.

    -Voilà, vilain manipulateur, mais n'espère pas plus surtout.

    Ethan reprit son air habituel auquel un grand sourire de satisfaction était venu s'ajouter.

    -Mais ça me va amplement pour le moment.

    -C'est tout ce que t'auras, même plus tard, n'espère pas que je changerais d'avis. fit Alizée, implacable.

    Le regarde amusé de la jeune fille s'était changé en un regard noir et agressif qui signifiait clairement « Pas touche ».
    Ethan ne dit rien et continua de manger tranquillement sa pizza, d'abord silencieusement.

    -Tu aimes un autre garçon ? C'est pour que tu me rejettes autant ? demanda-t-il soudainement.

    -Je t'ai déjà expliqué pourquoi je ne voulais pas de toi, soupira-t-elle, je ne suis amoureuse de personne et je ne l'ai jamais été, après je ne peux pas dire que je ne le serais jamais.

    -Tu n'arriveras pas à m'en convaincre, pour qui as-tu le béguin ? insista le garçon.

    -Ethan ! Écoute tu as de la chance que nous soyons dans un lieu public toi, tu ne peux donc pas accepter qu'une fille ne t'aime pas sans aucune autre raison? Tu ne peux pas concevoir que tu n'es pas irrésistible ? Je ne suis pas amoureuse de toi, c'est tout, un côté de toi ne me plaît pas malgré que tu sois beau et intelligent, ce que je ne nie pas alors arrête de me fatiguer !

    Le jeune garçon se mit à la fixer, l'air presque méchant. Sur le coup, Alizée détourna les yeux vers son plat de lasagnes et continua de les manger.

    -Tu ne changeras pas la vérité avec un regard. dit-elle, plus timidement.

    -Peut être mais je pourrais la déceler.

    -Je te l'ai déjà expliquée, pourquoi continues-tu à insister ?

    -Il est possible que tu te mentes à toi-même.

    -Très bien, dans ce cas bonne chance pour me comprendre, et mange ta pizza sinon je m'en charge.

    -Bien... Chef. répondit Ethan en se mettant à manger de bon cœur.

    Les deux adolescents mangèrent plus ou moins silencieusement et au bout de quelques minutes ils eurent tout deux finit et le serveur retourna les voir.

    -Je vous donne la carte des desserts. dit-il en débarrassant.

    Alizée était bien plus détendue et moins méfiante qu'en début de repas et souriait à présent à Ethan.

    -Tu veux bien admettre que tu t'es trompé sur mon compte ? demanda le jeune garçon.

    -Hum... Que j'ai un peu exagéré les choses seulement. admit-elle.

    -C'est déjà un début, mais c'est parce que j'ai fait mon petit numéro à ta mère que tu étais autant sur tes gardes ?

    -En partie, mais je ne sais pas si tu es au courant mais on est dans la même classe alors je te vois manipuler les profs' et les autres élèves. Tu arrives toujours à faire ta tête d'ange et à t'en sortir sans punition, je dois avouer que ça me dégoûte.

    -Tu es jalouse ? demanda-t-il.

    -Non, je trouve juste ça injuste envers les autres élèves qui sont bien plus innocents que toi mais se font punir quand même.

    -Peut être que l'argent de mes parents aident. réfléchit Ethan.

    -Je ne sais pas, peut être aussi.

    -Mais toi tu es une fille très sage, personne ne pourrait penser que tu es la voleuse du vendredi à minuit. dit Ethan pour détourner la conversation.

    -Je sais, j'ai l'air d'une fille sage mais même toi tu n'en sais rien finalement, tu sais que je vole mais tu sais aussi que je rends et tu ne m'as jamais vu me battre en cours ou n'importe où ailleurs.

    -Tu t'es déjà battu ? s'étonna le garçon.

    -Oui une fois.

    -Quand ? demanda Ethan intéressé.

    -L'année dernière. Je ne supporte pas que quelqu'un se fasse frapper, surtout quelqu'un que je connais et que j'apprécie, tu peux être sûr que plus personne n'a jamais retouché Agathe après ça.

    -Qui a essayé de frapper Agathe ?

    -Un garçon d'une autre classe moi je ne l'avais jamais vu avant mais à priori elle lui avait collé un râteau. expliqua Alizée.

    -Je vois, je trouve ça stupide, il ne risques pas de l'avoir s'il la frappe.

    -On est au moins d'accord sur ce point.

    Le serveur vint alors prendre la commande des desserts.

    -Qu'est-ce que vous désirez ?

    -Une crème brûlée pour moi. répondit Alizée.

    -Et un Tiramisu pour moi.

    -Très bien je vais vous apporter ça.

    Le serveur se retira, laissant les deux jeunes de nouveaux seuls. Le blond se mit à fixer Alizée avec sérieux, ce qui crispa légèrement cette dernière.

    -Qu'est-ce que tu ferais si je t'embrassais maintenant ? demanda-t-il.

    -Je t'en collerais une c'est tout. répondit sèchement l'intéressée.

    -Je n'ai vraiment aucune chance avec toi alors ?

    -Aucune. répondit-elle brièvement.

    -Dommage, j'aurais vraiment eu envie tu sais.

    -Je crois que j'avais compris. grogna Alizée.

    Le serveur vint de nouveau les interrompre, leur apportant leur desserts.

    -Voilà pour vous.

    -Merci beaucoup.

    Alizée sourit et se mit à manger sa crème brûlée de bon cœur, elle aimait tellement ça ! Ethan, lui, se mit à manger son Tiramisu avec un peu moins d'appétit que son interlocutrice.

    -Tu as encore faim ? s'étonna-t-il.

    -J'ai toujours faim ! rit la jeune fille.

    Le jeune homme sourit et ils finirent rapidement leur repas.

    -L'addition s'il vous plaît. réclama Ethan.

    -Très bien monsieur.

    Ethan paya et tout deux sortirent du restaurant en se dirigeant vers la sortie du centre commercial.

    -Je te raccompagne jusqu'à chez toi ? proposa le blond.

    -Non merci, je connais la route. refusa la jeune fille.

    -Vraiment pas ?

    -Écoute Ethan je veux rentrer incognito, mes parents pensent que j'ai été mangé avec des amies et c'est bien mieux. expliqua-t-elle.

    -Bon très bien, j'ai le droit de te faire un bisous avant qu'on se quitte alors ?

    -Si tu veux tant que tu n'espères pas que ça aille plus loin.

    -Je vais forcément espérer, Alizée.

    -Tu ne devrais pas, tu vas te faire du mal, soupira-t-elle, quoique je ne suis pas sûre qu'un mec comme toi puisse souffrir de ça.

    -Aller un bisous et je te fiche la paix, promis.

    -Très bien. répondit-elle en tendant sa joue.

    Le garçon lui fit un gros bisous et en profita pour la prendre dans ses bras.

    -Ethan !

    -Juste un câlin.

    -Tu avais promis... soupira Alizée.

    -Je sais, pardon.

    Ethan la serra un peu plus fort mais celle-ci se laissa faire gentiment en levant les yeux vers lui.

    -Arrête... murmura-t-elle presque désespérément.

    Le jeune homme soupira mais la lâcha et s'éloigna lentement vers chez lui. Alizée, elle, rentra chez elle discrètement comme prévue et se changea une fois dans sa chambre.
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MessageSujet: Re: La voleuse Jeu 14 Mar - 10:20

C'est bien j'adore ton texte Very Happy

Tu es courageuse pour ecrire tout cela Kimi Razz
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MessageSujet: Re: La voleuse Jeu 14 Mar - 11:53

Merci beaucoup Pinky ♥
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MessageSujet: Re: La voleuse Jeu 14 Mar - 11:54

Chapitre 6 : Quand sept heure sonne le lundi matin


    Le bruit d 'un réveil, un bras qui sort de sous une couette pour s'abattre sur la source de ce bruit. La jeune fille à qui appartenait le bras s'assit sur son lit et s'étira. Elle se leva pour aller chercher ses affaires dans son armoire et les enfila en quelques minutes. Ensuite, elle se mit à marcher vers la salle à manger pour prendre son petit déjeuner. Elle prit place sur la première chaise venue, se servit et engloutit son premier repas de la journée sous les yeux de ses parents mangeant les leurs.

    -Bien dormi ma puce ? demanda son père.

    -Hum oui mais mon réveil a sonné trop tôt ! répondit celle-ci

    -Tu n'as qu'à te coucher plus tôt au lieu d'aller à des rendez-vous avec tes amis le midi ! grogna sa mère.

    -Mère je t'ai déjà dit que je ne voulais pas de tes conseils alors lâche moi ! Je fais ce qu'il me plaît de faire point ! Et je ne me suis même pas couchée tard de toutes façons.

    -En effet tu es une grosse paresseuse tu pourrais te coucher à huit heure que tu te lèverais quand même à onze. remarqua sa mère.

    Alizée soupira et se leva pour débarrasser son petit déjeuner. Elle retourna dans sa chambre et commença à se coiffer puis s'attacha les cheveux en une queue de cheval haute avant de vérifier son cartable. Quelques minutes plus tard, elle était sorti de sa demeure, saluant vaguement ses parents au passage.

    Le lycée était plus loin de chez la jeune fille que le centre commercial, elle prenait une vingtaine de minutes à aller jusque là-bas à pied. Elle n'était donc pas externe et mangeait à la cantine tout les jours. Cela évitait au moins qu'elle voit sa mère, qui ne travaillait pas le midi, pour elle c'était une bonne chose.
    Elle marchait à son rythme habituel, c'est-à-dire d'un pas normal, pas trop rapide à cause de son cartable mais pas lent non plus. Au bout d'un moment elle croisa Agathe, ce qui arrivait tout les matins. Les deux filles se rejoignirent et mirent à parler comme à leur habitude.

    -Tu ne veux toujours pas me dire qui était ton rendez-vous ? demanda Agathe.

    -Non, aucune envie, surtout que ça ne devrait plus se reproduire alors oublies.

    -Dommage... Mais je n'ai jamais comprit pourquoi tu ne voulais pas de petits copains... Tu pourrais t'en faire un super facilement tu sais ! remarqua-t-elle.

    -Si j'en avais un j'aurais l'impression d'être moins libre tu comprends... Et puis je n'ai aucune garçon en vue, il n'y en a aucun que j'apprécie particulièrement... expliqua la châtain.

    Agathe était vraiment la seule avec qui Alizée pouvait parler de cela sans s'énerver. Elle savait qu'elle était une véritable amie et qu'elle était franche avec elle. C'est de ça qu'avait besoin la voleuse, d'une amie franche, pas d'un petit copain lui retirant toute liberté.

    -Je comprends, alors on reste inséparables ? Pas d'obstacles entre nous en vue ? Même si ça serait pour ton bien...

    -T'as pas à t’inquiéter ! On restera toujours toutes les deux ça c'est sûr ! Mais dis moi, toi tu n'as aucun mec non plus... fit malicieusement remarquer la jeune fille aux yeux marrons.

    -Euh je sais... rougit la blondinette.

    -Et tu en as un en vue ? Tu sais bien que si c'est oui je ne le répéterais pas. assura Alizée.

    -Eh bien pour être honnête si...

    -C'est qui ?! C'est qui ?! demanda-t-elle toute excitée.

    -Ethan...

    Sur le coup Alizée blêmit, on aurait pu croire qu'elle était malade tellement elle était devenue pâle. Elle s'arrêta quelques secondes pour souffler.

    -Alizée ? Ça ne va pas ? Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta Agathe.

    -Agathe, tu ne devrais pas.. Qu'est-ce que tu lui trouves ? demanda-t-elle avec difficulté.

    -Arrête il est super beau ! Et puis trop intelligent ! Franchement, qu'est-ce qu'on pourrait ne pas lui trouver ?

    -C'est un manipulateur, oublie-le Agathe, ça risque de mal finir... conseilla Alizée.

    -Quoi ? Tu veux que je laisse tomber ? Pourtant c'est toi qui dit qu'on ne doit pas baisser les bras, et en plus tu l'insultes derrière son dos ! Tu n'es pas comme ça normalement Alizée... Oh mais ça y est je comprends ! Tu veux le garder pour toi, tu m'as menti t'es amoureuse de lui et tu veux pas que j'ai une seule chance avec lui ! Je ne te pensais pas comme ça, tu es horrible tu ne veux pas que je sois heureuse !

    La voix d'Agathe allait crescendo, à la fin elle hurlait, un passant aurait facilement dit qu'elle était hors d'elle. La jeune fille aux regard émeraude fit soudain volte-face et se mit à courir le plus vite qu'elle pût vers le lycée sans attendre aucune autre explications.

    -Attends ! cria Alizée, mais ce fut en vain.

    La jeune fille soupira et se remit à marcher vers le lycée, détruite intérieurement par la première dispute de leur amitié... C'est terne et déprimée qu'elle franchit la grande grille de l'établissement.
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MessageSujet: Re: La voleuse Jeu 14 Mar - 16:58

Chapitre 7 : Quand l'heure de commencer les cours sonne.


    La sonnerie retentit et immédiatement Alizée se mit en marche vers sa salle de maths, la numéro 205, la cinquième salle du deuxième étage de l'établissement. Elle arriva rapidement à ce deuxième étage, après avoir monté les deux escaliers ce qui faisait faire un peu de sport le matin en première heure. Quelques instants plus tard, une nouvelle sonnerie retentit. Le professeur, un homme grand aux cheveux blancs, arriva devant la porte. La jeune fille, qui était alors la première du rang d'adolescent, se tourna pour voir Agathe, tout à la fin de celui-ci, et Ethan juste derrière elle. Elle retourna alors soudainement la tête et emboîta la pas du prof', ils entrèrent tous dans la salle et prirent place comme d'habitude, sauf que cette fois Agathe se mit à l'opposé de là où s'était installée Alizée ce qui eut pour effet de faire soupirer la jeune fille, une fois de plus. Comment pouvaient-elles s'être disputer pour une bêtise pareille ? Ce n'était qu'un quiproquo... Vraiment l'amour rendait aveugle... Elle avait cette chance de ne pas être amoureuse. Elle avait cette malchance d'avoir au moins un admirateur. Elle décida alors de fixer la tableau et de se concentrer sur le cours pour oublier tout ça, les mathématiques et leur complexité devrait bien faire l'affaire.
    Après les deux heures de maths du lundi matin, place à la récréation, moment de détente, de jeux, de cris etc... Tout ce que des adolescents pouvaient bien faire quand ils étaient lâchés quoi. Oui les jeunes de leur âge étaient des fauves, il n'y avait aucun doute à avoir là-dessus. D'habitude Alizée rigolait avec Agathe mais aujourd'hui ça ne serait sûrement pas le cas. Elle s'assit dans un coin de la cours et se contenta d'observer le reste des élèves qui s'ébattaient gaiement. Elle ferma quelques instants les yeux, espérant avoir la paix. Dommage que les récréations soient aussi courtes car la cloche sonna et les élèves durent se mettre face à leur salle habituelle. Leur professeur de français, une blonde aux yeux bleu qui mesurait environ un mètre soixante-dix, vint leur ouvrir leur salle 109 et les fit entrer après quelques minutes d'attente. Agathe restait dans son coin et Alizée dans le sien. L'adulte commença son cours :

    -Alors je vais vous donner un travail à faire en binôme aujourd'hui.

    -Un exposé madame ? Mais ça va être super dur ! se plaignit Tom, un élève de la lasse.

    -C'est bien pour ça que je vous dit de le faire à deux et que je vous donne une semaine ! Mais avant de faire vos groupes écoutez moi au moins.

    -Oui madame... répondit la classe en chœur.

    -Alors vous allez devoir me faire un exposé que vous présenterez à l'oral pendant environ dix minutes sur un auteur tiré au choix.

    Grand soupir dans la classe, la hantise de l'orale était la même pour la plupart des élèves. Et puis les grands auteurs qu'on étudiait en cours étaient rarement les idoles des adolescents.

    -Aller, je sais que vous n'attendez que ça, vous pouvez vous mettre en groupe. les incita leur professeur.

    Alizée jeta alors un regard désespéré vers Agathe mais celle-ci se contenta de détourner la tête et de chercher quelqu'un d'autre du regard. Si Alizée ne pouvait pas se mettre avec son amie, alors autant qu'elle f asse ce maudit exposé toute seule, tant pis. Malheureusement, un certain garçon n'en avait pas décidé ainsi. Alors que la jeune fille continuait de fixer Agathe, elle sentit une main se poser sur son épaule ce qui la fit sursauter. Ethan la regardait, tout sourire.

    -Alors tu ne te mets pas avec Agathe ? demanda-t-il.

    -Oh toi, fous moi la paix, va avec tes copains. le rembarra la jeune fille.

    -Si je me mets en groupe avec un de mes copains j'aurais une nettement moins bonne note, sauf si je fais tout moi-même. lui exposa le garçon.

    -Mais mon cher Ethan, ce n'est point mon problème il me semble. répondit simplement Alizée.

    -Aller, fais pas ta mauvaise tête, toi aussi t'es toute seule, alors viens on se met ensemble, c'est juste professionnel non ?

    -Pour moi oui, mais je suis pas sûre que ça soit le cas pour toi.

    -Tu as peur de moi ? demanda-t-il en souriant étrangement.

    -Ne te surestime pas ! Non je n'ai pas peur de toi, abruti ! C'est juste que j’ai peur qu'on n'avance pas beaucoup. dit Alizée, excédée.

    -Si je te promets de bien travailler et de pas en profiter ? proposa le jeune garçon.

    -Et qu'est-ce que tu risques à ne pas tenir ta promesse ? fit remarquer Alizée.

    -Bonne question, et bien ça ne serait pas dans mon intérêt parce que je serais sûr de te perdre, ça te va ? Répondit-il

    -Je ne suis pas à toi, tu ne m'as pas, mais si à ton sens c'est une assez bonne raison pour tenir ta promesse d'accord... Mais au moindre problème je te tue, compris ?

    -Mais oui, choupinette. dit-il en se retenant de rire.

    -Commence à m'appeler comme ça tu vas voir ! s'emporta-t-elle.

    -Bon d'accord, j'arrête de t'embêter, affirma-t-il en s'asseyant à côté d'elle, tu veux que j'aille tirer notre auteur ?

    -Oui vas-y.

    -Très bien. dit le jeune garçon en se levant.

    La petite voleuse croisa alors ses bras sur la table et soupira. Si elle avait refuser plus longtemps ce n'était pas parce qu'elle avait peur que son binôme ne travaille pas sérieusement, elle n'en était pas à une note près et Ethan était plutôt du genre sérieux ; ce n'était pas non plus parce qu'elle pensait que celui-ci en profiterait pour trouver ses faiblesses et continuerait d'insister pour qu'ils sortent ensemble, elle savait ce défendre ; c'était surtout pour Agathe... Au moment où ses pensées convergèrent vers elle, Alizée releva la tête et vit le regard accusateur que celle-ci lui lançait. Pas la peine de se demander pourquoi ce regard si méchant, c'était une évidence, elle était amoureuse d'Ethan, elle la soupçonnait de l'être aussi et de vouloir éloigner le garçon d'elle et au final ils faisaient un exposé ensemble. La jeune fille châtain se mordit la lèvre, elle s'embourbait de plus en plus dans la haine de sa meilleur amie. Comment lui expliquer tout ça après ? Elle ne pouvait pas lui dire que son rendez-vous avait été avec Ethan, que celui-ci l'avait fait chanter parce qu'il avait une photo compromettante d'elle, elle ne pouvait simplement pas lui dire qu'elle était une voleuse... C'était un véritable cercle vicieux pour la jeune fille. Elle avait toujours voulu garder ce petit secret pour elle, bien qu'elle ne veuille rien cacher à sa meilleure amie. Malheureusement Ethan l'avait découvert, elle sentait qu'elle ne pourrait plus être tranquille comme avant...
    Elle ne put pas méditer plus longtemps, Ethan revenait pour lui annoncer le résultat du tirage.

    -Victor Hugo ! cria le jeune garçon blond.

    -OK... se contenta de répondre Alizée.

    -Maintenant, repassons aux cours. annonça la prof'.

    Et tout le monde se remit au travail, la journée continua tranquillement son cours comme elle avait commencé et Alizée n'attendait qu'une seule chose, qu'elle se termine.
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MessageSujet: Re: La voleuse Jeu 14 Mar - 18:41

Chapitre 8 : Quand la fin des cours sonne


    Enfin, la sonnerie retentit et le cours de Sciences et Vie de la Terre le plus long qu'Alizée n'avait jamais vu s'acheva. Bien qu'il eut la même longueur que les précédents, la jeune fille trouvait l'attente insoutenable. Elle voulait s'évader, courir, partir, voler...
    Alors qu'elle rangeait en vitesse ses affaires, Ethan l'aborda.

    -Alizée, tu viens à la maison pour qu'on fasse l'exposé de français ? demanda-t-il.

    -Euh... D'accord, plus vite ça sera fait plus vite j'aurais la paix. remarqua-t-elle.

    -C'est une telle torture de me fréquenter ? questionna-t-il.

    Alizée ne répondit que par un soupir et mit son sac sur son dos.

    -Aller on y va, je te suis je ne sais pas exactement où tu habites moi. dit-elle.

    -Très bien, très bien, ne me stress pas comme ça voyons !

    -Toi stressé ? Tu rigoles ! Quand je te verrais stresser, je changerais d'opinion sur toi. commenta la jeune fille.

    Ethan et elle sortirent donc ensemble de l'établissement et marchèrent tranquillement, et silencieusement, jusqu'à l'immeuble des Holsan. Le jeune garçon aux cheveux blond ouvrit la porte à la demoiselle et celle-ci pénétra dans l'appartement. Elle le trouvait spacieux, joliment et simplement décoré, elle aimait beaucoup. Mais quelque chose vint la couper dans sa contemplation du lieu... Elle se sentit soulever de terre et se mit à crier, s'agitant dans tout les sens.

    -Stop, stop ! Lâche moi de suite ! Cria Alizée.

    Le jeune homme brun rit et la posa terre, laissant ses bras autour de sa taille pour ne pas qu'elle s'échappe. Mais la jeune fille continuait de se débattre avant de fixer le jeune garçon dans ses yeux bleus-gris.

    -Alex ! Cria-t-elle.

    Il éclata alors de rire et la serra contre lui sans qu'elle oppose de résistance.

    -Ba oui c'est moi, tu pourrais voir à qui tu as à faire avant de t'énerver comme ça, mais t'es tellement mignonne quand tu t'énerves. remarqua-t-il.

    -Mais c'est toi qui me prend pas surprise ! rougit-elle est cachant son visage dans ses mains, mais euh ! Dis pas ça...

    Le garçon de grande taille sourit, lui faisant un gros câlin.

    -Aller, sois pas timide ma bagarreuse préférée, tu sais bien que je te taquine.

    Alizée lui tira alors la langue avant de lui faire un gros bisous sur la joue.

    -Peut être mais toi tu es vilain, mon sauveur. couina-t-elle.

    Le jeune homme, par lequel Alizée venait juste de sa faire agresser, était Alexandre Holsan. Le garçon était gardien de nuit au contre commercial. Il venait d'avoir ses dix-huit ans, mesurait un mètre quatre-vingt-dix pour soixante-quinze kilos. Il était brun et ses yeux étaient bleu gris avec une pointe de marron qui venait s'enrouler autour de sa pupille, ce qui était plus visible sur l’œil gauche que sur le droit. Mais une voix lugubre vint interrompre leurs joyeuses retrouvailles.

    -Vous vous connaissez ? demanda lentement mais sombrement Ethan.

    Ces paroles firent frissonner la jeune fille qui se blottit un peu plus contre le beau brun. Avaient-ils réveillé le tigre en chahutant de la sorte ?

    -Bien sûr, répondit immédiatement Alexandre, depuis l'année dernière.

    -Ah bon ? Et dans quelles circonstances ? s'étonna-t-il.

    -Tu te souviens quand je t'ai parlé de la fois où je me suis battue... commença Alizée.

    -Le moment où tu t'es battu contre un garçon pour aider Agathe ? se rappela-t-il alors.

    -Oui... répondit-elle, évasivement.

    -Contre une garçon ? Non mais tu rigoles ! Ils étaient cinq ! s'écria-t-il.

    Ethan fit alors des yeux ronds en les observant tout les deux.

    -Tu as réussi à envoyer cinq mecs au tapis ? demanda-t-il, surpris.

    -En fait... commença Alizée la tête basse.

    -En fait elle a surtout faillit morfler et donc je suis venu à la rescousse. acheva Alexandre.

    Alizée regarda le garçon avec un mine boudeuse.

    -C'est pas ma faute s'ils étaient armés et pas moi ! C'était pas du jeu ! couina-t-elle.

    -Ils étaient armés ? articula Ethan, estomaqué.

    Mais déjà l’aîné de la pièce n'écoutait plus son frère et bien au contraire reprit la jeune fille dans ses bras pour la taquiner.

    -C'est pas très gentil de me regarder comme ça, je t'ai aidé moi ! Tu faisais pas le poids, mais c'est pas grave . dit Alexandre.

    -Mais on dirait que tu me fais passer pour une incapable après ! Ma fierté de guerrière en prend un coup ! plaisanta-t-elle à moitié.

    Le garçon rit et lui fit un bisous sur la joue comme pour la consoler.

    -Ma pauvre chérie va, mais t'inquiète pas, Super Guerrier Alex sera toujours là pour te sauver !

    -Mais je peux me débrouiller toute seule ! grogna-t-elle.

    Intérieurement, Ethan bouillonnait. Comment pouvaient-ils l'ignorer ainsi ? Comment son frère pouvait-il se comporter comme ça avec une fille ? Lui qui n'en avait jamais ramené une à la maison ! Comment pouvait-il seulement essayer de lui piquer Alizée ? Il n'avait même pas son âge, il était bien trop vieux pour elle. Deux ans de plus c'était déjà deux de trop. Ils avaient l'air de tellement bien se connaître et se comprendre qu'il allait devenir dingue. Alex l'avait sauver une fois ? Soit, il ferait de même si c'était ce qu'il fallait faire pour la conquérir. C'est lui qui l'aurait et personne d'autre, pas son propre frère, pas un total inconnu, juste personne, juste lui. Il ne laisserait aucun autre la toucher à partir de maintenant. Alors, il saisit plutôt brutalement le poignée de la jeune fille et ajouta d'un voix sèche :

    -On est là pour bosser pas pour glander, ramène-toi. Et toi Alex tu devrais te reposer, tu bosses cette nuit.

    Il entraîna rapidement Alizée vers le bout de l'appartement où se trouvait sa chambre sans plus jeter un regard derrière lui. Il ouvrit enfin une porte brune et la claqua derrière eux avant de s’asseoir sur le lit et de finalement lâcher la main de la belle en soupirant.
    Alizée se retourna et envoya à Ethan un regard noir destiné à lui aller en plein cœur.

    -Mais c'est quoi ton problème ? s'écria-t-elle, tu m'as fais mal ! Et en plus je n'ai pas pu dire au revoir à ton frère, on peut savoir ce qui t'as prit d'un coup ? Tu supportes pas de ne pas être le centre de l'attention c'est ça ?

    Le jeune garçon blond ne lui répondit tout d'abord que part un regard blasé face à sa colère.

    -Qu'est-ce que tu as à crier comme ça ? On dirait qu'il te plaît mon frangin.

    Le regard de la jeune fille ne fit que s'obscurcir davantage face à sa réponse.

    -Toi alors... C'est pour ça que tu nous as séparer ? Parce que tu pensais que j'étais amoureuse de lui et que ça te rendait malade ? Eh bien pour ta gouverne non je ne suis pas amoureuse de lui et d'aucun autre d'ailleurs ! Alors ta jalousie tu peux te la mettre où je pense ! Surtout qu'elle ne t’amènera à rien sauf à mon mépris.

    Alors il ne pourrait pas l'avoir comme ça ? C'est ça qu'elle essayait de lui expliquer ? Dans ce cas un changement de méthode s'imposait, bien que celui-ci soit vraiment radical. Le garçon se leva pour être à une hauteur à peu près égal de la jeune fille et se pencha doucement en avant pour déposer ses lèvres sur les siennes.

    -Et comme ça je gagne quoi ?

    Pendant la minute qui suivit Alizée ne réagit pas, elle était comme figée, interdite. Il avait osé... Mais comment autant de colère pouvait-elle retombée en si peu de temps ? Comment pouvait-elle ne pas lui vouloir encore plus ? Pourquoi sa main refusait-elle de lui mettre une claque mémorable ? Non elle ne pouvait simplement pas bouger... Pas pendant cette minute. Enfin son corps réagit, lentement mais sûrement, et ses yeux se levèrent vers les siens. Ils semblaient demander pourquoi, pourquoi ce baiser, pourquoi ce risque. Mais aussi pourquoi n'était-elle plus en colère... Elle finit par se laisser tomber sur le lit, son regard fixé sur le sol.

    -Tu m'avais promis...

    Et ce fut les seuls mots qui purent sortir de sa bouche pendant l'instant qui suivit.
    Ethan s'assit alors à côté d'elle et lui caressa les cheveux.

    -Pardon Alizée... Mais tu peux pas savoir à quel point c'est dur de résister...

    Les yeux de la jeune fille s'embuèrent petit à petit et bientôt elle finit par éclater en sanglot.

    -Quand est-ce que tu vas comprendre que je ne suis pas amoureuse de toi ?! Je t'en supplie laisse moi tranquille, je n'en peux plus...

    Ethan s'assit alors aux côtés de la jeune fille et la serra dans ses bras pour la consoler.

    -Oh non ne pleure pas, je ferais n'importe quoi mais ne pleure pas à cause de moi... Pardon, Alizée... Je t'aime...

    La jeune fille aurait dû répondre « pas moi ». Ses mots auraient dû être durs, tranchants, secs... Elle aurait dû s'éloigner de lui mais elle n'en fit rien. Elle était tellement déboussolée qu'elle se contenta d'enfouir sa tête dans les bras du jeune homme. Il la déstabilisait tellement... Comment pouvait-elle un jour espérer avoir la paix dans ses conditions ? Au bout de quelques minutes la jeune fille finit par se calmer et s’allongea sur le lit, observant le plafond. Malheureusement ce n'était pas sa chambre et le plafond ne l'apaisait pas. Ethan se mit alors à côté d'elle mais sans la toucher, ne voulant pas la perturber davantage. La jeune fille continuait d'observer le plafond comme si c'était le ciel, malheureusement elle ne pouvait pas s'envoler. Voyant qu'il ne pourrait certainement rien obtenir d'elle cette fois ci, même pas un mot, il alluma son ordinateur et sortit une feuille de brouillon, se mettant en tête de commencer l'exposé. Après tout, ils étaient venu chez lui pour ça, en tout cas, c'était le but premier des choses. Une semaine, ce n'était pas si long pour faire un exposé quand on s'appliquait. Pendant que son ordinateur se mettait en route il tourna la tête vers la jeune fille qui n'avait changé ni de position ni d'attitude. La jeune garçon blond soupira, pour une fois il pouvait admettre qu'il avait eu tord...
    Alors que le cadet Holsan faisait les recherches nécessaires, Alizée finit par s'asseoir en tailleur sur le lit, observant le jeune garçon.

    -Tu as trouvé quelque chose d'intéressant ? demanda-t-elle.

    -Wikipédia n'est-il pas le Dieu des exposés ? répondit-il.

    -Il paraît, si... Il faudrait faire un biographie, une bibliographie et présenter un de ses livres en particulier, tu ne penses pas ? proposa-t-elle.

    -Hum oui c'est une bonne idée, tu connais un livre de lui à présenter alors ? questionna-t-il.

    -Les Misérables ? C'est un livre connu et si t'as la flemme de le lire tu peux toujours regarder le film. expliqua-t-elle.

    Un sourire apparut alors sur les lèvres du jeune garçon.

    -Tu veux qu'on le regarde ensemble demain ? On finit à quatorze heure trente, on devrait avoir le temps.

    La jeune fille châtain hésita quelques instants, son sourire ne lui disait rien de bon, elle était sûre qu'il allait encore en profiter...

    -Je ne sais pas. répondit-elle.

    -Aller ! T'as peur de quoi ? demanda-t-il.

    -Au risque de te flatter, de toi. soupira-t-elle.

    Il se leva alors et vint s'asseoir à côté de la jeune fille.

    -Alizée... Je te promets de ne pas recommencer. lui dit-il.

    -J'ai bien vu ce que donnait ta parole. grogna-t-elle.

    Le jeune garçon baissa alors la tête avant de répondre sombrement.

    -Tu m'en veux toujours alors ?

    -Je préfère ne pas y penser. expliqua-t-elle.

    -Je ne suis pas assez stupide pour faire deux fois la même erreur. De toutes façons tu l'as dit toi-même, tu sais te défendre... Alors au pire tu me repousseras... Tu sais que ça me ferait vraiment mal de savoir que t'es fâchée contre moi et que tu ne veuilles plus me voir...

    Alizée baissa la tête et se recroquevilla un peu sur elle-même, réfléchissant aux paroles du jeune garçon.

    -Ça sera ta dernière chance. décida-t-elle.

    -Merci ! s'écria-t-il tout sourire.

    Alizée sourit et lui fit un bisous sur la joue avant de se lever et de se diriger vers la porte.

    -Aller on se voit demain alors. dit-elle.

    -En effet, répondit le garçon, permets-moi de te raccompagner jusqu'à la porte.

    Alizée rit mais le laissa faire.

    -Tu as peur que je me perde ou que je tombe sur ton frère ?

    -Aucun des deux. grogna-t-il

    -Menteur. l'accusa la jeune fille, souriante.

    Ethan ne répondit pas et ouvrit la porte à la place. Une fois arrivés à l'entrée de l'appartement, il glissa trois mots dans l'oreille de la jeune fille.

    -Et toi tu mentirais si tu disais que je ne te plaisais pas. Murmura-t-il.

    Alizée ne répondit pas et se contenta de lui sourire.

    -A demain Ethan, je commence à faire quelques recherches de mon côté.

    Elle franchit alors la porte et retourna chez elle.
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MessageSujet: Re: La voleuse Jeu 14 Mar - 19:12

Chapitre 9 : Quand l'heure du repas sonne


    Alizée après avoir finit ses devoirs dans sa chambre s'installa sur un fauteuil devant la télévision et se mit à zapper pour trouver une émission intéressante. Alors qu'elle s'était rabattu sur la 18 pour regarder des dessins animés, sa mère entra dans la pièce accompagnée d'un long soupire.

    -Ma fille, tu ne cesses de me décevoir. dit la femme.

    La jeune fille leva alors les yeux vers sa mère, retenant elle-même un soupire pour ne pas faire comme sa génitrice, lui ressembler la rendait malade.

    -Il ne fallait pas me concevoir mère. répondit-elle.

    Pour elle « maman » était bien trop affectif, pour une femme comme elle qui ne s'occupait que bien peu de sa fille et jamais en bien.

    -Ou alors ne pas te choisir.

    Ce murmure fut presque imperceptible par la jeune fille mais celle-ci avait l'oreille exercée et tourna vivement la tête.

    -Malheureusement pour toi on ne choisit pas ses enfants. rétorqua Alizée,

    -On ne sait surtout pas comment ils vont tourner, sinon l'avortement serait bien plus répandu.

    La jeune fille châtain eut une grimace dégoûtée. Mais quelle horreur de penser à avorter d'un enfant s'il n'était pas parfait ! Sa mère était donc si mauvaise que cela ? Mais Alizée ne savait pas encore à quel point elle l'était. La mère prit alors la télécommande et changea de chaîne pour passer sur la un.

    -T'es bien gentille ma fille mais moi j'ai besoin des Informations.

    Oh non, drames, catastrophes naturelles, assassinats... Voilà ce qu'on entendait au journal télévisé ! Ce dont Alizée se serait bien passé. Sa mère était bien suffisante comme cataclysme. Alors que la jeune fille s'était allongée sur le canapé pour somnoler avant de manger, quelques mots parvinrent à ses oreilles et la firent tilter.

    « Aujourd'hui un vole a été commis un centre commercial d'une banlieue parisienne. Des bijoux d'une grande valeur ont été dérobés sans qu'aucune alarme ne se déclenche et qu'aucun gardien ne soit alerté en plein jour. Ce centre commercial a l'habitude de subir des voles mais les objets sont toujours restitués, accompagnés d'une mèche de cheveux de la Voleuse en question. La voleuse aurait-elle finalement changé de façon de faire ? Aurait-elle besoin de cet argent ? Ou alors s'agirait-il d'un tout autre cambrioleur ? En effet, le mode de procédure est très différent. Le vole ne s'est pas passé le même jour, à la même heure et donc dans des conditions très différentes. Mais peut être est-ce simplement pour brouiller les pistes... »

    Malheureusement, la mégère coupa la jeune fille dans l'écoute du journal.

    -A table ! Arrête de traîner devant la télé à la fin Alizée.

    Des fois la jeune fille bénissait la ciel d'avoir un nom mélodieux, il adoucissait les paroles et les critiques de sa mère lui étant adressées. Elle se leva donc et s'assit sur une de leur chaise en bois, autour de la table. Son père, tout juste rentré du travail, lui adressa un grand sourire.

    -Bonjour ma fille, alors ta journée s'est bien passée ? l'interrogea-t-il.

    -Hum ça va oui. répondit-elle.

    Elle aurait bien raconté ce qu'elle avait fait pendant sa journée du lundi plus en détail à son père mais devant sa mère il n'en était pas question.

    -Elle paraissait devant la télé. les interrompit la maîtresse de maison.

    Cette remarque ne fut relevée ni par la père ni par la fille qui se mirent simplement à manger en silence devant la mine coléreuse de la mère n'aimant pas être ignorée.
    Quelque chose préoccupait Alizée et elle commença à y réfléchir pendant le repas. Elle connaissait la réponse à la question du journal. Les deux voleurs du centre commercial étaient différents, totalement différents. Elle était bien placée pour le savoir, non ? Voyant son inattention flagrante, Mme. Delauzerne en profita pour piquer le dos de la main de la jeune fille avec sa fourchette. Mais Alizé était vive et avait vu la fourchette fuser dans sa direction avant qu'elle ne la touche. Elle enleva donc rapidement sa main et regarda sa mère avec haine sans pour autant prononcer un mot. Mme. Delauzerne prit exactement la même attitude que sa fille et replongea son nez dans son assiette. M. Delauzerne, en parfait spectateur se contenta de pousser un soupir. Alizée finit promptement son assiette et sortit de table tout aussi vite avant de retourner dans sa chambre. La seule pièce de cette maison où elle se sentait bien parce que son affreuse mère n'avait pas le droit d'y rentrer.
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MessageSujet: Re: La voleuse Jeu 14 Mar - 19:36

Chapitre 10 : Quand l'heure de voir un film entre amis sonne


    Le mardi matin se déroula normalement, Agathe faisait toujours la tête à Alizée qui a bien des reprises avait essayer de renouer leurs liens. Malheureusement, elle s'était un peu rapprochée d'Ethan et Agathe l'avait appris, ou remarqué, enfin qu'importe, elle le savait. Ceci ne facilitait donc pas le contact. Mais Alizée avait décidé qu'elle ne lui courrait plus après. Si jamais elle revenait vers elle, elle serait heureuse de faire comme si rien ne s'était passé. Même si la jeune fille avait une certaine fierté, elle préférait de loin son amitié avec Agathe à celle-ci. Et Ethan dans tout ça ? A l'origine il n'était qu'un maître chanteur, maintenant il n'était qu'un gêneur. Enfin non, même si Alizée voulait par moment s'en convaincre, il n'était pas qu'un gêneur. Il était aussi devenu son ami, ou presque. Elle le trouvait gentil, bien que manipulateur. Et puis de toutes façons, ils avaient un exposé à faire ensemble alors elle se devait de le supporter. Enfin, la jeune fille pouvait bien penser ce qu'elle voulait mais pourtant elle aimait bien le petit Holsan et appréciait même sa compagnie bien qu'elle se refusait à l'avouer.

    La cloche qui signalait la fin des cours à la Première Trois venait de retentir. Les lycéens rangèrent alors leurs affaires bruyamment avant de quitter l'établissement, le plus rapidement possiblement. Alizée rejoignit donc Ethan dés la sortie.

    -J'ai ramené le film, on peut aller directement chez toi. sourit la jeune fille.

    Ethan passa alors son bras autour des épaules de celle-ci pour l'entraîner vers chez lui.

    -Super !

    Alizée le regarda froidement et le repoussa avant d'accélérer le pas.

    -Tu as une deuxième chance, pas trois. remarqua-t-elle.

    Le blondinet baissa la tête avec une mine triste et continua le chemin jusqu'à chez lui.

    -Excuse-moi... C'était juste amical tu sais, rien de plus...

    La jeune Delauzerne tourna alors la tête vers lui sans aucune expression.

    -Alors limite ton amicalisme, chéri.

    Surnom affectueux donné sur un ton aussi distant, ça donnait à réfléchir. Ce qui était sûr c'est que le pauvre garçon aurait du mal à comprendre quelque chose à sa camarade de classe. Malheureusement ce n'était pas entièrement la faute de celle-ci, il suffisait de savoir la prendre comme il faut.
    Ils arrivèrent finalement au bas de l'immeuble sans un mot de plus et Ethan tapa discrètement le code. Ils montèrent tout deux dans l'appartement du jeune homme et Alizée laissa ses yeux de promener dans le hall.

    -Tu cherches mon frère peut être ? demanda Ethan sur un ton désagréable.

    -Peut être. répondit brièvement et froidement la jeune fille.

    -A cette heure là il dort normalement. dit le blondinet avant de l'entraîner jusqu'à sa chambre.

    Alizée se laissa faire et s'assit sur le lit pour chercher le DVD dans son sac et ensuite le tendre au garçon.

    -Le voilà.

    Ethan ne dit rien et le prit avant de le poser sur son bureau.

    -J'ai une question à te poser, ça me perturbe depuis hier.

    Alizée tourna la tête vers lui, toujours aussi froidement.

    -Si c'est sentimental tu peux toujours courir pour avoir une réponse.

    -Non pas du tout, répondit le garçon, c'est juste que... Ce n'est pas toi qui a cambriolé le magasin hier, pas vrai ?

    La fille châtain soupira, elle s'attendait à cette question en fait car ceci faisait bien plus que la perturber.

    -A ton avis ? Mes parents sont toujours riches et surtout hier j'étais en cours avec toi avant d'être dans ta chambre à discuter au sujet de l'exposer. Et après je suis rentrée directement chez moi donc non je n'ai pas commis ce vole.

    Ethan semblait réfléchir, intrigué par cet événement. Mais il n'ajouta rien et se contenta de mettre le DVD dans le lecteur de son ordinateur.

    -Il doit être rudement fort, tu ne crois pas ? demanda le jeune homme.

    -Il... Ou Elle mais c'est certain que la personne doit être expérimentée, j'espère juste ne pas la croiser le vendredi à minuit.

    Ethan sourit et mit le film en route, se retenant de s'approcher un peu plus d'elle.

    -Je suis sûr que tu lui mettrais la pâté arrête !

    Alizée le regarda, se contenant pour ne pas rire, il était mignon. Enfin, un peu.

    -Tu sais, je n'aime pas vraiment me battre et si jamais il est plus fort que moi...

    La jeune fille ne finit pas sa phrase, laissant entendre que la conséquence pour elle serait terrible. Peut être l'autre voleur la blesserait-elle, peut être que les gardiens découvriraient son identité et sûrement alors ne pourrait-elle plus commettre de vol.
    Ethan ne dit plus rien, se mettant à côté d'elle sans pour autant la toucher et fixant ses yeux sur l'écran de son ordinateur port able. Alizée en fit alors de même en soupirant. Finalement Ethan était vraiment intelligent et n'était pas aussi maladroit qu'on pouvait le penser au premier abord.
    A la fin du film les yeux de la jeune fille se mirent à couler, elle l'avait déjà vu et ce plus d'une fois mais elle le trouvait effroyablement triste. Elle essuya promptement ses larmes pour que son camarade ne les remarque pas, mais c'était trop tard.

    -Tu es sentimentale on dirait, mais c'est mignon je trouve.

    Alizée détourna alors le regard, une grimace sur les lèvres qui montrait qu'elle n'approuvait pas vraiment. Non parce qu'elle ne trouvait pas que ce qu'il avait dit n'était pas gentil mais plutôt parce qu'elle aurait préféré qu'il se taise, sa fierté avait parlé.

    -Bon maintenant serait peut être temps de commencer l'exposer, qu'en penses-tu ?

    Les changements de sujet de la jeune fille étaient plutôt radicaux. Enfin on aurait surtout dit qu'elle n'avait même pas entendu la phrase du garçon.

    -A quelle heure dois-tu rentrer ? demanda celui-ci.

    Alizée réfléchit quelques secondes avant de lui répondre.

    -Je dirais dans une demi-heure mais on a le temps de commencer en tout cas. Comme c'est un compte-rendu oral, il faut prendre une grande feuille. En as-tu ?

    La jeune fille était logique, c'était indéniable. Elle avait aussi un bon esprit d'analyse et préférait être toujours aussi efficace que possible.

    -Euh je crois que j'en ai, effectivement, attends-moi là, je reviens.

    Ethan sortit alors de la pièce et se dirigea vers la chambre de son frère. Il ouvrit alors la porte en faisant le moins de bruit possible et fouilla dans son placard. Malheureusement, l'adresse lui manqua et alors qu'il tentait d'extirper les grandes feuilles de l'armoire, une boite lui tomba sur la tête, lui arrachant un cri de douleur et de surprise.
    Alexandre se réveilla alors en sursaut et se leva d'un bond avant de reconnaître son petit frère. Il soupira et se rassit sur son lit.

    -Tu m'as fait peur Ethan.

    Le blondinet se massa alors l'arrière du crane en grognant et tourna le regard vers le lit.

    -Pardon je cherchais les grandes feuilles. expliqua-t-il.

    -Mais pour quoi faire ? s'étonna Alexandre.

    -Mon exposé sur Victor Hugo.

    -Ah, celui que tu fais avec Alizée? Bon ba d'accord, sers-toi moi ça ne sert à rien que je me rendorme je vais bientôt aller travailler.

    Ethan prit alors les feuilles dont il avait besoin et sortit de la chambre après avoir souhaiter une bonne période de travaille à son frangin. Il retourna dans sa chambre, un sourire de bienheureux au visage. Le jeune homme était content que son frère n'ait pas proposé de les aider et n'ait même pas demandé à aller saluer sa coéquipière. Cela prouvait qu'il ne s'y intéressait pas. Moins le garçon avait de rivaux, plus il était content. En même temps c'était plutôt logique.
    Il poussa alors la porte de sa chambre et découvrit Alizée sur son ordinateur. Celle-ci faisait des recherches pour leur travail. Il sourit et s'assit sur son lit avant de lui tendre les feuilles. Elle les observa quelques secondes en silence, réfléchissant.

    -Je pense que ça sera suffisant. conclut-elle.

    Le blondinet sourit, fier de lui pour une obscure raison.

    -Super, on peut commencer alors.

    Les deux camarades travaillèrent alors pendant une demi-heure jusqu'à ce qu'Alizée dut rentrer chez elle. Ethan la raccompagna alors jusqu'à sa porte avec le sourire.

    -A demain Alizée

    -A demain, j'avancerais la biographie si j'ai le temps.

    -Très bien, merci, passe une bonne soirée.

    A vrai dire, le jeune homme se retenait de lui donner un surnom, un surnom affectif. Mais il avait bien comprit qu'au premier pas de travers il pouvait faire une croix sur la jeune fille. Il se refusait à cela. Elle ne l'attirait pas seulement, il savait qu'il était amoureux. C'était peut être un peu stupide mais c'était comme ça.

    -Merci toi aussi.

    Alizée passa alors la porte pour revenir chez elle. Passer une bonne soirée pour elle c'était dur, très dur. Sauf si sa mère n'était pas là, malheureusement elle était toujours là. Quelle poisse... Même après seize ans à la supporter elle avait encore un certain mal à la cerner sur certains côtés, à la comprendre... En même pas elles étaient si différentes ! Tout les opposait mentalement et physiquement elles se ressemblaient au plus grand désespoir d'Alizée.
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MessageSujet: Re: La voleuse Jeu 14 Mar - 22:04

Chapitre 11 : Quand on mange à la cantine


    Le reste de la semaine se passa dans l'ordinaire le plus général. Ethan et Alizée se virent une dernière fois pendant laquelle ils finirent leur exposé et la relation entre petite voleuse et sa meilleurs amie ne s’arrangea pas le moins du monde. On ne peut pas vraiment dire qu'elle empira non plus.
    Mais dans cette fin de semaine ordinaire, Alizée réfléchissait et réfléchissait encore au voleur de jour. En effet il avait déjà commis trois vols, soit un par jour et ils étaient toujours importants. Ce qui était sûr c'est qu'il avait un sacré talent de cambrioleur. La jeune fille en était admirative. Admirer un criminel est malsain ? Mais Alizée n'admirait que ses compétences. Elle n'avait à présent aucun idole, ce voleur sans encore aucun surnom était son premier. Beau score n'est-ce pas ? Bien qu'un criminel n'en avait sûrement rien à faire d'être l’idole d'une petite adolescente. Néanmoins, elle avait peur de le croiser ce soir, elle se méfierait. Nous étions en effet vendredi, jour d'envol de l'adolescente. Il était aux environ de midi et la jeune fille mangeait à la cantine, dans son coin. Elle n'était pas vraiment associable et des garçons lui avaient proposer de la rejoindre mais elle préférait être avec Agathe ou être seule. De toutes façons elle n'était pas vraiment seule, elle était avec ses pensées. Elle cogitait sur un sujet intéressant : comment être sûre qu'elle ne se retrouverait pas face à face avec le grand voleur de jour ? Mais elle devait s’inquiéter pour rien, il volait le jour et non la nuit et il ne vivait sûrement pas à l'intérieur du centre commercial ! Un sourire apparut sur ses lèvres, ce qu'elle pouvait être bête des fois tout de même.
    Au même moment, elle sentit un baiser se déposer sur sa joue. Elle tourna alors vivement la tête pour voir Ethan, un regard de tueuse sur le visage. Celui-ci par contre affichait un grand sourire satisfait...

    -Je peux pas te dire bonjour en te faisant la bise ? demanda-t-il

    -Il est midi. répliqua-t-elle avec colère.

    -Peut être mais on ne s'est pas encore parlé de la journée, alors pourrais-je m'asseoir et manger avec toi ?

    La jeune fille planta alors son regard dans celui de son interlocuteur, on voyait très nettement qu'elle était contrariée. Elle fit mine de réfléchir quelques minutes avant de détourner les yeux vers son assiette.

    -Fais ce que tu veux de toutes façons je n'ai pas envie de bouger mais tu n'es pas protégé des gifles. répondit simplement Alizée avec un ton presque blasé.

    Ethan afficha de nouveau ce sourire satisfait si énervant. Ce n'est pas forcément qu'on avait pas envie de faire plaisir au jeune blond mais on avait le sentiment de se faire manipuler, ce qui frustrait beaucoup Alizée.
    Il s'assit en face d'elle et commença à manger son entrée en la regardant.

    -Avoue que tu ne peux pas me résister, ma chérie, mais tu ne veux pas l'admettre alors tu ne m'as pas explicitement répondu « oui ». J'ai raison hein ?

    A peine eut-il finit sa phrase que la main de la jeune fille partit vivement, se dirigeant vers la joue de son interlocuteur. Le regard d'Alizée reflétait une colère intense. Depuis quand quelqu'un pouvait-il l'appeler « chérie » ? Depuis quand quelqu'un pouvait-il sous-entendre qu'elle était amoureuse ? Depuis quand pouvait-on s'avancer sur ses sentiments et ses pensées ? Personne, non personne n'en avait le droit parce que personne ne pouvait le savoir.
    Ethan avait anticipé le geste de la jeune fille et arrêta sa main en prenant son poignet avant que celle-ci s'abatte à quelques centimètres de sa joue.

    -Tu es trop impulsive Alizée, je ne faisais que te taquiner.

    La jeune fille se leva alors subitement tirant sur son poignet pour que le blondinet la lâche. Mais ça n'avait pas l'air d'être son intention car celui-ci avait seulement resserré son étreinte sur le poignet de la petite voleuse. Le regard colérique d'Alizée croisa alors celui froid du jeune garçon. Elle sentit alors un frisson la parcourir, comme de la peur. C'était idiot, Ethan ne pouvait rien lui faire, du moins c'est ce qu'elle pensait. Pour une fille elle avait tout de même une certaine force, elle ne devait pas risquer grand chose et le jeune garçon n’oserait certainement pas la frapper. Mais ce regard... C'était la première fois qu'elle le voyait, qu'elle le sentait s'abattre sur elle. Comme si personne jusqu'à lors n'avait jamais été en colère contre elle, du moins pas de la même façon. La seule personne qui aurait été susceptible de lui lancer ce regard froid et dur c'était sa mère. Mais celle-ci se contentait d'un regard hautain et méprisant, c'était cela de se sentir supérieure. Alizée baissa alors les yeux, pour deux raisons. La première était que de la sorte elle ne verrait plus ces yeux froids et inquiétant, la seconde était tout aussi simple : Alizée était fière et elle ne voulait pas qu'il la sente troublée.

    -Lâche-moi.

    -Non. répondit simplement Ethan comme si les énoncer les raisons de sa réponse était inutile.

    Alizée leva alors vers lui des yeux interrogateurs.

    -Et pourquoi cela ?

    Un rictus apparut alors sur les lèvres du jeune garçon. Il devait en avoir une réserve immense d'ailleurs parce que chacun appartenait à une catégorie bien précise, à une émotion différente.

    -Parce que je n'en ai pas envie, si je te lâche tu vas partir.

    -Et alors ? Ne me dis pas que je vais te manquer ! s'écria-t-elle.

    Au même moment, à l'autre bout de la cantine, Agathe avait insensiblement tourné la tête vers les deux adolescents qui, visiblement, se disputaient. Un soupir s'échappa de ses lèvres.

    -Une dispute entre amoureux on dirait.

    -Ils sortent ensemble ? demanda une autre fille à sa table, plutôt intriguée.

    Agathe haussa alors les épaules.

    -Je ne sais pas mais j'en ai bien l'impression, de toutes façons je m'en fiche.

    La jeune fille la regarda, encore plus étonnée.

    -Mais vous n'étiez pas meilleures amies avant ?

    -Avant, sourit la blondinette, cela fait toute la différence.

    Agate reporta alors son attention sur son repas. Elle était passé à autre chose, elle n'avait plus l'intention de pardonner Alizée, elle était toujours en colère. Quant à Ethan... Elle ne savait pas encore s'il valait la peine qu'elle le drague. Il s'intéressait à son ex-meilleure amie alors ça risquait d'être dur pour la jeune fille de l'avoir. Tant pis, elle verrait plus tard, elle n'était plus à ça près.

    Mais repassons de l'autre côté de la cantine, vers Alizée et Ethan toujours entrain de se disputer avec plus ou moins de violence. Aucun surveillants n'étaient présents dans la salle, ils n'avaient donc pas à craindre la punition, du moins pour le moment. Le blond avait entreprit de prendre un peu plus tendrement le poignet de la jeune fille pour l'approcher de lui. Celle-ci détourna le visage pour qu'il ne puisse pas voir qu'elle rougissait. Elle était rouge, rouge de colère et de gêne à la fois. Elle ne savait vraiment pas ce qu'elle avait fait à celui-là pour qu'il la persécute ainsi. Mais d'un côté... Elle sentait qu'elle craquait. Ah ! Qu'elle se haïssait dans ces moments là. Elle était trop faible, trop indulgente peut être... Un nouveau soupir s'échappa de ses fines lèvres et quelque chose monta à ses yeux, ces choses qu'on appelle des larmes.

    -S'il te plaît, lâche-moi.

    Elle avait dit cette phrase beaucoup plus doucement que précédemment. C'était presque donnant donnant finalement...

    -Si tu t’assois seulement.

    Alors Alizée obéit et s'assit. Elle était d'ordinaire plus rebelle que ça mais elle en avait marre de résister. En conséquence, il la lâcha. Ethan avait sciemment omis de répondre à la dernière pique de la jeune fille. Elle l'avait dite méchamment, il n'aimait pas quand elle se fâchait. Mais surtout elle n'avait pas l'air de comprendre ses réels sentiments et il ne laisserait personne s'en moquer, surtout pas elle. Il finit pas s'asseoir en face d'elle et mangea en silence. La jeune fille fit de même, les yeux baissé.

    -Pourquoi est-ce que tu as l'air aussi triste ? demanda le garçon. C'est ma faute ?

    -Évidemment que c'est ta faute. répliqua-t-elle simplement. Mais laisse tomber mes états d'âme et mange.

    Il ne répondit rien. Que répondre face à ça d'ailleurs ? Il se tut et mangea bien que ça ne soit pas dans ses habitudes, il n'aimait pas spécialement le silence.
    Quand ils eurent finit de manger, ils se levèrent tout les deux et mirent leur plateau à l'emplacement prévu à cet effet. Ethan vint alors murmurer à l'oreille de la jeune fille.

    -Bonne chance pour ce soir.
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MessageSujet: Re: La voleuse Jeu 14 Mar - 22:25

Chapitre 12 : Quand les sentiments s'expriment


    Vendredi soir, vingt-trois heures trente, centre commercial de la ville. Alizée avait longuement réfléchi à quel magasin elle cambriolerait ce soir, elle avait du mal à décider. Elle avait déjà fait la bijouterie la dernière fois, elle avait donc opté pour la galerie de tableaux. Chacun des magasins c'était déjà fait cambrioler par elle mais elle avait toujours pris des objets pas très encombrants, c'était beaucoup plus simple pour la course poursuite. Aujourd'hui elle s'était fixé un nouveau défi. Elle prendrait un grand tableau, enfin qu'elle pouvait tout de même soulevé, quoiqu'elle avait quand même pas mal de force, ça n'éliminerait donc pas trop de tableaux. Elle devrait déposer le tableau au même endroit que d'habitude et ne surtout pas l’abîmer, en courant aussi à la même vitesse et avec la même aisance. Elle venait de passer à coté des gardiens de nuit dans sa belle combinaison noir et son masque en tissu de la même couleur. Évidemment, ceux-ci ne l'avaient pas vu. Elle était presque invisible quand elle se fondait dans la nuit. Elle trouvait que ces derniers avaient l'air excités... Peut être préparaient-ils quelque chose, en tout cas elle devrait redoubler de prudence pour cette raison, et aussi parce que le voleur de jour rôdait toujours. La jeune fille grimaça à cette pensée. Serait-il hostile, amical ou simplement l'ignorerait-il si jamais ils se rencontraient ? Parce que beaucoup pensaient toujours qu'elle était à la fois la voleuse de jour et celle de nuit mais ce n'était bien évidemment pas le cas. Peut être les gardiens pensaient-ils l'arrêter ce soir, mais ils se mettaient le doigt dans l’œil. Elle n'avait aucunement l'intention de se faire attraper, ça jamais ! Elle se faufila habilement dans la galerie de tableau sans se faire repérer et sans déclencher l'alarme. La jeune fille se mit à observer les tableau, elle opta pour un mesurant cinquante centimètres par un mètre. Le cadre n'était pas trop lourd, le chef d’œuvre était juste légèrement encombrant, tout juste ce que la petite voleuse recherchait. Elle décrocha donc le tableau et se faufila dehors, entre les lasers pour ne pas déclencher l'alarme. Elle tenait le tableau dans la main et s'aidait de l'autre pour s'accrocher aux murs et à tout ce qui lui donnait une surface pour ne pas toucher le sol. Elle faisait attention à tout ce qui l'entourait mais ni gardien ni confrère n'était dans les environs.
    Mais alors qu'elle tournait trop brusquement la tête elle aperçut des yeux, rouges dans la nuit noire. Un instant plus tard, ils avaient disparus. Néanmoins surprise et un peu décontenancé, la jeune fille sauta à terre, venant d'entendre le premier coup de minuit et déclenchant l'alarme par la même occasion. Malheureusement, Alizée n'avait pas fait assez attention, le sol était glissant, un peu plus que d'habitude, et son saut avait moins d'aisance que la normal à cause des yeux qu'elle venait d'apercevoir et le trouble qu'elle en avait ressenti. Elle se réceptionna donc bien mal et se tordit la cheville.

    DRIIIIIIIIIIIING DRIIIIIIIIIIIIIIG DRIIIIIIIIIIIIIIG DRIIIIIIIIIIIIIIIG DRIIIIIIIIG

    L'alarme sonna, Alizée serra les dents. Elle se mit à courir en direction du parking, heureusement qu'elle avait une résistance à la douleur un peu plus haute que la normale. Elle boitait, essayant de poser un minimum son pied droit sur le sol. Elle ne pesait pas lourd mais elle avait l'impression que chaque gramme de son corps se répercutait comme un kilogramme dans sa cheville douloureuse, et le tableau n'améliorait pas les choses ! Mais la course poursuite avait déjà commencée. A peine était-elle sortit du magasin que les gardiens de nuit se mirent courir après elle. Elle se faisait la plus légère et la plus rapide possible, courant en faisant les plus longues foulées qui lui étaient permises. Elle arriva à l'endroit où elle avait l'habitude de déposer ce qu'elle volait pour les rendre. Les gardiens étaient juste derrière elle mais elle s'arrêta. Elle déposa délicatement le tableau sur le sol et s'arracha une petite mèche de cheveux en vitesse pour la déposer dessus. Elle jeta alors un bref regard en arrière. Alexandre était là, juste à quelques mètres d'elle, il courrait pour la rattraper, les autres gardiens étaient juste derrière. Elle reprit alors sa course, le poids du tableau en moins pour sa cheville, c'était déjà ça de gagner. Mais le garçon brun la suivait, dépassant l'endroit où elle avait déposer son butin.

    « Eh merde, il ne s'arrête pas, à ce rythme il va vraiment m'avoir, je ne vais plus pouvoir aller à cette allure très longtemps. »

    Elle eut alors une idée. Ayant quand même un peu d'avance, elle se cacha derrière un poteau et prit un caillou au sol pour le jeter dans la direction opposée à laquelle elle voulait aller. Le jeune homme s'arrêta alors en entendant le bruit, il chercha une seconde sa provenance et précipita dans la direction où la jeune fille avait lancé son projectile, suivi de près par les trois autres gardiens.
    Alizée soupira, elle avait réussi, on peut dire qu'elle avait eu chaud. Elle prit alors une petite rue adjacente qui menait à sa maison. Mais à peine eut-elle mit le pied dedans qu'elle entendit des bruits de pas la poursuivre. La peur au ventre, elle accéléra le pas mais sa cheville lui fit défaut et s'échappa sous elle. C'était tout sauf le moment de lâcher. Alors qu'elle posait sa main sur le mur pour ne pas s'écraser par terre, elle sentit des bras l'attraper et la plaquer contre celui-ci. Tout bruit cessa mis à part un : le bruit de la respiration des deux individus. Ils soufflaient, tout deux haletant. Alizée ferma les yeux, elle venait de reconnaître Alex'. C'était fini... Tous ces moments de joie où elle avait réussi à tromper les gardiens, la police, les médias ; jamais elle ne pourrait recommencer. Elle n'avait finalement pas réussi à duper la jeune homme avec sa pierre. Ses poings se serrèrent et des larmes lui montèrent aux yeux. Non, elle ne devait pas pleurer... Elle ne pleurerait pas. Tout ça c'était à cause d'un stupide sol trop glissant, d'une stupide erreur d’inattention, de stupides yeux rouges...
    Les souffles se calmèrent, redevenant presque à la normale. L'Holsan commença alors à lui enlever son masque, lentement, méthodiquement. Alizée ferma les yeux pour ne pas pleurer, osant à peine respirer. C'était fini et bien fini... Mais Alexandre arrêta son geste lorsque qu'il fut arriver entre la lèvre supérieure de la jeune fille et son nez. Il eut alors un geste que la jeune fille n'eut jamais cru possible. En sentant les lèvres de l'homme brun sur les siennes elle ouvrit subitement les yeux, surprise, très surprise même. Aucun mot n'avait été échangé. Alizée le scrutait. Allait-il s'arrêter là ou continuer ? Le garçon mit sa main sur la joue de la jeune fille. La petite fille aux cheveux châtain foncé mit alors la sienne sur celle du jeune homme, rompant par la même occasion le silence magique qui régnait.

    -Et les menottes ?

    Elle vit un sourire se dessiner sur ses lèvres.

    -Pas pour cette fois ma petite voleuse, je devrais plutôt te conduire chez le médecin parce que je suis un gentleman.

    Elle sourit à son tour mais abaissa le regard et inclina légèrement la tête vers le bas.

    -Tu découvrirais qui je suis si tu faisais ça, et je peux bien me soigner toute seule, ça doit juste être une foulure.

    Il sourit en prenant le menton de la jeune fille pour pouvoir la regarder dans les yeux, ou presque vu qu'elle avait un masque. Il rapprocha ses lèvres des siennes et chuchota.

    -C'est vrai, mais tu sais j'ai très envie de voir ton joli visage moi, je ne peux pas avoir ça en gage de te reconnaissance pour ne pas t'avoir arrêter ?

    La voleuse sourit. Pendant qu'il parlait elle avait très discrètement sorti un filin avec un grappin. Elle fit alors un petit saut en avant pour se décoller du mur, ce qui fit se coller leurs lèvres. Elle sentit que les bras du jeune homme allait l'enlacer alors elle balança l'objet qu'elle cachait dans son dos qui finit sa course au premier balcon venu. Elle commença alors à grimper jusqu'où c'était accroché le grappin grâce à la corde sans utiliser sa cheville droite après un petit bond d'élan.

    -Désolé mais si tu découvres qui je suis ça ne sera plus drôle, gardien de nuit de mes rêves.

    Elle bondit alors délicatement sur le toit, se tenant à la rambarde pour ne pas avoir à poser le mauvais pied par terre et observa la mine dépiter du garçon.

    -A vendredi prochain... dit-il avant de repartir dans l'autre direction, rejoindre les autres gardiens.
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MessageSujet: Re: La voleuse Jeu 14 Mar - 22:35

Chapitre 13 : Quand la colère vient

    L'autre Holsan, le blond de deux ans plus jeune, était installé sur son toit, comme tout les vendredis soirs. Il avait vu qu'Alizée s'était mise à boitée et que son frère l'avait rattrapé. Il s'était engouffré dans la même ruelle que la jeune fille seulement quelques minutes après cette dernière.
    Tout d'abord, le jeune homme avait été dans la rue opposé, suivit des autres gardiens de nuit mais il leur avait ensuite faussé compagnie en leur disant une chose qu'Ethan n'avait pas pu entendre.
    Les dents du jeune homme crissèrent. Si elle se faisait arrêté elle serait sûrement malheureuse. De plus, il n'aurait plus de moyen de pression. Bon c'est vrai, il lui avait promis de ne pas l'utiliser puisqu'elle avait été au rendez-vous comme convenu mais on ne savait jamais, ça pouvait toujours servir. Il espérait sincèrement que la jeune fille ait réussi à disparaître avant.
    Quelques minutes plus tard, il vit son frère sortir. Mais il n'avait pas l'air désappointé, il avait l'air plutôt heureux. Ethan trouvait ceci très étrange parce que son frère ressortait seul. Il ne l'avait donc pas capturé. Pourquoi est-ce qu'il était heureux d'abord ? C'est vrai qu'en sortant il avait d'abord lâché un bon soupir mais après un grand sourire s'était dessiné sur ses lèvres. La voleuse a-t-elle fait quelque chose en échange de sa liberté ?

    Les poings du jeune homme se serrèrent. Alizée serait à lui et à lui seul. Il l'avait décidé, il la voulait. Son frère ne l'aurait jamais, jamais. Pour rien au monde il ne se laisserait battre. Il avait un esprit de compétition bien trop élevé pour ça et rien ni personne ne le vaincrait, autant physiquement, mentalement et amoureusement. Même pour son propre frère il n'aurait pas de pitié. Alizée était la personne qui lui résistait le plus au monde mais il savait qu'il parviendrait à ses fins. Il le sentait... Dés qu'il verrait son frère ils auraient des explications, c'était net. Mais il devait faire attention. Il ne savait peut être pas encore qui était la voleuse alors il ne devait pas lui révéler son identité ni même dire qu'il la connaissait. Le dialogue s'annonçait dur... Il serait bien plus simple avec la jeune fille. Un grand sourire apparut sur ses lèvres. Elle lui dirait ce qui c'était vraiment passé, il en était sûr. Non seulement la curiosité est un vilain défaut mais en plus il était borné.

    Il finit par se lever et regagner son appartement et sa chambre. Demain serait sûrement une journée chargée...
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MessageSujet: Re: La voleuse Ven 15 Mar - 16:21

Chapitre 14 : Quand le lundi matin est dur


    La sonnerie retentit et tout le monde prit sa place. Néanmoins une chaise restait vide sans que personne ne sache pourquoi. Mais quelques minutes plus tard on pu voir apparaître la personne manquante dans l'encadrement de la porte accompagnée d'un surveillant plutôt confus qui prit la parole.

    -Excusez-moi mais nous ne savions pas que quelqu'un attendait pour l'ascenseur, elle est donc en retard.

    Le professeur de mathématiques fit un bref geste de la main pour signifier à la jeune fille aux cheveux d'un châtain très foncé d'aller s'asseoir et continua son cours. Alizée se dirigea donc vers sa place en boitillant au moyen de ses béquilles, son sac toujours sur le dos. Elle se tint ensuite méthodiquement en équilibre grâce à une seule béquille et posa son cartable sur la table avant de tomber plutôt lourdement sur sa chaise. Objectif de la première heure réussi : elle n'était pas tombé et n'avait pas eu besoin de demander de l'aide pour son sac. Elle sortit finalement ses cours ainsi que sa trousse et son livre sans que sa cheville enfermée dans une attelle ne touche le sol et ne jeta pas un seul regard sur les élèves composant cette classe.
    Quand la cloche signalant la récréation sonna, la jeune fille se leva, se tenant avec l'une de ses main et de la béquille correspondante et rangeant ses affaires de l'autre. Il ne fallut que trois secondes à Ethan pour se précipiter vers elle et poser ses mains sur la sienne pour qu'elle arrête son geste. Elle leva donc les yeux vers lui, étonnée.

    -Qu'est-ce qu'il y a ?

    -Tu ne vas quand même pas passez toute la journée à te débrouiller toute seule !

    -Pourquoi pas ? répliqua-t-elle.

    -Arrête ce n'est pas raisonnable, laisse moi t'aider. Proposa-t-il.

    Alizée ne répondit rien et le laissa ranger ses affaires en se contentant de le regarder sagement. Elle n'était pas du genre soumise, au contraire, mais elle n'avait pas trop la force de le repousser. De plus, en ce moment, elle était sur son petit nuage. Elle s'était peut être foulée la cheville lors de son dernier vol mais elle avait aussi eu son premier véritable baiser. Mais cela, bien sûr, c'était son petit secret, rien qu'à elle, rien qu'à lui...
    Ethan prit ensuite le sac de la jeune fille à la main et se dirigea lentement vers le sortie, attendant qu'Alizée le suive, ce qu'elle fit quelques secondes plus tard, toujours un peu rêveuse. Il attendit avec elle près de l’ascenseur réservé aux handicapés, dans le couloir désert, tout le monde s'était précipité dans les escaliers. Alors le garçon aux cheveux blond ouvrit le dialogue.

    -Qu'as-tu fait avec mon frère dans la ruelle ?

    La jeune fille laissa un silence se faire, détournant le visage, sa bonne humeur était soudain retombée. Elle ne lui devait rien mais si elle lui disait la vérité elle avait peur de sa réaction. Elle avait comprit en très peu de temps qu'Ethan était quelqu'un de jaloux et de possessif. Elle ne voulait surtout pas qu'il se batte avec son frère ou alors qu'il se retourne contre elle et surtout elle tremblait à l'idée qu'il révèle la vérité sur son identité.

    -Alors ?

    A ce moment là, un surveillant arriva suivit de l'ascenseur et les deux adolescents entrèrent à l'intérieur en silence. Une fois dans la cour de récréation, Alizée s'installa sur un banc et Ethan fit de même. Elle n'était pas la meilleure menteuse qui soit mais elle devait trouver quelque chose à lui répondre, et vite.

    -Dis moi pourquoi il ne t'a pas arrêté, Alizée réponds-moi à la fin !

    La jeune fille aux cheveux châtains baissa les yeux et se contenta de ne donner qu'une partie de la vérité.

    -Il a dit que s'il m'arrêtait maintenant ça serait de la triche car j'étais blessée, c'est tout.

    Le garçon posa un regard suspicieux sur la jeune fille. Il n'était pas dupe, pourquoi avait-elle mis tant de temps à répondre si c'était la seule raison pour laquelle son frère ne l'avait pas emprisonnée ? Il y avait quelque chose derrière ça, ce n'était pas suffisamment crédible.

    -Tu ne me caches rien ? Mais pourquoi as-tu mis tant de temps à me répondre si ce n'est que ça ?

    Alizée se leva d'un coup, retenant un cri de douleur à cause de sa cheville et lançant des éclairs grâce à ses yeux dans la direction du jeune homme.

    -Depuis quand j'ai des comptes à te rendre ? ! Il ne me semble pas que je te doive quoique ce soit ou encore que l'on sorte ensemble ! Occupe-toi de tes affaires !

    Mais elle ne put tenir une minute de plus et s'écroula par terre tombant sur les fesses. Elle avait serré les dents au possible et tenté de lutter contre la douleur le long de sa réplique mais elle ne pouvait plus, ça faisait trop mal. Qu'elle pouvait être stupide quand même, à ce rythme là elle ne serait pas guérie avant vendredi, ce qu'elle se détestait par moments...
    Ethan commença par poser un regard froid sur elle, ne supportant pas qu'on hausse le ton avec lui et qu'on se fasse supérieur. De plus, elle n'avait pas le droit de s'énerver avec lui, elle avait seulement à lui obéir, à lui répondre sincèrement. Elle criait, elle risquait de le regretter si elle continuait à le prendre de haut comme ça. Ethan n'aimait pas qu'on lui résiste trop longtemps. C'était amusant au début mais ceci commençait à devenir lourd et fatiguant. Il la voulait, il l'aurait, alors pourquoi continuait-elle à le repousser? Mais très vite, elle se cassa la figure et se retrouva par terre, une grimace de douleur sur le visage. Il ne put lui-même pas résister et s'accroupit par terre à côté d'elle, la soulevant délicatement par la taille pour qu'elle arrive à se relever, il se contenta d'ignorer ses paroles.

    -Fais attention à ta cheville...

    Il se montrait là en camarde de classe attentionné et soucieux de la santé d'autrui ce qui était pourtant très rare. Il n'accordait qu'une importance réduite aux autres mais Alizée... C'était simplement différent parce qu'elle était différente. Il aurait pu avoir n'importe quelle fille facilement, ou presque mais non, il choisissait celle qu'il n'arrivait pas à obtenir. Mais elle était tellement exceptionnelle...
    Alizée leva les yeux vers Ethan et ne dit rien, se laissant relever. Elle était presque honteuse qu'il ait eu besoin de lui venir en aide. Décidément, elle n'était bonne à rien. Une fois debout elle resta donc accroché au garçon pour ne pas s'écraser au sol une fois de plus étant donné qu'elle était à présent en équilibre sur une jambe. Son regard se posa sur ses béquilles, elle allait avoir encore besoin de ces maudites choses pendant un moment. Si elle ne s'était pas levée aussi brutalement peut être qu'elle aurait pu tenir debout sans se faire mal mais là ce n'était pas le cas. Elle sautilla donc, accompagnée d'Ethan, jusqu'au banc et s'y assit.

    -Merci...

    Cette conversation était sûrement quelque chose que tout deux se devaient d'oublier dans les plus brefs délais.

    Le reste de la journée se passa tranquillement, Ethan restant aux côtés de la jeune fille et l'aidant dans toutes ses tâches. Alizée se laissait passablement faire, se disant que de toutes façons ça ne servait à rien de résister, elle l'appréciait et il se montrait gentleman quand il le voulait. Par contre elle avait besoin que sa relation avec Agathe s'améliore...
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MessageSujet: Re: La voleuse Ven 15 Mar - 16:31

Chapitre 15 : Parce que ça ne peut pas durer.

    Mercredi matin, première récréation de la journée. Alizée commençait à en avoir plus que marre que son amie lui fasse la tête, elle ne pensait pas qu'une dispute entre elles pourrait, un jour, devenir aussi sérieuse. Ça commençait à bien faire. La jeune fille au cheveux châtains se dirigea vers la belle petite blonde dans un recoin de la cour. Elle avait demandé à Ethan de lui garder son sac pendant ce temps, depuis lundi le blondinet était aux petits soins. La jeune fille trouvait ça tellement mignon... Elle se mit donc face à Agathe qui discutait avec une autre fille de la classe. Alizée se planta là, bien droite sur ses béquilles et avec un visage ferme.

    -Il faut qu'on parle, tout de suite et seules.

    L'autre fille lui balança un regard mauvais que l'adolescente momentanément handicapée ne releva même pas. La blonde, quant à elle, la fixa, attendant qu'elle parle sans prononcer un seul mot.

    -Écoute, ça commence à bien faire cette situation, je n'ai jamais voulu te piquer Ethan, si tu veux je te le laisse ! Je trouve ça totalement stupide de se disputer pour un garçon, je pensais qu'entre nous c'était plus sérieux que ça !

    Agathe se tut quelques secondes et l'observa. Elle paraissait froide et distante mais au fond c'était juste une couverture pour ne pas céder à la moindre phrase de sa meilleure amie. Elle voulait lui imposer sa loi pour une fois mais elle comprenait bien que ceci avait été stupide. Ça ne servait à rien de se faire la tête pour cela... Faire la forte tête, se montrer bornées et têtues ne les mènerait à rien, elles se connaissaient depuis bien trop longtemps pour que cela dur. La jeune fille ouvrit alors grand les bras et étreignit sa camarade.

    -Pardon Ali' ! Tu m'as manquée... J'ai été idiote et je me suis emportée, pardon !

    Alizée fut légèrement déséquilibré de ce câlin soudain mais ne le fit pas paraître, se contentant de lâcher une béquille, qui fit un bruit mat en tombant sur le sol, pour pouvoir esquisser un enlacement.

    -Toi aussi tu m'as manquée Agathe... Espèce de débile profonde ! C'est moi l'impulsive de nous deux, non ?

    La jeune fille aux cheveux châtains ferma les yeux et serra les dents pour retenir ses larmes. Elle était peut être un peu trop sensible... Elle rejeta sa tête en arrière sans rien n'ajouter, faisant son possible pour ne pas pleurer. La cloche sonna et toutes les deux affichèrent un grand sourire plus ou moins emplit de larmes.

    -Tu peux me donner ma béquille s'il te plaît ? demanda Alizée.

    Agathe sourit et se baissa afin de ramasser l'objet en question et lui tendit.

    -Tiens.

    -Merci. sourit la jeune fille.

    Alizée finit donc par se diriger vers Ethan et son sac, clopinant. Celui-ci se leva et ouvrit le chemin parmi la foule d’élèves se bousculant pour aller jusqu'à l'ascenseur prévu pour les handicapé et les professeurs ou les surveillants accessoirement. Néanmoins avant de disparaître totalement elle jeta un regard en arrière vers Agathe qui se rangeait déjà avec les autres.

    Une fois en haut, Alizée prit le soin de s'asseoir à côté de son amie en adressant tout de même un grand sourire à Ethan. Elle put apercevoir sur le visage du garçon, un regard étonné et frustré auquel elle ne fit pas attention.
    La jeune fille pour le moment handicapée resta avec Agathe pour le reste de la journée. Maintenant c'était elle qui l'accompagnait à l'ascenseur qu'elle continuait d'utiliser bien qu'elle aille bien déjà bien mieux, dans peu de temps elle pourrait remarcher correctement et en tout cas vendredi, quoiqu'il arrive elle irait à son rendez-vous hebdomadaire même si elle devait le faire à cloche pied.

    Alors qu'elle quittait Agathe pour rentrer chez elle, son sac sur le dos et s'aidant de ses béquilles comme depuis le début de la semaine, Ethan posa sa main sur son épaule, le visage fermé. Alizée tourna la tête vers lui, étonnée, elle ne prenait pas vraiment le même chemin que lui pour rentrer d'ordinaire.

    -Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle.

    -Pourquoi tu me lâches ? répondit-il violemment.

    La jeune fille décontenancée pencha légèrement la tête à la manière des jeunes chiots qui ne comprennent pas ce qui leur arrive.

    -Te lâcher ? Mais que... Je ne peux pas passer du temps avec ma meilleure amie qui me faisait la gueule par ta faute ? On est pas mariés ! s'écria-t-elle.

    Non mais de quoi se mêlait-il ? Ils n'étaient pas ensembles, elle ne lui devait rien, c'était à peine s'ils étaient amis. La jeune fille s'était laissé faire depuis le début de la semaine parce qu'elle n'avait pas la force de résister mais depuis qu'elle avait retrouvé son principal soutient ça allait beaucoup mieux.

    -Par ma faute? questionna-t-il.

    Oui, ce fut le seul morceau de la phrase qui percuta vraiment les oreilles du jeune garçon. Alors il pouvait semer comme ça la zizanie entre les deux filles ? Parfait, il n'y manquerait pas ! Si c'était la seule chose à faire pour pouvoir rester auprès de la demoiselle il ferait ce qu'il faut pour, tout en évitant qu'elle sache qu'il était la cause de tout. Un léger sourire apparut sur son visage, un de ses sourires dont il fallait se méfier.

    Alizée se mordit la lèvre à sa question. En effet elle en avait un peu trop dit, il n'était pas obligé de savoir que cette dispute venait de lui, que c'était simplement parce qu'il la collait et qu'Agathe était amoureuse de lui qu'elles s'étaient disputées. Mais une chose était sûre, il n'en saurait pas plus. Elle fit un pas avec ses béquilles pour se dégager et détourna la tête pour ne même plus le voir.

    -Laisse tomber.

    Elle rentra alors chez elle sans que le garçon ne la rattrape, celui-ci ayant déjà son idée en tête.
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MessageSujet: Re: La voleuse Ven 15 Mar - 16:34

Hey franchement Kimi j'adore ^^

Je suis entrain de lire depuis que tu as posté le sujet Razz
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MessageSujet: Re: La voleuse Ven 15 Mar - 16:52

Tu es très gentille =) Merci beaucoup ♥
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MessageSujet: Re: La voleuse Ven 15 Mar - 16:53

Chapitre 16 : Parce que le vendredi c'est un rit.


    Et voilà, enfin vendredi matin, le jour préféré d'Alizée ! Elle n'avait plus qu'une gêne légère à la cheville et faisait tout pour y prêter le minimum d'attention. Elle ne voulait pas s'encombrer de cela ce soir, elle n'avait plus qu'à espérer que la douleur, bien que minime, passerait dans la journée.

    D'ailleurs, cette journée se passa sans encombre jusqu'à la fin de matinée. Et oui, malheureusement, ce fut seulement le matin qu'un peu de paix frappa la jeune fille. A midi, alors qu'elle s'apprêtait à déjeuner avec Agathe, Ethan arriva. Mais il ne pouvait pas la lâcher cinq secondes celui-là ? Ce n'était pas possible d'être aussi collant !

    -Bonjour les filles, comment allez-vous ?

    Les deux amies s'assirent et Alizée leva les yeux vers le garçon aux cheveux blond, soupirant.

    -Qu'est-ce que tu veux ?

    Une lueur scintilla dans les yeux d'Ethan, n'annonçant rien de bon pour les deux jeunes filles, et surtout pour celle dont les cheveux étaient châtains. Ensuite, ses prunelles prirent une teinte de martyr et il se mit à parler.

    -Mais voyons Alizée, commença-t-il, ce n'est pas gentil d'exclure ainsi ton petit ami, tu m'avais promis que je passerais avant elle !

    Le souffle de la petite voleuse se coupa sur le coup. Mais qu'est-ce qu'il avait en tête encore ? Faisait-il tout pour lui pourrir la vie ? En tout cas pour le moment il faisait tout pour pourrir sa relation avec sa meilleure amie. C'était tout simplement méchant, odieux, horrible. Qu'avait-elle fait pour le mériter ? Donner de faux espoirs au garçon ? Certainement pas elle avait été claire depuis le début : elle ne voulait pas de lui, elle ne voulait de personne, elle voulait rester avec Agathe.
    Mais ce fut justement cette dernière qui réagit la première et bien plus vivement que le jeune garçon n'aurait put s'y attendre.

    -Vous sortez ensemble ? Et tu veux me délaisser ? s'écria-t-elle. Alizée ! Tu n'es qu'une menteuse ! Je te déteste, t'es une vraie manipulatrice !

    Alors que les larmes coulaient le long de ses joues, la jeune fille aux cheveux blond attrapa son plateau et se leva, se dirigeant vers une autre table, pleine de rage et de tristesse.
    D'un bond, la concernée se redressa sur ses jambes, ce geste lui arrachant une grimace de douleur.

    -Mais arrête ! Ne l'écoute pas ! sa voix se cassa. Ne m'abandonne pas...

    Ethan, extrêmement fier de lui, la prit dans ses bras comme pour la consoler.

    -Voyons chérie, ce n'était pas bien de lui mentir, il fallait bien qu'elle voit l'évidence. expliqua-t-il

    -Connard...

    Ce fut le seul mot qui réussit à se frayer un chemin hors de sa gorge, les autres restant coincés à l'intérieur. Elle n'en pouvait plus. Il était toujours sur son dos mais elle ne lui donnerait jamais ce qu'il désirait, elle ne sortirait pas avec lui, il n'avait pas le droit de la forcer de la sorte.

    -Quel vilain mot dans la bouche d'une si jolie fille. lui susurra-t-il à l'oreille.

    Mais Alizée se fichait éperdument de son image et le commentaire d'Ethan lui rappelait tout bonnement sa mère. Elle ne supportait plus les reproches, elle en avait trop eu.
    Alors la jeune fille se redressa et fit un quart de tour sur elle-même avant de lui coller une claque. La première qu'Alizée donnait, ce n'était effectivement pas son genre. Son regard se fit alors dur et elle se rassit pour manger et fit comme une barrière autour de son esprit et de ses sentiments pour le moment. Elle ne devait pas craquer en présence du jeune homme, elle pourrait ne pas résister à ses délicates attentions derrière son sourire fourbe.

    Un peu plus loin, les larmes d'Agathe n'avaient pas cessées de couler. Elle avait fait confiance à cette fille pendant des années. Leur première dispute l'avait déjà laissée fragile, elle était persuadée que tout était sa faute et elle n'avait pas osé retourner vers son amie. Mais quand celle-ci était venu vers elle pour réclamer, au nom de leur amitié, la fin de cette dispute, comment résister ? Non elle n'avait pas pu, elle aimait bien trop Alizée pour cela. Mais maintenant Ethan venait de lui annoncer que comme elle l'avait pensé au début, Alizée avait des vues sur lui et c'est pour cela qu'elle ne voulait pas qu'elle s'y intéresse. A présent ils sortaient même ensemble. C'était une véritable trahison venant d'elle, elle ne pouvait pas le supporter. Elle n'aurait jamais cru que sa meilleure amie fut la pire des manipulatrices. C'était fini, elle ne lui ferait plus jamais confiance.

    Ethan porta la main à sa joue, la bouche ouverte, il ne s'y attendait pas... La réaction de la belle jeune fille avait été bien plus vive que d'habitude, c'était étrange. Peut être avait-il poussé le bouchon un peu trop loin ? Mais il l'avait prévenu, sa devise était : « la fin justifie les moyens ». Il ne s'en détacherait pas et ce pour rien ni personne et donc pas pour elle. Mais que pouvait-il faire ? Il avait l'impression de l'avoir définitivement perdue, pourtant il était sûr qu'il pourrait l'obtenir à un moment donné, elle ne pourrait pas éternellement lui résister tout de même. Il ne fit donc pas plus de cas de sa claque, se disant que si ça pouvait la soulager, plus tard elle pourrait peut être le pardonner et tomber dans ses bras. Il ne s'agissait qu'une question de temps. Il se contenta donc de s'asseoir à l'autre bout de la table et de manger.


    Il était tard à présent et Alizée enfilait chez elle sa combinaison de cambriolage accompagnée de son masque. Dans une heure l'alarme du centre commercial retentirait de nouveau, comme tout les vendredis. Elle se faufila agilement hors de chez elle sans que ses parents ne la remarque et se glissa dans les rue de la ville sans s'agiter, sans courir, sans stresser. Elle essayait de s'appuyer le moins possible sur sa cheville de façons à ce qu'elle soit totalement guérie avant la semaine prochaine. Elle était partie en avance pour cette raison. Peut-être Ethan l'observerait-il aujourd'hui encore... Un frisson la parcouru alors de la tête au pied. Elle commençait à avoir peur de lui... Il pouvait faire tellement de choses à son encontre avec tellement peu de difficulté que ça lui faisait froid dans le dos. Elle secoua la tête pour effacer ces idées noires et continua son chemin.
    Quelques minutes plus tard elle se trouva devant le centre commercial. Elle regarda sa montre, celle-ci indiquait 23 : 30. La jeune fille aux cheveux châtain se faufila alors derrière les gardes avec sa grâce habituelle sans que ceux-ci ne la remarque. Néanmoins quand elle aperçut Alexandre son cœur fit un bond. Son petit cœur de voleuse fondrait-il pour ce garde de nuit galant et si mystérieux ? Elle n'arrivait pas à comprendre ses intentions exactes, peut-être parce qu'elle n'était pas fine psychologue contrairement à d'autres.
    Une fois dans le magasin, la question existentielle se posait : qu'allait-elle bien pouvoir dérober ? Ses pas optèrent pour la bijouterie. Alizée esquiva donc les lasers et les diverses sécurités ainsi que les alarmes. Elle remarqua néanmoins que tout ceci avait été renforcé. Le voleur de jour revint alors à sa mémoire. Aujourd'hui encore il avait commit des vols et les autorités ne savaient toujours pas qui c'était et n'arrivaient pas non plus à le bloquer. D'ailleurs ils pensaient toujours qu'elle et lui pouvait être la même personne, erreur, grave erreur, erreur stupide. Pourquoi continuerait-elle de rendre si elle était aussi ce voleur de jour qui dérobait pour son intérêt et ne rendait jamais. Non, ce n'était pas son genre, ils devraient le savoir pourtant. Elle était sûre qu'Alexandre la défendait. Une nouvelle fois en moins d'une heure, elle secoua la tête pour chasser ses pensées idiotes. Elle prit délicatement quelques bagues et les sortit de leur présentoir. Mais alors qu'elle faisait un pas sur le côté pour se dégager, l'alarme retentit et les portes commencèrent à se fermer. Il était minuit moins le quart.
    Ses yeux s’écarquillèrent, c'était quoi ce nouveau système de sécurité ? Il n'y était pas avant... Mince alors si elle restait ainsi elle allait se faire coincer. Elle se précipita alors vers la porte et se glissa en dessous avec l'élan qu'elle avait prit, passant de l'autre côté juste à temps. Elle se dirigea ensuite vers la sortie. Son quart d'heure d'avance ne passerait certainement pas inaperçu. Déjà elle entendait les pas des gardes se diriger vers elle. Promptement, la voleuse attacha les bagues qu'elle avait mit dans un petit sac à la ceinture de sa combinaison et décrocha son filin auquel elle venait d'attacher une ventouse. Les gardes de nuit jaillirent en face d'elle. Au même moment elle lança la ventouse sur le plafond et s'accrocha à son filin, prenant de l'élan et passant juste au dessus de la tête des gardes. Elle tira délicatement sur celui-ci de façon à le décrocher, laissant la ventouse sur le plafond, ça n'avait pas d'importance. Elle ré-enroula l'objet pendant sa course. Elle allait à toute allure, espérant distancer ses poursuivants. Heureusement, son petit numéro de voltige avait joué en sa faveur et le temps que les gardiens comprennent ce que la jeune fille avait fait, elle avait déjà tourner à l'angle du couloir. Néanmoins il ne perdirent pas de temps et s'élancèrent à sa suite. A peine fut elle sortit de la galerie qu'elle s'étala par terre. Elle n'avait pas fait assez attention et pendant qu'elle dérobait les bijoux, les gardes avaient tendu un fil à l'entrée du centre commercial. Elle serra les dents. Qu'est-ce qu'elle avait été idiote, elle savait qu'il ne fallait jamais relâcher son attention ! Surtout qu'ils devenaient de plus en plus méchants et fourbes. Ils le lui paieraient un jour. Quoiqu'il en soit, la petite voleuse se releva, laissant glisser son masque par inadvertance. Sa cheville la faisait souffrir, elle s'était mal réceptionnée et avait laisser trop de poids dessus pendant qu'elle courrait comme une folle. De l'autre côté les gardes arrivaient déjà. « Merde je suis mal là ! Je fais quoi ? Il faut que je me grouille ! » La jeune fille fille laissa alors tomber les bagues et ne manqua pas de s'arracher une fine mèche de cheveux afin de les recouvrir. Elle tourna ensuite son visage vers ses poursuivants. Dans la panique son masque était resté au sol. Cette fois il n'y avait pas que l’aîné des Holan qui lui courrait après de plus près, tous étaient là. Si seulement elle avait le pouvoir de la téléportation... Et comme on dit, si tôt dis, si tôt fait ! Elle se sentit soulever du sol et emporter plus loin. Évidemment, c'était loin d'être du surnaturel. Son moyen de transport n'était autre qu'un homme, plus grand qu'elle en taille et dont elle ne voyait que les yeux. Ils étaient rouges. Elle ouvrit alors la bouche mais aucun son ne sortit. Ces yeux étaient les mêmes qu'elle avait entraperçu une semaine plus tôt et à cause desquels sa cheville était dans cet état. Mais qui était-ce à la fin ? Mais elle n'était pas en état de se débattre ou de discuter. Étonnamment les hommes étaient déjà bien loin, les regardant fuir, bouche bée, éberlués. Et Alizée les comprenait, elle-même ne savait pas ce qui lui arrivait. Son ravisseur tourna à l'angle d'une rue, continuant toujours sa course à la même allure, passant les rues et les avenues jusqu'à arriver à une triste maison délabrée que la jeune fille connaissait très bien. La maison que tout les enfants surnommaient La Maison Hantée.
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MessageSujet: Re: La voleuse Ven 15 Mar - 17:42

Chapitre 17 : Quand les mots résonnent dans ton esprit


    Cette maison, Alizée la connaissait plutôt bien, enfin elle n'était jamais vraiment entrée à l'intérieur de celle-ci mais avait beaucoup joué dans le jardin avec ses amis étant petite. Enfant déjà, elle devait avoir environ huit ans, elle était téméraire, alors que la plupart de ses camarades regardaient la maison de loin, elle s’engouffrait déjà dans le jardin par le trou qu'on pouvait trouver dans le grillage. Le jardin était grand et plein d'herbes bien que la majorité de celles-ci étaient mauvaises mais quand on était gamin on s'en fichait, surtout Alizée. Déjà à cet âge elle avait ce petit côté bagarreur et intrépide, elle voulait prouver au autres ce qu'elle pouvait et savait faire. Quant à la maison, elle était inhabitée. En une semaine, à partir du moment où Alizée s'y était introduite, la demeure devint l'air de jeu préférée des enfants. Généralement ils jouaient ensemble, dans la joie et la bonne humeur. Il y avait des disputes, évidemment, il y en a toujours quand on est jeune et même quand on l'est moins mais elles n'étaient pas proéminentes. Et bien sûr, au fil des jours, les enfants décidèrent d'entrer dans la maison. Mais jamais ils ne dépassèrent les trois marches qu'il fallait grimper pour arriver à la porte d'entrée. Les gosses avaient essayé d'ouvrir la porte à bien des reprises et même à plusieurs. Les plus grands s'y étaient escrimés plusieurs heures et elle s'ouvrit pour finalement se refermer dans leur figure. Les vieux volets s'étaient mis à claquer tout ce qu'ils pouvaient et les enfants frissonnaient de terreur. Il fallait se rendre à l'évidence, la maison n'était pas abandonnée mais un fantôme l'occupait et il ne voulait pas laisser les enfants entrer.
    En repensant à tout cela, la jeune fille secoua la tête. Il était plutôt évident que jamais aucun fantôme n'avait élu domicile ici, les fantômes ça n'existait pas. Elle y avait crut quand elle était encore petit et naïve mais elle avait grandi. L'homme poussa la porte d'entrée et pour la première fois de sa vie elle put apercevoir le hall et le salon. Tout était dépourvu de meubles, on ne voyait que le vieux plancher de bois qui craquait sous les pas de l'inconnu et les murs anciens repeints de poussière. Le ravisseur mit son pied sur la première marche du grand escalier et se cramponna fermement à la rambarde. Celle-ci bougeait et dans ses bras la jeune fille se mit à trembler. Si jamais elle lâchait ils allaient tout deux se retrouver par terre et ils pouvaient très mal tomber. Dans certaines marches on pouvait apercevoir des trous. Un nouveau frisson de terreur parcouru Alizée. L'homme montait doucement et précautionneusement. Elle décida de fermer les yeux, espérant ainsi que cette monté, qui lui paraissait infinie, passe plus vite mais on ne pouvait pas dire que c'était très concluant. Enfin il se retrouvèrent sur le palier, en sécurité, du moins théoriquement. Les pieds de la jeune fille touchèrent le sol, l'inconnu venait de la poser par terre afin de tirer une trappe du plafond. Pourtant elle n'avait pas l'intention de fuir. Elle ne s'en sentait pas capable. Elle ne voulait pas franchir de nouveau cet escalier inquiétant. De plus le ravisseur la rattraperait sûrement en un rien de temps. Ceci aurait donc été un effort inutile. Mais surtout, l'homme était on ne peut plus mystérieux, Alizée voulait absolument savoir ce qu'il attendait d'elle. Une fois la trappe tirée et l'échelle positionnée, il lui prit la main en toute délicatesse et la fit grimper l'échelle à sa suite. Il la dirigea ensuite sur une couverture, l'invitant à s'asseoir avant de se diriger lui-même dans le coin le plus sombre et le plus reculé de la pièce sans quoi, si Alizée ne savait pas qu'il était là, elle n'aurait même pas remarqué sa présence. Néanmoins elle fixa son attention sur lui, ses yeux s'habituant peu à peu à l'obscurité, elle devina qu'il enlevait son masque mais elle ne pouvait apercevoir son visage. Elle se décida à détailler la pièce du regard. Elle était vraiment nue, on ne pouvait qu'apercevoir quelques couvertures ici et là ainsi que plusieurs oreillers. Un petit trou dans le mur recouvert hâtivement d'une vitre scotchée servait de fenêtre. C'était le seul point par lequel la lumière entrait. Vu la place de la salle dans la maison et sa taille, cela devait être le grenier. Mais quelque chose attira l'attention de la jeune fille. Dans un coin de la pièce était posé un objet mince, plat et plutôt haut. Elle se leva pour s'en approcher et enleva la couverture qui le recouvrait. C'était un tableau, le même objet qui avait été dérobé au centre commercial le matin même. Les yeux de la jeune fille s’écarquillèrent, incrédule. Elle fit rapidement volte face pour ne plus faire dos à l'homme. Elle se trouvait donc dans la planque du...

    -Je n'ai pas encore eu le temps de le revendre. dit-il en interrompant ses pensées.

    Elle se trouvait donc en présence du voleur de jour ! Elle n'y croyait pas, c'était tout simplement formidable. Elle l'admirait, c'était étrange mais aucune importance, il était évident qu'il était bien plus fort qu'elle. Elle fit un pas en avant en se dirigeant vers lui, peut être l'honorerait-il en lui laissant voir son visage...

    -Arrête-toi Alizée.

    Les yeux de la jeunes se firent tout ronds. Comment connaissait-il donc son nom ? Elle ne le lui avait pas dit, en fait elle n'avait tout bonnement rien dit. Il était devin ou quoi? Il l'avait pris en flagrant délit de vol, il était donc évident qu'elle était la voleuse de nuit du vendredi soir mais comment savait-il jusqu'à son identité ? La seule personne au courant était Ethan, Alexandre avait faillit faire partie de la confidence mais finalement il avait pris la décision de lui laisser son masque. Mais Ethan n'avait pas les yeux rouges, cela ne pouvait pas être lui, enfin si... Il pouvait avoir mit des lentilles de couleur. Mince, c'était vraiment lui celui qu'elle admirait depuis plusieurs semaines ? Non ce n'était pas possible... Aurait-il fait ça pour lui montrer que, quoi qu'elle fasse, il était plus fort ? Non... Alizée secoua la tête, ça ne se pouvait pas, il ne pouvait pas lui être supérieur dans tout ! Alors que sa mâchoire et ses poings se serraient, l'homme s'avança de façons à se trouver dans la trajectoire du rayon de Lune provenant de la fenêtre de fortune. La bouche de la jeune fille s'ouvrit mais aucun son ne sortit, c'était tout simplement.... frappant.

    -Tu te demandes comment je connais ton nom pas vrai ? Mais je si je ne le connaissais pas je serais un frère jumeau bien .
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MessageSujet: Re: La voleuse Ven 15 Mar - 18:31

Chapitre 18 : Quand la dure vérité sonne à ton oreille


    Sur le coup Alizée ne sentit plus ses jambes et quelques secondes après ses fesses vinrent heurter lourdement le sol.

    -M-mais... bégaya-t-elle.

    Elle n'arrivait pas à exprimer ses pensées, elle était tout simplement bloquée. Comment pouvait-elle avoir un frère ? Qui plus est, un jumeau ! On ne lui en avait jamais parlé auparavant et son entourage n'avait rien laissé paraître. C'était impossible ! Le jeune homme s'agenouilla alors en face d'elle et prit une mèche de ses cheveux entre ses doigts, la regardant, l'admirant presque. Les deux jeunes gens se ressemblaient, même quand on était pas physionomiste on ne pouvait pas le manquer. Le fait qu'ils soient jumeaux était juste flagrant. Ils avaient tout deux ces yeux marrons aux reflets rouge bien que ce détail était plus voyant chez le garçon que chez sa sœur. Les cheveux se trouvaient être de la même couleur, de ce châtain foncé que quelques fois on confondait avec le brun. Tout deux avaient aussi en commun cette peau matte et ce visage aux traits fins ainsi que la forme en amende de leurs yeux. Deux copies conformes, l'un en modèle fille, l'autre en modèle garçon. Un doux sourire vint éclairé le visage du beau jeune homme.

    -Il faut que tu me croies, je ne te raconte pas des histoires. Je sais bien que tu ne t'y attendais pas mais si tu savais le nombre de fois où j'ai eu envie de venir à ta rencontre quand je te voyais joué dans ce jardin, quand je te voyais passé dans cette rue, quand je te voyais courir dans le centre commercial...

    La voleuse s'approcha un peu plus du garçon, le regardant avec ces yeux toujours aussi choqués. Elle s'assit tout près et il la prit tendrement dans ses bras. La jeune fille baissa les yeux, se demandant ce qu'elle pouvait bien lui dire. Les premiers mots qu'elle pourrait lui adresser... Finalement lui la connaissait depuis longtemps alors qu'elle ne savait même pas jusqu'à son existence. Elle se trouvait nulle mais... Ce n'était pas sa faute si on ne lui avait jamais parlé de son frère, de plus c'était très étrange. Il disait l'avoir vu courir dans le jardin de la maison délabrée, mais lui où était-il ? Elle l'aurait sûrement remarqué, même s'il les observait de loin... Elle leva d'un coup la tête, le fixant dans les yeux.

    -C'était toi le fantôme de la maison ?

    Le garçon laissa échappé un petit rire et lui tapota légèrement la tête. Ces gestes, il avait toujours rêvé de les exécuter. Toute sa courte en vie, en observant sa sœur, sa moitié, il avait voulu la prendre dans ses bras, lui montrer son affection à son égard, la défendre contre les autres, jouer avec elle... Mais tout ça il n'avait pu, on lui avait prit, mais à présent il s'en fichait, il en avait assez qu'on lui dicte sa vie, cette conduite, il était son propre chef.

    -Tu poses une bien étrange première question mais oui, c'était moi et tu vois je le suis encore.

    Alizée sourit, ses yeux brillaient, trop de sentiments se bousculaient en elle. La joie de retrouver ce frère, le choque aussi de cette découverte mais surtout la colère envers ses parents qui lui avaient tout caché.

    -Alors je te connais depuis longtemps finalement... Mais je ne connais pas ton prénom !

    Il sourit, c'était vrai que même si elle ne l'avait jamais vue, elle savait qu'il existait mais maintenant c'était plus fort que tout, il pouvait la toucher, lui parler et plus seulement l'observer en individus infréquentable. Pendant ces seize années, sa vie avait été bien reculée de la société.

    -Le nom que notre père m'a donné est Maxence mais dans les affaires on m'appelle Max l'Inconnu.

    -Les affaires ?... questionna Alizée.

    En effet, elle ne savait pas exactement ce qu'il entendait par là. Il avait parlé de revendre... Faisait-il du marché noir ou ce genre de chose ? Elle se pinça les lèvres. Était-il devenu quelqu'un de pas fréquentable en grandissant loin de sa famille ? Et d'ailleurs, pourquoi n'avaient-ils pas été élevés ensembles ? Pourquoi vivait-il dans la rue ? Non décidément elle ignorait vraiment trop de choses, c'était injuste. Avait-elle été adoptée et pas lui ? Non ce n'était pas possible, elle ressemblait trop à sa mère, d'un point de vue physique, pour avoir été adoptée !
    Maxence lui avait juste répondu par un petit sourire triste. Il ne pouvait pas dire à sa sœur dans quel milieu il avait l'habitude de vivre, comment il survivait. D'ailleurs on voyait bien qu'il ne subsistait qu'avec le stricte minimum. Mais elle vivait dans le luxe, avec l'argent de leurs parents. De la jalousie ? Non il n'y en avait pas une once en lui. Il ne l'enviait pas, elle devait vivre avec deux monstres mais peut être ne le savait-elle pas... Ou pas encore en tout cas.

    -Dis moi Max, pourquoi est-ce que tu n'es pas avec nous ? Avec moi...

    Le jeune homme soupira et prit doucement la tête de sa jumelle pour la mettre contre lui. Dans cette position Alizée pouvait entendre les battements de son cœur qui avaient l'air de s'accélérer. Le garçon essayait de prendre la parole pour lui répondre, se demandant par où commencer, par le commencement peut être mais c'était si complexe...

    -Et bien... Sache que nos parents ne sont pas des êtres très... recommandables. commença Maxence.

    -Recommandables ? hésita-t-elle.

    Que voulait-il dire ? Sa mère était effectivement une génitrice horrible qui aimait la torturer et lui faire des remarques désobligeante à longueur de journée mais d'un point de vue extérieur elle était certainement une femme tout à fait fréquentable quant à son père il était doux et attentionné avec elle, que pouvait-on lui reprocher ?

    -Oui, je ne sais pas quel rôle ils jouent avec toi Alizée mais vraiment ils sont.... horribles.

    Le visage de la jeune fille qui était revenu à la normale reprit cette expression choquée. Horribles ? N'y allait-il pas un peu fort ? Néanmoins elle décida de ne pas l’interrompre, il avait l'air d'en savoir plus qu'elle. Elle préféra donc se reprendre.

    -Bref, continua-t-il, notre mère tomba enceinte de nous deux, des jumeaux. Seulement voilà, nos parents étaient obsédés par une chose : la perfection. Alors que nous étions encore des fœtus, ils décidèrent de procéder à une expérience génétique. En faisant cela ils réussirent à faire augmenter au maximum nos capacités physiques et intellectuelles et à effacer les possibles défauts qui pouvaient nous atteindre. La seule chose qu'ils ne pouvaient pas programmer d'avance était notre caractère et s'il y a bien une chose que les obsède plus que la perfection c'est de contrôler le plus de choses possibles, nos vie en sont bien la preuve.

    Il fit une petite pause, observant la réaction de sa sœur jumelle. Celle-ci avait l'air toute perdue. D'un certain côté il la comprenait, qui pourrait se douter que ses parents étaient des êtres si perfides ? Et encore, elle n'avait pas entendu le pire.

    -Comme je le disais, ils voulaient tout contrôler, c'est pour cela qu'un enfant était un choix plus judicieux que deux, étant donné qu'ils ne voulaient pas prendre de nourrice pour avoir moins de travaille -cela aurait enlevé de leur influence- et surtout ils ne voulaient pas que leur enfant conteste leurs décisions, se réfugiant contre son jumeau et qu'ensemble ils se révoltent. Leur décision fut d'en abandonner un. La fille ou le garçon ? Le choix fut vite fait. On disait les femmes plus sages, plus soumises et plus imitatives. Les hommes avaient généralement plus fort caractère. Enfin ça c'est plus des stéréotypes qu'autre chose mais bref c'est là-dessus qu'ils s'étaient basés. Et leur enfant parfait qu'est-ce qu'ils en firent ? L'adoption ? C'était trop compliqué et puis ils voulaient que je disparaisse un point c'est tout. Aussitôt après ma naissance on m'abandonna dans la rue dans une couverture. Mais contrairement à d'autre, on ne pouvait trouver aucune lettre d'excuses sur moi. On voulait que je meurs et que je disparaisse. Malheureusement pour eux une enfant me trouva et m'emmena à l’orphelinat.

    Cette fois on pouvait voir des larmes couler le long des joues de la jeune fille, le mélange d'émotions avait bien vite explosé. La joie d'avoir retrouvé son frère était bien minime par rapport à la colère et la haine qu'elle ressentait à présent envers ses parents. Les sanglots la secouait, jamais elle n'avait pensé qu'on pouvait être si sournois et si indifférent envers ses propres enfants.

    -C'est pas possible... C'est affreux ! Comment ont-il pu faire une chose si horrible ? demanda-t-elle en tremblant.

    La main de Maxence passa sur la joue de la jeune fille, essuyant ses larmes avec délicatesse. Il savait bien que ce serait difficile à avaler pour sa tendre sœur qui était si différente mentalement de leurs deux parents. Lui aussi l'était d'ailleurs mais c'était normal, il n'avait jamais subi leur influence. La pauvre devait tomber de bien haut, et encore, il avait de la chance, elle le croyait, elle lui faisait déjà confiance, lui qu'elle ne connaissait pourtant pas. Il la serra un peu plus contre son cœur, il aurait aimé faire plus, il aurait aimé arrêter ses larmes.

    -Je ne sais pas Ali' mais en tout cas ils ne méritent pas tes larmes, sèche les... soupira-t-il.

    Rien que le surnom que venait de lui donner son frère la fit sourire. Il n'y avait qu'Agathe qui l'appelait comme cela et elle ne risquait plus de l'entendre prononcer ce nom avant un moment, vu la situation... Elle ferma un instant les yeux afin de se reprendre et secoua la tête. Elle releva de nouveau la face vers son jumeau, ne pleurant plus mais conservant cet air triste.

    -Continues, l'incita Alizée, comment t'es-tu retrouvé ici ?

    Le jeune homme prit une grande inspiration et reprit son récit.

    -Les cours à l'orphelinat : je les trouvait ennuyeux, je comprenais tout sans problème alors ça m'agaçait, je ne trouvais pas cela intéressant. Mais j'aimais bien les personnes qui s'occupaient de moi et aussi mes petits camarades. Le plus souvent j'étais dans mon coin, je me demandais pourquoi j'étais là, pourquoi contrairement au autres enfants je n'avais pas de nom, pourquoi mes parents m'avaient laissé dans la rue sans mot. J'avais sept ans quand notre père vint à l'orphelinat. Je lui ressemblais déjà et des rumeurs courraient sur nos parents. Il me parla alors, en cachette, pour ne pas faire courir d'autres bruits, il me dit de disparaître, qu'on entende plus jamais parler de moi, qu'on ne voit plus jamais mon visage et que si je ne le faisais pas il me défigurerait ou me tuerait. J'étais déjà doté d'une bonne capacité cognitive à l'époque et je lui posai alors deux conditions: la première qu'il me donne un prénom, la seconde qu'il me raconte mon histoire. C'est comme ça que j'ai tout appris et que j'ai développé cette haine contre mes parents et évidement que j'ai su que j'avais une sœur, toi. Alors peu après je me suis enfui de l'orphelinat et j'ai cherché un endroit où me cacher, j'ai trouvé cette maison. Quant vous avez voulu entrer j'ai paniqué, notre père avait dit que je ne devais pas me montrer, s'il me retrouvait je risquais de mourir alors j'ai barricadé la porte et j'ai réfléchi à toute vitesse pour trouver une solution. Et je me suis dit que si je vous faisais croire qu'il y avait un fantôme vous n'entreriez pas et j'avais raison...

    Des souvenirs remontèrent alors à l'esprit d'Alizée et elle l'interrompit, réfléchissant à haute voix.

    -J'ai dit à papa qu'il y avait un fantôme dans la maison en rentrant le soir. Il m'a dit que le lendemain il irait voir, seul, et il l'a fait. En revenant il m'a dit que tout était arrangé, que le fantôme dans la maison était gentil mais qu'il ne voulait pas qu'on rentre chez lui et qu'on fouille dans ses affaires, néanmoins il nous prêtait son jardin. C'est ce qu'il a dit...

    Ce n'est pas que la jeune fille croyait encore à ses histoires mais qu'avait-il été faire finalement ? Avait-il trouvé Maxence ? L'avait-il menacé ou lui avait-il seulement raconté une histoire pour la rassurer ?
    Maxence, lui, se rappelait de la scène en détaille, de ce qu'il s'était passé, ce que son paternel avait dit en le trouvant. Lui n'avait pas eu le temps de réagir quand tout à coup il était entré. Il se souvient aussi qu'il s'était approché de lui en éternel dominateur.

    -Il est venu me voir, il m'a dit que j'avais pris la bonne décision en vous empêchant de rentrer et qu'il veillerait à ce que vous ne me dérangiez pas. Il est reparti après.

    Son père était donc si prévoyant et calculateur ? Alizée ne l'aurait jamais cru... Tant de découvertes en si peu de temps... C'était dur à affronter. Mais pendant ce temps elle réfléchissait à tout ce que son jumeau avait vécu, tout ce qu'il avait vu. Son enfance avait été si différente de la sienne...

    -Mais... Tu n'as plus jamais été à l'école ? Et tu as décidé de voler pour survivre ? demanda-t-elle.

    Un fin sourire apparut sur ses lèvres, la jeune fille allait droit au but, elle savait quels étaient les points délicats de la vie.

    -Tu es sûre que tu veux tout apprendre ce soir ? Il est tard, peut être vaudrait-il mieux dormir Ali'. remarqua raisonnablement Maxence.

    Alizée lui sourit également et se leva.

    -Oui, tu as raison mais je n'ai pas envie de rentrer ce soir... Tout ça me dégoûte...

    Le jeune garçon la prit par les épaules, la dirigeant vers un vieux matelas.

    -Dors ici alors.

    La jeune fille approuva de la tête et se coucha sur le lit rudimentaire, accompagnée de son frère qui se mit dans son dos, tirant une couverture à eux. D'habitude il se changeait pour dormir mais cette fois il dormait avec sa sœur et il préférait ne pas faire d'histoire, d'ailleurs elle non plus n'avait pas de change.

    -Bonne nuit sœurette.

    -Bonne nuit.
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MessageSujet: Re: La voleuse Ven 15 Mar - 18:51

Chapitre 19 : Quand l'heure de se réveiller sonne


    Il était dix heure quand Alizée ouvrit l’œil le lendemain matin. Elle s'était couché tard et était encore un peu fatiguée mais elle préférait passer du temps avec son frère jumeau qu'elle était heureuse d'avoir retrouvé et aussi écouter la fin de son récit. Elle se retourna mais son frère n'était déjà plus là. Elle sentit un sentiment de panique l'envahir et se redressa d'un bond sur ses jambes, sortant précipitamment de la pièce et descendant l'échelle ; se faisant, elle tomba nez à nez avec Maxence et un soupir sortit de sa fine bouche.

    -Tu m'as fais peur !

    Lui se contenta de rire, lui mettant une légère tape amicale sur la tête.

    -Comme tu dormais, je suis aller chercher le déjeuner !

    La jeune fille aux cheveux châtains baissa les yeux et vit deux croissants. Elle sourit avant de lever vers lui des yeux interrogateurs.
    -Tu les as volé ?

    Le garçon soupira mais ne fit pas d'autres remarques.

    -Non, pour toi je les ai payé, avec le tableau d'hier j'avais largement assez, il m'en reste encore.

    A ses mots elle fit volte face et remarqua qu'effectivement le tableau manquait à l'appel.

    -Mais quand as-tu... ?

    Le garçon entra dans la pièce et s'assit en tailleur sur le matelas avant de lui tendre un croissant.

    -Cette nuit, ce genre de choses c'est toujours mieux la nuit, j'ai fait attention à ne pas te réveiller mais tu dormais comme un petit loir, je t'envie.

    Alizée fut très étonnée par la fin de sa phrase. Il l'enviait de dormir ? Mais pourquoi ? N'avaient-ils pas les mêmes aptitudes tout les deux ? Ne pouvait-il pas dormir tout comme elle ? Néanmoins la jeune fille s'assit et prit le croissant qu'il lui tendait.
    Mais voyant qu'elle ne comprenait pas, Maxence enchaîna par une explication.

    -Quand on vit comme moi on apprend bien vite à ne dormir que d'un œil. Ceux à qui tu vends des choses peuvent réussir à trouver l'endroit où tu loges et décider de reprendre ton argent ou alors tes parents biologiques peuvent décider de te tuer...

    Le visage de la jumelle passa alors d'une expression de surprise à celle de l'inquiétude. Ses sourcils se froncèrent et son cœur se serra. Son frère était donc constamment en danger... Ça ne pouvait pas continuer ainsi ! Il fallait à tout prix qu'elle le sauve, qu'elle l'aide... Mais il l'interrompit dans ses pensées, une fois de plus.

    -Ne t'inquiète pas, je suis quelqu'un de très prudent, il n'y a que notre père qui sait où je suis enfin il savait où j'étais quand j'avais neuf ans, ce n'est pas dit qu'il vienne me chercher ici en tout premier lieux. Aller, rassure-toi, je ne risque rien.

    Il s'approcha alors de sa sœur et lui caressa les cheveux. Il ne voulait pas l'inquiéter, il n'aurait pas dû lui dire tout cela mais elle avait l'air de tenir à connaître sa vie dans les moindres détails, comment lui cacher ?

    -Et si tu finissais ton histoire ? proposa-t-elle.

    Une fois de plus Maxence sourit et mordit goulûment dans son petit déjeuner. Il était dur de croire que ce garçon ne souriait que rarement et vivait en éternel associable dans le grenier d'une maison totalement délabrée, ne s'intéressant guère aux relations humaine, et pourtant c'était vrai.

    -Puisque mademoiselle le veut, je m'exécute.

    Les deux adolescents finirent donc de manger leurs croissants et le jeune homme commença.

    -Donc, en effet je n'allais plus à l'école et je n'avais pas non plus de revenu. Je me décidai donc à voler. Quelques trucs par ci, quelques trucs par là, je me contente de prendre ce dont j'ai besoin pour survivre, aujourd'hui et depuis toujours. Quant aux cours, je regardais par la fenêtre des écoles et surtout par celle de ta classe, j'essayais d'apprendre, de faire comme toi. Je pouvais te voir mais pas te parler, même pas te dire que j'existais, c'était frustrant mais j'assumais. J'étais doué pour le vol et espionner demande les mêmes aptitudes. Je n'avais donc pas de sérieux problèmes. Mais quand tu es entrée au lycée j'ai arrêté, c'était devenu plus dur et plus dangereux et puis il y avait ce garçon qui regardait toujours dans ta direction, c'était difficile de l'éviter. Et puis de toutes façons je n'ai pas besoin d'éducation pour vivre dans ce milieu. Savoir lire, savoir compter, savoir parler convenablement et encore, ça me suffit.

    Les yeux d'Alizée se firent une fois de plus tristes au récit de son frère jumeau. Il avait arrêter l'école, elle trouvait pourtant qu'il en avait besoin, il devait retourner en cours... Enfin il n'avait pas été en cours depuis ses sept ans finalement mais il devait bien y avoir un moyen pour lui faire intégrer son lycée... Elle devait le trouver ! Le garçon dont parlait son frère était certainement Ethan, elle lâcha un soupir, ce qu'il pouvait être fatiguant.

    -Mais si on dénonce nos parents à la police, alors ils iront en prison, non ? Et puis on pourra vivre tout les deux avec leur argent, tu ne seras plus obligé de voler, enfin je ne sais pas comment ça marche mais...

    Le regard de Maxence se fit dur et il mit fermement sa main sur l'épaule de la jeune fille.

    -Je t'interdis de faire ça, je vis ainsi depuis seize ans je peux très bien continuer mais si tu fais ça on ira tout deux en maison d'accueil et donc on sera certainement séparés et je ne le supporterais pas ! En plus ils ont le bras long ! Ne leur dit rien, ne leur dit même pas que tu es au courant pour moi, ils pourraient te faire du mal ! Tu as vu à quel point ils pouvaient être horribles, Ali', je ne veux pas qu'il t'arrive quoique se soit.

    Il prit alors sa sœur jumelle dans ses bras en la serrant contre lui. Il ne voulait pas la perdre alors qu'il venait tout juste de la retrouver.
    La jeune fille soupira et se blottit contre lui, retenant des larmes. Un jour il verrait, un jour elle le vengerait, elle n'avait pas l'intention que ses parents gagnent. Maxence avait survécu, c'était déjà une grande insulte lancer envers eux.

    -Viens au lycée avec moi s'il te plaît... Comme cela on ne sera pas séparés...

    Maxence soupira, sa sœur était tellement naïve... C'était une choses impossible qu'elle proposait.

    -Tu veux que notre père me tue ?

    -Je l'en empêcherait ! cria-t-elle.

    -Tu crois que tu en es capable ? soupira-t-il.

    Les larmes ne purent pu être retenue et elle fondit en sanglots dans les bras de son frère.

    -Je veux que tu restes auprès de moi, je veux que tu continues tes études, je veux que tu ne sois plus obligé de voler pour survivre...

    Une nouvelle fois le jeune homme s'escrima à sécher ses grosses larmes, essayant de la bercer pour la calmer.

    -Comme si je pouvais résister à ça... Mais ce n'est pas en allant à l'école que je pourrais arrêter de voler.

    Alizée espaça légèrement ses sanglots, calmant ses larmes pour pouvoir articuler quelques mots.

    -Mais j'aurais au moins gagner une bataille... murmura-t-elle.

    La jeune homme sourit et embrassa la haut de la tête de sa sœur, continuant de la consoler.

    -Mais une inscription c'est plus dur que ça en a l'air, il faut que le proviseur ait un rendez-vous avec mes parents et tout... Et puis notre ressemblance est tellement frappante on ne pourra pas mentir là-dessus.

    Un sourire fit alors son apparition du côté du visage de la belle jeune fille aux yeux marron et rouge.

    -Un petit mensonge et tout sera réglé !

    Le jeune homme fut amusé par l'entrain de sa sœur. Elle avait l'air d'avoir une idée derrière la tête. Mais il pensa à leurs parents et son sourire disparu bien vite pour laisser place à de l'inquiétude.

    -Tes parents doivent sûrement se demander où tu es... Tu devrais rentrer chez toi.

    Alizée haussa simplement les épaules. Ses parents elle s'en fichait comme de ses premières chaussettes à présent, son père y comprit. Il ne fallait pas abuser de sa naïveté et surtout il ne fallait pas lui mentir et la séparer de son frère. Ils devaient payer le prix de leurs méfaits et ce Alizée y veillerait et Dieu sait qu'elle était particulièrement rancunière.

    -J'inventerais une excuse en rentrant, maman me disputera, comme d'habitude et ça sera fini, en attendant parlons du plan !

    Quand la jeune fille parlait de plan, elle faisait évidemment allusion au moyen qu'ils utiliseraient pour que Maxence accompagne sa sœur au lycée. D'ailleurs celui-ci approuva d'un signe de tête et ils commencèrent leur discussion.
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MessageSujet: Re: La voleuse Sam 16 Mar - 10:56

Chapitre 20 : Quand faire paniquer ses parents devient satisfaisant


    Un peu plus loin dans la ville, dans la maison des Delauzerne, on criait et s'agitait. Les propriétaires de la demeure étaient évidemment entrain de chercher leur fille. Au matin, alors que d’ordinaire, à cette heure, elle était réveillée, aujourd'hui elle n'était pas encore parue, Mme. Delauzerne avait donc été la secouer mais en arrivant elle n'avait vu personne, juste sa fenêtre ouverte. Paniquée elle avait alors alerté son mari, ils avaient fini par se mettre tout deux à la recherche de leur fille, les domestiques avec. Peut être avait-elle envie de leur faire peur, rien de plus, elle voulait attirer l'attention. Mais non décidément elle était introuvable. Mais qu'avait-elle bien pu faire ? Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ?
    M. Delauzerne finit par se laisser tomber sur une chaise, mettant sa tête entre ses mains. La perfection était si proche... Ses notes de sport n'étaient pas terribles, peut être que physiquement l'essaie génétique avait échoué ou alors ne se rendait-elle pas compte de ce qu'elle pouvait faire. Mais elle avait d'excellentes notes dans les autres matières, les mathématiques, le français, bref il n'avait rien à redire là-dessus. Au niveau caractérielle elle n'étais pas si catastrophique que ça. Elle était sage, ne faisait jamais de bêtises, ne cassait rien, ne faisait pas de crises pour des caprices, ni de crise d'adolescence, elle n'était pas maladroite. Elle ne se laissait pas marcher sur les pieds facilement, elle argumentait comme personne mais à son plus grand malheur ne manipulait pas. Oui tout les parents, d'ordinaire, préférait que leurs enfants soient honnêtes mais eux n'étaient pas des parents normaux. Si seulement ils pouvaient lui inculquer ouvertement la fourberie, la manipulation, la perfection.... Cet idéal que tout deux avaient. Mais si jamais ils le faisaient elle se rebellerait certainement. Ils devaient attendre, son heure n'était pas encore arrivé. Mais bon Dieu que faisait-elle ?
    L'homme leva alors la tête. Et si... Non, il n'avait certainement pas eu l'audace de l'enlever ! Ce n'était pas possible ! Jamais il n'oserait et puis... Il n'avait pas entendu parler de lui depuis bien longtemps, non ce n'était pas possible, ce n'était pas cela. Leur fils avait sûrement quitté la ville il y a déjà des années, personne n'était assez suicidaire pour y rester surtout quand une menace de mort planait au-dessus de sa tête. Mais sa femme vint interrompre ses pensées.

    -Décidément elle est introuvable ! Elle n'avait jamais fait ça avant ! Où donc peut-elle être ? Nous ne l'avons pas élevé comme ça !

    Elle soupira et s'assit à son côté.

    -Je ne sais pas Éléonore, je ne sais pas ce qu'elle a derrière la tête. Peut être a-t-elle trouvé un petit copain et veut-elle nous le cacher. Tu sais bien qu'elle déteste toutes les remarques que tu peux lui faire.

    La femme regarda son mari avec un air totalement perdue qui ne lui ressemblait pas, elle avait toujours cru savoir comment contrôler sa fille mais à l'évidence aujourd'hui elle lui avait prouvé que non.

    -Oh Henri il faut la retrouver, je ne sais pas ce qu'elle a en tête mais ce n'est pas possible, il faut prévenir la police !

    -Attendons encore un peu, soupira-t-il, peut être reviendra-t-elle pour manger.

    La maîtresse de maison se mit à réfléchir, sa pauvre petite fille devait bien avoir une raison. Mais laquelle ? C'était là, la véritable question.

    A midi moins le quart, Éléonore Delauzerne mit sa main sur le téléphone fixe afin de composer le numéro de la police mais au même moment Alizée fit un apparition, un fin sourire sur le visage, un sourire hautain qui ne lui ressemblait pas. Ils allaient le payer, elle se l'était juré.

    -Alizée ! Enfin te voilà ! cria la maîtresse de maison.

    -Ne me faite pas croire que je vous ai manqué. répondit sèchement l'intéressée.

    -Ma petite fille qu'est-ce qu'il y a ? Tu as été contrariée ? Pourquoi es-tu parti sans rien nous dire ? Nous nous sommes inquiétés ! répliqua le père.

    -Inquiétés ? Que c'est bête mais il ne fallait pas... Quoique... fit narquoisement la jeune fille.

    -Alizée ! Qu'avais-tu derrière la tête ? Enfin ma fille, à quoi joues-tu ? questionna la mère.

    Cette fois les jeune fille aux cheveux longs éclata de rire, s'asseyant sur une chaise autour de la table. Qu'allait-elle bien pouvoir faire pour se venger ? Il fallait qu'ils comprennent qu'elle savait, qu'elle savait tout, qu'ils n'allaient pas s'en sortir ainsi mais elle n'avait pas l'intention de le dire explicitement, l'implicite était tellement plus drôle et elle savait bien de quoi elle parlait, le français ça la connaissait. Elle aimerait les faire chanter bien que, d'après son jumeau, c'était quelques peu risqué... Elle verrait bien où cela l'amènerait.

    -Je pense qu'il est préférable que vous ne sachiez pas où j'ai passé ma nuit et ma matinée, les secrets se gardent bien mal dans cette famille car, un jour ou l'autre, tout finit par éclater au grand jour... Mais sur ce, j'ai faim ! Que mange-t-on ?

    Quelle audace la jeune fille avait exprimée là, cette audace ses parents ne lui connaissait pas. Qu'elle l'acquiert n'était pas forcément une mauvaise chose, au contraire mais elle s'en servait contre eux donc à bien mauvais escient. Des secrets ? De quoi parlait-elle donc ? Qu'avait-elle pu découvrir ? Qu'est-ce que cette petite tête châtain mijotait donc ? Mais cette réplique suffit à clore la conversation, les parents étaient bien trop perplexes pour lui répondre.
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La voleuse

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